•%3 M i ' . V ^ '^, ^4>*# y 2 Y4 .a/?3 ANALES DEL MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES Serie III. Tomo III. ((Jiiii r,:¡l fi(/iiron en el texto) BUENOS AIRES Imprenta de Juan A. Alsina, cau.e México, 1122. 1904 DIEEOTOR DEL MUSEO NACIONAL DOCTOR FLORENTINO AMEGHINO SECRETARIO Y BIBLIOTECARIO AGUSTÍN J. PÉNDOLA ANALES liKl, MUSEO NACIONAL IIK BUENOS AIRES DIRECTOR DEL MUSEO NACIONAL DOCTOR FLORENTINO AMEGHINO SECRETARIO Y BIBLIOTECARIO AGUSTÍN J. PÉNDOLA ANALES DKL MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES ....:. VORK BOTANICAL (1 A ROEN Serie III. Tomo III. f C'ov fi.'ií fÍ(fnro>f cu (I fextft) BUENOS AIRKS Imprenta de Jlax A. Ai,sina, caixe JIkxico, 1422. 1904 ' y I ,Ñ33 RECIIERCIIES MOHPIlOLOdlE PllYLOGÉNlíTIÜüE SUR LES MOLAIRES SUPÉRIEÜRES DES ONGÜLÉS l'Alt FLORENTINO AMEGHINO. Remarques préliminaires au sujet des figures et des signes qui les accompagnent. Les nombreuses figures de ce mémoire porteiit un certaiu nom- bre de lettres et designes destines á distinguer les différentes par- ties qui constituent les molaires supérieures des ongulés. L'expli- cation de ees lettres et signes, dans chaqué figure, aurait occupé un espace troyj considerable; pour éviter cette répétition et restrein- dre l'étendue du texte, je donne ioi la liste de ees signes et leur sig- nification; en outre, pour cousulter l'ouvrage plus commodúment, les mémes signes sont réunis sur une feuille mobile que Ton peut avoir sous les yeux á cote de chaqué figure. Dans le texte, les signes qui peuvent étre confondus avec les signes ortographiques seront places entre jjarenthése. Je profite aussi de l'occasion pour remercier le distingué natu- raliste du «Musée National», M. Jean Brethes, qui a bien voiilu se charger de dessiner d'aprés nature la presque totalité des figures, et c'est gráce á sa collaboration que ce travail peut se présenter sous une forme qui le rend tres compréhensible. Anal. Mus. Xac. Bs. As.. Skiiik 3", r. iii. Enkiio 7, 1904. MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. Table des signes employés pour l'explication des figures. ae Dentkvile antérieur externe. pe > postérieur externe. ma » median antórieur. mp > median postérieur. ai ' antérieur interne. pi • postérieur interne, e > suppléraentaire median antérieur. iT ^ supplémentaire median postérieur. i > interlobulaire interne. sa Arete et tubercule surangulaire an- térieur. aa • angulaire antérieure. ia ' intermédiaire antérieure. m ■> et tubercule median extei'ue. ij) ' intermédiaire postérieure. fip ' angulaire postérieure. sp • et tubercule surangulaire pos- térieur. o Fosse céntrale. antérieure. postérieure. o) • angulaire antérieure. o' • périphérique antérieure. o, » périphériiiue postérieure. péripliérlque interne. ( Vallée en croissant antérieure. ) Vallée en croissant ijostérieure. V Vallée transversale médiane interne V Entrée de la vallée. ij' Branche antérieure. i!. Branche postérieure. .V Avaiit-vallée transversale médiane interne. " Fausse vallée transversale médiane interne. v) Vallée longituilinale médiane. s? Sillón angulaire antérieur externe. sip Sillón angulaire postérieur externe. 11 Sillón interlobulaire interne. . Bourrelet basal externe. , > » antérieur. ,. • » postérieur. G * » interne. €)• Créte longitudinale externe. ca • transversale antérieure. cp ' transversale postérieui'e. el ' longitudinale interne. X • corónale antérieure xj » corónale postérieure. (x ' corónale angulaire. v-' Baie antérieure. ^^ Baie postérieure. AMEGHIKO: MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQVE. 3 I. Chielques questions fjónéralos concernaiil la (Iciililion des niainiuiferos. Remarques préliminaires. Le présent mémoire n'est pas rédigé sur un plan préalablement concu. II contieut un certain nombre de reclierclies sur la morijho- logie des molaires supérieures des oiigulés exposées daiis l'ordre méme que je les ai entreprises. Avec. ees recherches, j'ai voulu sonmettre a un examen minu- tieux la théorie de la trituberculie et de la complication graduelle, ou pour étre plus exact, de la dérivation des molaires quadrangulai- res de celles triangulaires, pour voir encoré une fois si je pouvais y trouver quelque chose de Trai. A ce point de vue, tousmes effoi'ts ontété inútiles. Comme dans mes travaux précédents sur le méme sujet, j'arrive a un résultat completement opposé, c'est-a-dire que les molaires triangulaires dérivent des quadrangulaires. Presque toutes ees recherches sont comijlétement nouvelles ou conduites d'aj)rés des voies différentes de celles usuelles; en outre, la plupart out été réalisées sur des matériaux toutá í'ait nouveaux, et qui jettent une lumiére inattendue sur tous les probiémes qu¡ ont rapport á l'origineetau développement des mammileres. Au j^oint de vue de la morphologie et de l'évolution des dents des mammiféres, ees recherches ne sont qu'un complt-meiit de mes tra- vaux précédents sur le méme sujefc; ainsi, pour en tirer le jilus de profit possible, on fera bien de prendre aussi connaissance de ees derniers'. Les probiémes qui se rattachent á la morphologie, a 1 cvolution, ü la succession, á la nomenclature etnotation de la denture, devienncnt de plus en -plus nombreux et de jilus en plus comj)Iiiju<'s. Dans oes recherches j'ai limité mes investigations aux molaires supérieures des ongulés et de préférence aux molaires jjersistantes. 1 Au moins des deux suivants: Sur Vécolitllon den itenU ¡hn MamtnlfíreJí, iii: /'"■'. Ac. Xac. de C'ienc. en Córdoba, t. XIV, pp. 381 b. 517, a. 18WÍ. — On ihr f'rímiiiir Tupe of the Ptexodont Molar-i of Maiiimah, iii: Prorctdini/i of llie '/•'• "lll of London, a. 1899, pp. 555 á 571, et Traduction fiunraise, Sur Ir I,,,. ■'" inoluireH phxodorUea des Mamviifére», in: Anal. Mim. .Vr/c. U. vli're», tier. iii,l. i. p. 419 á 439, a. Ifl02. 4 .MUSEO NACIONAL I)E BUENOS AIRES. L'étude de la dentition est nn snjet si vaste que eertainement il ne sera pas épuisé par iiotregénération, ni parla suivante. La solution d'une difficulté, nn avancement quelconqne, la découverte d'un fait nouveau, souléveiit vingt problémes encoré plus nouveaux. Ce serait paradoxal de diré que plus on avance moius on en sait, mais, ce qui est certain, c'est que le champ de l'inconnu paraít s'élargir á mesure que nous avaucous. Avant d'exposer ees recherehes, il est pourtant nécessaire que je ni'occupe, quoique sommairement, de plusieurs de ees questions qui se relationnent avec la denture en general. Pour la compréhension du sujet il est indispensable, peut-étre niéme absolument nécessaire d'avoir une idee de l'état actuel de nos connaissances sur quelques- uns de ees problémes. Series dentaires et nomenclature des diñérentes catégories de molaires. Au poiut de vue de la succession des dents, les mammif eres de nos jours ne présentent que deux grandes divisions: ceux qui ne clian- gent jamáis de denture, leurs dents persistant durant toute la vie, appelésmonopliyodontes; et ceux qui changent ourenouvellent une partie de leurs dents et qu'on ajij^elle diphyodontes. On donne le noni de denture de lait a celle qui ne reste que peu de temps en í'onction (parfois elle n'y rentre méme pas), étant ensuite rem.pla- cée par celle qu'on appelle dentiTre de remplacement. Mais, dans les temjís anciens il y avait des mammiféres qui re- nouvelaient une partie de leurs dents jusqu'á trois fois, et qu'on pourrait par conséquent désigner sous le nom de triphyodontes. Dans la denture, ees animaux présentaient évidemment une tran- sition vers les reptiles. Par conséquent, nous avons: 1.° Les molaires antérieures á celles de lait qui constituent ce que nous appelons Vavant-premiére serie. Dans cette serie, les mo- laires qui précédent celles de lait ou caduques portent le nom cVa- vant- caduquen, et celles qui précédent aux persistantes, seront les avant -pernistaiite.s: Sur les mammiféres de notreépoque, on rencon- tre parfois des vestiges de cette avant -premiére serie, mais seule- ment á l'état embryonnaire sans qu'elle entre jamáis en fonction. Sur (juelíiues mammiféres anciens ( Nesodon, Adiiiofherium, etc.), les dents de l'avant- premiére serie étaient bien développées et res- TABLE MOBILE des signes employés pour rexplication des figures. ae Denticule antérieur externe. •pe • postérieur externe. ma • median antérieui-. mp » median postérieur. ai » antérieur interne. pi • postérieur interne. e » supplémentaire median antérieur. fe > supplémentaire median postérieur. i ' interlobulaire interne. sa Arete et tubercule surangulaire an- térieur. aa » angulaire antérieure. ia • intermédiaire antérieure. m » et tubercule median externe. ip » intermédiaire postérieure. ap • angulaire postérieure. sp » et tubercule surangulaire pos- térieur. o Fosse céntrale. antérieure. o„ » postérieure. o) » angulaire antérieure. périphérique antérieure. périphérique postérieure. périphérique interne. ( Vallée en croissant; antérieure. ) Vallée en croissant postérieure. V Vallée transversale médiane interna V Kntrée de la vallée. v'' Branche antérieure. V, Branche postérieure. s Avant- vallée transversale jnédiane interne. u Fausse vallée transversale médiane interne. v) Vallée longitudinale médiane. si Sillón angulaire antérieur externe. ñp Sillón angulaire postérieur exteme, n Sillón interlobulaire interne. ; Bourrelet basal exteme. , » • antérieur. „ • • postérieur. O > • interne. cr Créte longitudinale externe. ca ' transversale antérieure. cp ' transversale postérieure. el > longitudinale interne. X » corónale antérieure x) • corónale postérieure. (x » corónale angulaire. .-^ Baie antérieure. /-. Baie postérieure. nTTT7nvT/->v.' A1PT?,S. AMEGHIÍÍO: MORPHOLOaiE PHYLOGÉNÉTIQUE. i") taient en fouction assez de temps pour s'user et tomber de la méme maniere que les caduques de la premiére serie. 2.° Les molaires de ]a pre7n¿ére serie, qui parait la plus compli-tf et comprend des incisives, des canilles et des molaires, ees dernié- res au nombre de sept. Dans cette serie, les incisives, les cauines et une partie des molaires antérieures, sont temporaires: eiles ne res- tent en fonction que quelque temps, et leur ensemble porte le nom de denturedelail, on denture caduque. Les molaires temporaires de •cette serie dont je viens de parler ne resteut en fonction (jue quel- que temps, sont les premieres á paraitre, et portent le nom de cn- duques. Celles qui viennent plus en arriére, généralemeiit au nom- bre de trois cu quatre, parfois une seuie, ne se renouvellent pas: elles resteut en fonction pendant toute la vie et ;'i cause de cel'i elles portent le nom de persistantes. 3." Les molaires de la deiixiéme serie qui est la plus récente et qui reste toujours plus incompléte que la premiére; l'ensemble de cette serie, qui substitue la denture temporaire de lait, porte le nom de denture de remplaeemeut et les molaires sont des remplacanteit. Dans les mammiféres récents et ceux des dernieres époques géolo- giques, les remplacantes sont déjá en fonction í^au moins comiiie regle genérale) avant l'entrée en fonction de la derniére ^jersis- tante. Chez les mammiféres plus primitifs des époques plus aii- ciennes les remplacantes ne rentraient en fonction qu'aprés l'appa- rition de la derniére persistante; chez ees auimaux la premiére serie complete fonctionnait pendant un certain temps. La denture en fouction dans les mammiféres récents arrivés á l'áge complétement adulte, porte le nom de denture dt'fiíiificc et se trouve constituée par des dents de deux series, les ninplarantet en avant, appartenant a la deuxiéme, et les persistantes de la pre- miére en arriére. Systéme de notation. La question du systéme á employer pour la notation de la den- tare, a plus d'importance que généralement on ne lui en attribue. Celui actuellement en usage pour représenter les formules dental- res des mammiféres n'est plus d'accord avec les nouvelles décoii- vertes sur 1 evolution de la denture; ce systéme a contribué pui»- samment á l'avancement déla science, mais aujourdliui il nous empéche de reconnaitre des rapports tres évidents qui existent dans la dentition des principaux groupes de mammifére.9, de sorte 6 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. que son emploi est devenn plutót un obstacle au progrés de la science; il n'est applicable qu'á une parfcie des placentaires diphyo- dontes et constitue une barriere qui nous empéche de mettre en paralléle la dentare des placentaires avec eelle des marsupiaux. Ainsi, par exemple, aujourd'hui nous savons que les sept molai- res de Dklelphyíí ou de Thijlacynus correspondent exactement aux sept molaires des sparassodontes ou des subdidelphes, aux sept molaires des chiens ou des autres placentaires á dentition comple- te, avec la seule différence que chez les deux premiers genres, le nombre de dents qui sont devenues monophysaires est beaucoup plus considerable. La quatriéme niolaire des marsupiaux que Fon appelle la «premiére vraie molaire» est l'homologue de la quatriéme molaire des placentaires que l'on appelle la «quatriéme ou la der- niére prémolaire» dans la deuxiéme serie, et «quatriéme molaire de lait» dans la premiére serie. La seule différence est que la qua- triéme molaire des marsupiaux, quoique non caduque, n'est pas la quatriéme dent de remplacement des placentaires, sinon celle qui la precede, c'est-á-dire la qiiatriéme molaire de lait ou la quatriéme de la premiére serie devenue persistante et monopliysaire. Pour ne pas abandonner les mots de «prémolaire» et «vraie mo- laire» on a proposé de les distinguer par leur forme, en admettant des vraies molaires et des prémolaires aussi bien dans la deuxiéme que dans la premiére dentition, mais alors la notation deviendrait un véritable chaos sans aucun profit pour la science; il suffit de rappeler les différences dans la complication ou dans la simplií'i- cation qu'une méme molaire prise en avant, au centre ou en arrié- re de la serie, pent présenter dans la classe des mammiféres pour comprendre l'inutilité d'une notation basée sur la forme ou le de- gré de complication qui varié á l'infini. Le bnt principal de la notation n'est pas précisément celui d'exprimer la forme ou degré de complication de l'organe sinon sa place par rapport aux autres, soit son numero d'ordre. Dans la presque totalitó des placentaires et dans la totalité des marsu- piaux de nos jours (avec une ou deux exceptions) les molaires sont au nombre de sept, ou, s'il y en a moins, celles qui restent ou celles qui manquent, sont toujours homologues ou référables homologiquement avec celles de la serie complete. Avec la disparition de la polyodontie primitivo et la fixation graduello do l'oligodontie, le nombre de dents dans l'espéce et dans rindividu devint plus constant et moins sujet á variations. Quand dans lo groupe ancestral des mammiféres hej)todontes les AMEGHINO : MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 7 molaires se réduisirent au nombre de sept, chaqué deiit se spécia- Hsa, de sorte que chaqué place eut sa fonction propre a remplir, fonction qui s'accoinplit par un, deux ou trois organes successifs selon qu'on aitáfaire á des mammiféi'es monophyodontes, diphyo- dontes ou triphyodontes. Voilá pourquoi je designe les places dentaii-es correspondantes aux mammiféres heptodontes, par leur numero d'ordre, de 1 á 7, supposant la serie des sept molaires toujours complete. Les sept molaires des marsupiaux sont parfaitement homologues des sept molaires des placentaires, et c'est la seule méthode, dans l'état ac- tiiel de nos connaissances, qui permette l'étude comparée de la denture de ees animaux lesquels, dans les classifications actuelles, sont separes bien á tort par un abime qui n'exisfce pas en réalité. Au point de vue de la succession dentaire, la seule différeuce consiste en ce que certaines dents peuvent appartenir á la pre- miére serie chez quelques genres (exemple: la quatriéme des mar- supiaux) et á la deuxiéme serie chez d'autres (exemple: la quatriéme des ¡jlacentaires). Je me suis convaincu que dans la notatioii il ne faut indiquer que le numero d'ordre, car autrement on la rend sinon inintelligible, du moins tres confuse. La fonction de la molaire, si elle est persis- tante ou temporaire, et dans ce dernier cas si elle se renouvelle une ou deux fois, si elle fait partie de l'avant-premiere, de la pre- miére ou de la deuxiéme dentition,etc., ce sont des détails qu'ii faut renvoyer aux descriptions. Une place dentaire dont la fonction est remplie par une seule dent qui ne se renouvelle jamáis, constitue une dent Dinnoplii/naii-e et persistante. Quand la fonction est remplie par deux organes successifs, la dent est diphijsaire et se renouvelle une fois; la dent qui tombe est temporaire, appartient á la premiére serie et porte le nom de caduque; cello qui prend sa place est définitive, appartient á la deuxiéme serie et prend le nom de rempla(;ante. Quand la fonc- tion d'un emplacement dentaire est remplie par trois organes suc- cessifs, la dent est triphj/saire; dans cette place, la premiére dent et tombe est temporaire, appartient a Vavant-premUre serie et porte le nom d'avant-caduque; celle qui la remplace est la caduque et appartient á la jjrewiéj-e serie, étant á son toar substituée par la dent définitive qui porte le nom de rempla(;ante et fait partie de la deuxiéme serie. Une dent de la serie déterminée d'aprés son numero d'ordre, par exemple la molaire 1 ou premiére, peut étre monophysaire dans 8 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. cert&ins genves (ex. EquKS, Hipparion), diphysaires diez d'autres (ex. Bhinoceros, Tapirus) et tripliysaires chez des genres éteints (ex. Nesodon, Adinotheríum). Avec le .systéine de notation en usage je n'aurais pas pu démon- trer la párente des plagiaulacoides, des diprotodontes australiens et des rongeurs que j'ai établie dans un mémoire récent. Ci- contra je donne un tableau contenant un certain nombre de genres de mammiferes de groupes tres différents, avec les molaires partagées en prómolaires et vraies molaires d'aprés le systéme cou- rant de notation, et en face avec les mémes dents disposées d'apres leur ordre homologique comme je Templóle. Dans cette derniére disposition la correspondance numérique est absolument conforme et identique avec la concordance homo- logique et permet la comparaison de types qui se rapprochent (Canis-Thylacynus) et que la notation en usage separe par un abime (]ui n'existe pas. GENRES üanin Thylacijniifi Phenacodim (Condylarthra) Caroloamer/hinia (Protuugulata) Hysirix (et autres rongeurs du méme groupe). Propol ¡imadodon PoJijmastoilon Phascolomi/s BettoiKjia PolydoJojis Neopl ayiauJax , JJjODiannodon Playiavlax (mand. inf.) • maxillaire (Bolodon ] Ahderiles ( interprétation courantf ) (selon d'autres) Coenolesles Didelphjs Viverra Plerodon (iiiandibule) . . Psemlohyaenodon (mandibule) Notation usuelle avec división en molaires et prémolaires 12 3 1 12 3 1 12 3 4 12 3 1 4 1 4 3 1 •A 1 3 1 4 4 12 3 4 12 3 1 12 3 1 12 3 4 12 3 1 12 3 1 12 3 4 12 3 4 12 3 4 1 2 3 2 3 4 1 2 3 2 3 4 12 3 2 3 4 1 2 2 3 4 2 3 4 2 3 4 1 2 1 2 3 1 2 3 2 3 4 2 3 4 12 3 2 3 4 2 3 4 12 3 5 1 2 5 1 2 Notation par ordre numárique 12 8 12 3 12 3 1 2 3 1 2 3 1 2 3 12 3 12 3 12 3 12 3 12 3 1 2 3 12 3 4 5 f) 7 4 .5 G 7 4 5 G 7 4 5 G 7 4 5 6 7 4 5 G 7 4 5 6 4 5 (i 7 4 5 6 7 4 5 6 7 4 5 6 4 5 6 7 4 5 6 7 4 5 G 7 4 5 6 7 4 5 6 7 4 5 6 7 4 5 6 7 4 5 6 7 4 .=^ 6 7 4 5 6 7 AMEGHINO: MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 1) Daiis ce tablean je u'ai clioisi que quelques-mies des formes les plus appropriées. Parmi celles-ci, il y en a avec une denture quon interprete d'aprés la notation nsnelle de deux manieres diff^ren- tes. La quatriéme molaire iuférieure hypertropliiée de Abdn-itcs et des formes voisiues, par exemple, est considóróe par quelques paléontologistes comme prémolaire, par d'autres comme vraie molaire. Ajoutons á tout cela qu"ou ne counait pas l'ordre exact de la succession des molaires dans la plupart des formes éteintes, de sorte qu'on ne peut pas déterminer avec precisión quelles sont les dents que l'on doit considérer comme prémolaires, ou com- me vraies molaires. Linterprétation que je donne d'apres la no- tation en usage, de la denture inférieure de Fterodon et de Fucú- dohjjaeuodon, sur laquelle je reviendrai un peu plus loin, en est une preuve. En outre, parmi les formes que j"ai inclusesdans ce ta- blean, il y en a une ( Plagimdax = Bolodon) dont les deu.x denti- tions, inférieure et supérieure, ont été attribuées á deux genres distinets, et la quatriéme molaire a été considérée comme prémo- laire dans la mandibule et comme vraie molaire dans le maxillaire. II suffit de jeter un coup d'reil au tablean pour s'apercevoir que toutes les formes sont de vraies heptodontes, c'est-á-dire qu'elies ont, ou ont eu sept molaires, et que pour les trois premieres molaires la concordance est parfaite dans les deux métliodes de notation. Ceci suffit pour démoutrer que la correspondance homoiogique est exacte, car les différences, dues exclusivement au mode dis- tinct de fixer les formules dentaires, ne commencent qu'avec la qua- triéme molaire que, dans certains genres, on appelle prémolaire et chez d'autres vraie molaire, mais qui homologiquemeut et d'aprés l'orde numérique, est la méme dent; cette dent peut ctre simjjle ou composée, avoir la forme d'une des molaires antérieures ou de l'une des postérieures, appartenir á la premiére ou á la deu- xiéme serie, étre monophysaire, diphysaii-e ou triphysaire, etc., ca- ractére qu'il faut renoncer á indure dans une formule dentaire quelconque. Les différences ne portent que sur les quatre derniéres molaires, dont la derniére de la serie d'aprés la notation usuelle est indiquée comme deuxiéme, troisiéme ou quatriéme vraie mo- laire, mais le fait réel, qui domine toute la question, est que la derniére de la serie est toujonrs la septiéme. Done, les différences sont dues au systéme de notation et non a la denture, rpii montro la derniére ou septiéme molaire des marsupiaux comme absolu- ment homologue de la septiéme des placentaires, et la premiére des placentaires comme absolument homologue de la premiére des marsupiaux. 10 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. Le fait est si clair, et on pourrait le démontrer par tant de re- eherches différeutes, que je ne vois pas le besoin d'insister da- vautage. Les trois series dentaires des mammiféres. J'ai fait référence plus liaut á des mammiféres anciens qrii dans leur jeune age ava'eiit en fonction une denture correspondante á une serie antérieure á la premiare, et que je designe par le nom de «avant-premiére dentition». Ces animaux sont les Nesodontes, mais il est probable qu'une partie considerable des ongulés de l'époque crétaoique se trouvaient sous ce rapport dans les mémes conditions. II y a prés de deux ans que j'ai fait mention de cette découver- fce' mais sans en donner des détails, car le savant paléontologiste, M.W. B. Scott, qui a étudié la question d'aprés les matériaux de ma collection doit en donner une description détaillée avec figures dans la partie destinée aux Toxodontia de son grand ouvrage sur la fau- ne santacruzienne^. Dans ma note je dis que cette avant-pre- miére serie était constituée par des incisives ( au nombre de trois de chaqué cote de chaqué máchoire) qui restaient en fonction assez longtemps pour s'user et étre ensuite remplacées par les incisives de la premiére serie, de la méme maniere que ces der- niéres sont remplacées par celles de la deuxiénie. De nouveaux matériaux et les recherches auxquelles je me suis livré m'ont fait découvrir aussi l'existence de canines et de mo- laires appartenant á cette méme avant- premiére serie. L'existence d'une avant -premiére serie de dents, représentée par vin tout potit nombre de ces organes, avait déjá été constatée chez quelques mammiféres actuéis mais seulement a l'état embryonnaire, étant ensuite reabsorbes sans qu'ils entrent jamáis en fonction. Dans ces cotiditions, la découverte dans un anclen groupe de mammiféres de cette avant- premiére serie représentée par des dents qui restaient en fonction jusqu'á étre usées et ensuite rem- placées, est un fait d'une importance extraordinaire, parce que c'est une transition evidente au polyphyodontisme des reptiles. 1 Ameqhino F. Premiére ¡■ontrihidion á la connaissancc de Iti faiine iiKinmialoiji- qiic des conches á Colpodon, in: Bol. Ac. X 7 • • • • O o o • • • O o o o o • • O o o o o • O o o o o O O o o o o o O O o o o o o o o o o o o o A o o o A o A o A A A o A A A Daus cette succession il y a 13 stades distincts indiques par les letti'es a a m. La premiére molaire a paraitre est la deuxiéme avant-caduque; suivent la premiére et la troisiéme, et aprés les res- tantes dans l'ordre indiqué dans le tablean. Cependant, la découverte de l'avaut-premiére serie souléve une question nouvelle. Les molaires persistantes, pourquoi ne se ratta- cheraient-elles pasái'avant- premiére dentition plutot qu'á la pre- miére? Je fais cette observation parce qu'il parait natural fjue chaqué dent qui pousse pour la premiére fois en arriére d'une autre soit de la séi'ie la plus ancienne. Du reste cette supposition est en contradietion avec la découverte de molaires avant-persistantcs, ou il faudrait rapporter ees derniéres á une autre serie encoré an- térieure a ravant-premiére! Voilá des problemas á résoudre pour ceux qui auront roccasion de s'en occuper. Je me contente de poser la question, donnant un tableau de la succession de la denture chez Nesodon, en rapportant la premiére dent qui apparait dans chaqué place a la serie la plus ancienne. Ce tablean est curieux parce qu'il montre la denture définitive avec une seule molaire de la serie qui suit I'avant-premiére, la qua- triéme, qui dans ce genre apparait tres tard, quand les indivi^lus étaient déjá adultes on presque adultes. 30 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. Stades de succession 1.. k. j ■ f ■ Numéi-o d'ordrt! des molaires 1 8 4 5 i; í • e • O A A A m • e A A A A o • « A A A A o 9 o A A A A o O o A A A A o O o A A A o o o A A o o o A A o o A A o A A ! A A A A A 1 A A A , L'isolement de cette molaire serait comparable á celui de la troisiéme molaire de la dentiire définitive des marsiipiaux récents, qni est la seule rempla(;-aute de la serie. On a dit quo l'ordre actuel de succession dentaire des marsupiaux existait déjá á Tépoque mésozo'íque, se basant sur une mandibule de Triconodon ( Triacanihodon) qui montre le remjilacement de la quatriéme molaire. Pourtant, cette piéce pourrait se trouver dans le dernier stade de remplacement de Neaodon. Les tableanx préeé- dents nous montrent que quand s'effectuait le renonvellemeut déla quatriéme molaire il y avait déjá loiigteraps que les trois molaires antérieures s'étaient renouvelóes. Le Triconodon se trouve proba- blemont dans le méme cas. M. Lydekker a émis Topinion que Tri- conodon renouvelait ses quatre premieres molaires et que le mode de remplacement des molaires cliez les marsu2:)iaux actuéis est tres récent; sur ees points je me trouve en parfaite concordan ce d'opi- nion avec lui'. Je crois aussi que lecas des Triconodon avec quatre 1 Au moment de corriger les épreuves de cette feuille, M. Carlos Amefíhino vient de trouver dans le miocéne supérieur de Motite-Hermoso, la mandibule d'un Dkle^phijs, montrant la troisiéme molaire de remplacement qui ne fait que sortir de l'alvéole, et la quatriéme molaire de la premiére dentition en dehors de l'alvéole jusqu'á la moitié de la longueur des racines. Au-dessous de cette dent, á cóté de ses racines et sur le cóté externe, au lieu de l'interne, comme en est la regle, il y a une cavité alvéolaire correspr.ndant á la quatriéme molaire de remplacement en voie d'étre réabsorbée. C'est la preuve dét'iuitive de l'exacti- tude des conclusions qui précédent. AMEGHINO: MORPHOLOGIE PHYLOGÉIÍÉTIQUE. 31 de ce qu'on appelle vraies molaires sont de jeunes individus qni n'avaient pas encoré renouvelé leur quatriéme molaii-e, et la der- niére caduque en fonction avait par conséqueut la méme forme de la premiére persistaute. Revenant au niode de succession des series deutaires, je dois rap- peler qu"il peut se présenter encoré une troisieme interprétation. C'est celle qui considere les persistantes comme représeutant une serie indépendante de toutes les autres. Comme curiosité j'accom- pague un tableau de la succession des molaii-es chez Nesodon, en supposant les persistaute comme d'une serie indépendante et re- présentées ]:ar le symbole a. Pour termiuer, et comme terme de comparaison, j'e ])lace ici, á cóté de celui de Kesodoii, l'ordre de succession d"un ongulé typique actuel, le cheval. Dans la denture définitive de ce dernier, comme le moutre le tableau, il manque une molaire, qui existe pourtant dans la premiére serie. Stades ás succession m I k j i h !/ f e d c b o Numero d'ordre des mola ¡1-1-s , 1 2 3 4 5 IJ 1 • • • • - - 7 • • • o z _ o • • o a a o • O o a a G o O o o D D a o O o D D o o o o G o o o o o o o o o o A o A A A o A A A A 32 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. Stades de succession /.. i i. h (I f e d. c b. NESODON Numero d'ordre dos molaircs 1 2 3 4 5 6 7 • • • • O O O • • • O o O O o • o o O O o • O o o o O o O o o o o o o O o o o o o O o o o o o o o A o o o A o A o A A A o A A A A CHEVAL Numero d'ordre des molaires 1 2 13 O La seule correspondance exacte dans la succession dentaire des deux genres, apparait dans les stades /", g et h, pendant lasquéis dans les deux genres, il n'y a que les caduques seulement en fonc- tion. Relations morphologiques des trois series. Je ne veux pas renouveler la vieille controverse sur l'ancien- neté relative des deux deutitions (ou des trois), la question est dé- finitivement tranchée, du moins a mon avis; la pi-emiére est plus ancienne que la deuxiéme, et l'avant-premiére est plus ancienne que la premiere. Pourtant, quoique cela bien vrai, se serait une erreur de croire que dans un animal á deux ou trois dentitions le type de mo- laires de la premiere dentition doit étre le plus ancien et le plus jjrimitif, ou que celui des molaii'es de l'avant-promiére dentition doit étre plus primitif que celui de la premiere dentition. Dans un temps je le croyais ainsi, mais aujourd'liui que je connais mieux les deux dentitions et leurs relations, et que je puis suivre des ligues phylogénétiques qui commencent dans les temjis crétacés et arri- vent jusqu'á nos jonrs, je sais que cela n'est pas exact. La preuve, la voici. Prenons, par exemple, le Nesodon (pii a trois dentitions bien développées et toutes les trois fonctionnelles pen- dant un certain temps. Nous voyons que les deux derniéres cadu- AMEGHINO : MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 33 ques oiit la méme forme que les deux ijremiéres persistautes, et que les deux derniéres de ravant-premiére dentition ont la nieme complication que les deux derniéres caduques et qne les deux pre- mieres persistantes. D'aprés nos connaissances autérieures on interprétrait le type de dents de la premiére dentition comme représentant la forme la plus ancienne et, en jugeant par analogie, on prendrait le type morphologique de l'avant-premiére dentition comme encoré plus anclen. Aujourd'hui nous sommes en état de prouver que cela est une erreur. Nous connaissons la ligne phylogénétique des To,rodontia k partir d'une époque géologique presque récente jusqu'aux temps crétacés, et nous pouvons tracer leur descendance en la suivant dans toutes ses ótapes á partir des anciens AcoeJodidae. Or, les dents de ees derniers sont tellement différentes de celles de Toxo- don ou de Nesodon, qu'il ne serait pas possible de les croire parents si on n'avait pas rencontré tous les stades de transition. La forme caractéristique des molaires de Ne.wdon et de To.rodon a été acquise a une éjíoqiie tres récente, et la méme cause ou imjmlsion qui a mo- delé (s'il m'est permis d'emjDloyer cette exjDression) les molaires persistantes, a modelé aussi celles de la serie caduque et de l'avant- premiére serie. Les caracteres adaptifs que la fonction imprimait aux molaires d'une serie, étaient transmis aux molaires des autres series; il est clair que cette transmission a pu s'effectuer seulement pendant le temps que les germes dentaires étaient en communication par la lame dentaire ectodermique. Oes organes sont devenus identiques dans toutes les series par modification sympathique, selon la loi d'aprés laquelle les organes homologues ou analogues qui remplis- sent les mémes fonctions prennent la méme forme. Sauf de tres rares exceptions, ce serait une erreur de croire que les modifications du sommet de la couronne se seraient produites pendant l'áge adulte et durant le fontionnement de ees organes. Mais il est á peu prés certain que cest pendant ce fonctionnement que les molaires ont acquis la forcé initiale(ou poteutielle, d'aprés l'expression d'Osborn) héréditaire nécessaire pour transmettre cette tendance évolutive. Les nouvelles complications, simplifica- tions, atrophies on hypertrophies des différentes parties de la cou- ronne se sont effectuées ou ont ajjparu pendant le développement embryonnaire des molaires. Cest durant le développement em- bryonnaire qu'apparaissent les nouveaux caracteres, d'abord sous Anal. Mus. Nac. Bs. As., Skrie 3", t. iii. Enero 12, l'JOJ. ¡i 34 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. iine forme rudimentaire qui á la suite se prononce graduellement de géiiération en génération et terminent pour devenir des carac- teres fonctionnels. Cette acquisition potentielle de la faculté de développer á l'a- veuir des caracteres nouveaux s'est réalisé avec plus de facilité (ou rapidité) sur les molaires caduques que sur les remplag-antes, parce qu'au nioment de se produire ou se transmettre l'impression, elles étaient plus plastiques ou ]5lus facilement impressionnables. Quoi- que de prime abord cela paraisse un non-sens, c'est sur la partie la plus cuspidale de la couronne des molaires caduques que font leur premiére apparition les caracteres ou parties uouvelles destinées á devenir fonctionuelles chez les successeurs. Les ancétres directs les plus proches d'un genre ont laissé l'em- preinte de leur passage et de leurs liens généalogiques dans la den- ture de remplacement, mais ees caracteres doivent se chercher sur les molaires non encoré usées. J-'ai pu observer des centaines de fois que les molaires de rem- placement, tirées des alvéoles avant d'étre atteintes par la masti- cation, montreut au sommet de la couronne, de petits détails, soit dans la forme ou le nombre des plis, soit dans le nombre des denticules, etc., qui disparaissent aussitot que les molaires entreut en f onction ; ees caracteres ne se trouveut done, ni sur les molai- res des individus adultes déla méme espéce, ni sur celles des ancé- tres, mais deveuant de plus en plus prononcés ils seront projjres des espéces descendantes arrivées á leur complete sjíécialisation. Ceci prouve ce que j'ai dit plushaut: que dans la transforma- tion de la denture les caracteres qui sont propres aux différents groupes n'ont pas commencé á paraítre á l'áge adulta (mais si, l'im- 2)ultion ou potentialitó) comme généralement on le croit, sinon durant la jDeriode du développement embryonnaire et interalvéo- laire des dents. Ces caracteres devinreut ^slus prononcés et prolon- gérent graduellement de plus en plus leur existence, terminant par devenir propres á certaines espéces et á quelques genres á l'áge adulte, ajiparaissant aussi sur ces derniers pendant le dévelop- ¡oement embryonnaire dans une forme plus marquée. Nous avons done sur les molaires nouvelles déjá calcifiées mais qui ne sont pas encere sorties de leiirs alvéoles, des caracteres morphologiques de deux catégories d'une significatiou bien dis- tincte. 1.° Ceux qui sont limites au sommet de la couronne; de ceux-ci, quelques - uns persistent jusqu'á 1 age adulte et sont ceux propres AMEGHINO: MORPHOLOGIE PHTLOGÉNÉTIQTJE. 35 de Tespéce ou clu genre, tandis que les autres disparaissent pres- que immédiatement et sont les caracteres précurseurs ou propbé- tiques destines á acquérir un plus grand développement et á deve- nir persistants chez les successeurs. 2° Ceux qui distiuguent l'ensemble de la molaire, surtout ceux qui se trouvent prés de la base et du col: ceux-ci reprodui- sent á graiids traits les caracteres qui étaieut propres aux aii- cétres immediats, mais qui n'existent plus daiis lespéce. Les molaires poussent premiérement par leur sommet et s'allon- geat ensuite graduellement par leur base; au fur et a mesure que la molaire se développe, le sommet de la couronne se modele au- trement, et k la base apparaissent des parties nouvelles. Une fois l'usure commencée, aussi bien á la conronue qu'a la base, au fur et á mesure que quelques caracteres disparaissent, d'autres lesrem- placent. Sur les molaires persistantes, surtout sur celles qui sont tres compliquées et avec des sillons profonds, á plusieurs degrés d'u- sure, on y constate des caracteres qui ont été propres de plusieurs genres antécesseurs. On peut méme considérer les différentes sec- tions transversales de la couronne d'une de ees molaires, comme autant de stratifieations, chaqué coupe plus voisine de la base re- produisant quelque caractére d'un ancétre plus éloigné. Cette sorte de stratification ne se constate pas sur les dents brachyodontes avec couronne pourvue de tubercules bas et iscles; ees molaires, aussitót qu'elles sont un peu usées, ne montrent plus aucun caractére distinctif ni de l'espéce ni des aucétres; ees dents n'ont pas d'histoire phjdogénétique ou elle est tres courte, ce qui prouve bien qu'elles se trouvent tres prcs de leur point de départ. Par contre, dans les molaires qui ont une longue histoire phylogí'- nétique, les étapes de cette histoire disparaissent graduellement avec l'usure, et a la fin il arrive que ees organes ne conservent plus rien des parties correspondant aux formes ancestrales; dans ce dernier stade d'évolution, les molaires dans tous leur ensemble ne représentent plus qu'une formation absolument nouvelle doiit la substance s'est moulée dans les alvéoles qui n'ont plus d'autre rule que de servir de bon creux á la déposition de la dentine. Lea mo- laires des individus complétement adultes de Toxodon et Nesodou, se trouvent dans ce cas. Je reviendrai plus loiu sur ce fait exces- sivement cui'ieux. Dans les caduques aussi on rencontre des caracteres qu'on peut suivre dans des directions distinctes. II y en a qui se prononcent 36 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIEES. davantage de géuération en génération et on ne les observe que sur les dents absolument nouvelles sans qu'on en voie de vestiges sur celles déjá un peu usées; ce sont les caracteres qui serviront á distinguer les espéces de l'avenir. Au contraire, les caracteres de la face masticatrice qui se dóveloppent davantage avec la mastica- tion, comme la simplification produite par l'usure sur les niolaires des Nésodontes, sont des caracteres précurseurs qui seront propres aux remplacantes en fonction de la méme espéce. D'un autre cote, les caracteres qui se développent loin de la face masticatrice, córa- me les bourrelets, creux, etc., sont des caracteres ancestraux, qui distinguent á l'áge adulte les espéces ascendantes en ligne directe. Caracteres spécifiques, prophétiques, précurseurs, ancestraux et ataviques. Dans les molaires de la dentitiou définitive, les caractPres spéci- figues, propres a chaqué espéce, ne sont bien reconnaissaljles qu'á l'áge adulte. Dans les dents trop jeunes, les détails de la couron- ne sont généralement identiques sur les espéces d'un méme genre, souvent aussi sur les genres d'une méme famille. Dans la vieillese. ■ma.- I 3'^ "O, f <- Fift. Ki. Stereoliippus larijensis C. Amgh. Quatriéme caduque, cinquiéme et si- xiéme molaires persistantes du cñté gauche, vues par la face masticatrice, de grandeur naturelle. Sur la molaire 6 on a enlevé le cément pour faire ressortir la forme des denticules. Pampeen moyen de Tarija. á cause de l'usure, les molaires perdent les caracteres spécifiques distinctifs et il arrive un moment qu'on peut en faire ce que l'on veut. Caradcretí prophétiques sont ceux qui apparaissent sur les mo- laires caduques un peu usées et qu'on ne retrouve pas sur les AMEGHINO: MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 37 remplagautes de la m¿me esiiéce, inais qivon revoit sur les rempla- cantes des espéces descendantes. Chez Stereohip¿)us par ex. (fig. 16) les molaires caduques présenteut la colonne iuterlobulaire in- terne i soudée par un isthme avec le lo be antérieur interne «/, uuion qui n'existe ni dans les persistantes, ni dans les rempla- 9antes de la méme espéce, lesquelles montrent la colonne compléte- ment sóparée comnie dans celles á' Hipparion. Cliez Stereohippus, cette uuion est le caractére prophétique de la conformation carac- téristique des genres plus rócents, Hippidioii, Equus et Onohip- pidion. ^^ Fig. 17. Xesodon ivibfiratun Ow. Quatriéme molaire su- périeure de remijlacement du cóté droit, préte á rentrer en fonction, vue par le oóté ex- terne, de grandeur naturelle; em, col i!t limite básale de la couche externe d'émail. Eocé- ne stipérieur de Patagonie (santacruzéen). -fjQ O ae 0''J^^ mtz. •> V Fig. 18. Xeaodon imbrícatiis Ow. Quatri6me molaire supérieure droite de remplacemeiit non encoré usée, vue par la face corónalo grossie deux diamétres (|) de la grandeur naturelle. Eocéne supérieur de Patagonie (gin- tacruzéen ). La forme en prisme long et a base ouverte des caduques non usées de Nesodon, caractére transitoire qu'on ne trouve pas sur les remplacantes des adultes des espéces du méme genre, est le ca- ractére prophétique de celles de Toxodon. 38 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. Les caracteres précnrsenrs sont ceux qui montrent les rempla- Qantes d'une maniere transitoire quaud elles sont encoré neuves, et disparaissenfc á l'áge adulto, mais qu'on retrouve beaucoup plus prouoncés comme caracteres spécifiques permanents chez les espéces qui en descendent. La forme en prisme long et á base ouverte des remplazantes de Nesodon avant cu au moment d'entrer en fonction (fig. 17), ca- ractére qu'on ne trouve jdIus sur les remplazantes do l'adulte, est le caractére précurseur de la forme caractéristique des rempla- fi O a^Q" C1/ Fig. 19. Xesodon imhricatns Ow. La méme molaire de la figure precedente vue par le cóté interne, de grandeur naturelle; em, limite básale déla couche d'émail; vv, bout en cul-de-sac de la val- lée transversale interne; cu, cavité de la pulpe. Fig. 20. Toxotlon jílalensis Ow. Quatriéme molaire supérieure gauche de remplacement, vue par la face masticatrice, aux trois quarts ( ' -i ) de la grandeur natu- relle. Pampeen supérieur de Bue- nos Aires (bonaréen). cantes de Toxodon, chez lequel ce caractére transitoire de Neso- don est constant. De méme, le sillón oblique v (vallée transversale niédiane inter- ne) de la face corónale dos remplazantes non usées du méme gen- re Nesodon (figs. 18-19) qui disparait aussitot que les molaires sont un peu usées, est le caractére ¡Drécurseur a son commen- AMEGHINO: MOEPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 39 cement ou point initial clu sillou longitudinal interne v (fig. 20) et 11 (fig. 21) des molaires remplacantes de Toxodon, caractére qui dans ce genre s'est développó d'un bout a l'autre des molai- res, étaut aussi devenu permanent durant toute la vie. Fig. 21. Toxodon plateruis Ow. La méme molaire de la figure precedente, vuc par le cóté antérieur interne, á la méme éclielle; em, bande émaillée Ceux dont je viens de faire meution sont des caracteres précur- seurs precoces puisqu'on ue constate leur présence que sur des molaires neuves. II y en a d'autres qui, au contraire des précé- dents, font leur apparition pendant la vieillesse, et qu'ou pourrait appeler tardifs. Quoiqu'apparaissant dans la vieillesse on na peut les appeler seniles, puisqu'ils sont destines a prendre un grand développement dans les espéces descendantes. On les rencon- tre aussi bien dans les caduques que dans les remplazantes et les persistantes et ils comptent parmi les plus fréquents. Le barrage de l'entrée v, de la vallée transversale médiane et la formation d'une fosse périphérique postérieure (o,) dans les mo- laires des Tieux individus des Acoelodidae et des plus anciens Ar- chaeohyracidae (fig. 22) est un caractére précurseur de la forme des molaires des Nésodontidés adultes (fig. 23'. T:'- i.>nl:m-.-M 40 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. persistantes de ees derniers animaux, quand elles sont encoré peu usées (fig. 24) ont la grande vallée transversale médiane large- Fír. 13.. Eohyrax rmticua Anigh. Cinquióme molaire supérieure gauche, a, vue par la face masticatrice et h par le cóté antérieur, grossie trois diamétres (f ] de la grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie ( notostylopéen supé- rieur). ment ouverte sur le bord interne v, mais aussitót qu'elles sont un peu usées, l'entrée v de la vallée se ferme, condition qui persiste durant toute la vie. Le sillón interlobulaire interne n des molaires persistantes des vieux Nesodon (fig. 25) qui va de l'entrée r de la vallée transver- Fig. 23. Adinolherittm rotiouli- (¡en.1 Anigh. Molaire supérieure gauche, vue ])ar la lace mastica- trice, grossie un demi-diamétre ! ^ ) du naturel. Eocóne moyen de Pa- tagonie (astrapothériculéen). Fig. 24. Kesodon imbñcatus Ow. Cinquiéme molaire supé- rieure droite encoré peu usée, vue par la face masticatrice, de grandeui' naturelle. Eocéne su- périeui- de Patagonie ( santacru- zéen). sale mediano jus(]u'a la base, est le caractére précurseur de la vallée r (fig. 20) et du sillón longitudinal ou interlobulaire interne íí des molaires persistantes de Toxodon (fig. 21), vallée et sillón ' 'i i ^ ilü J Fig. 30. Xeohipparion (Hipparion) Sinclairi Wortman. Molaire supérleure gauche, a, vue par la face masticatrice et b par le cóté interne, d'aprés Cope, grossie un demi-diamétre ÍJ ; du uaturel. Pliocéne des Etats-Unis. veloppée, aussi bien snr les caduques que sur les remplazantes et persistantes. O ^"/^'^ ^J'¿iJ^:/<:? Fig. 31. Xesodon imhricatas Ow. Quatrié- me molaire supérieure caduque du o6té droit, peu usée, vue par la face masticatri- ce, grossie un demi-diamétre de la gran- deur naturelle {^\. Eocéne supérieur de Patagonie (santacruzéen). Fig. 32. Nesodon imhrir.a- tus Ow. Quatriéme molaire supérieure gauche de rera- placement vue par la face masticatrice, de grandeur uaturelle. La toute petite fossette angulaire antérieure [o)] des molaires remplazantes tres jeunes de Nesodon, d'une durée excessivement 44 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. courte et disparaissant avant que ees molaires entrent en fouctioii (fig. 34), est un caractóre ancestral héritédes Acoelodidae (fig. 35) -iia Fig. 33. Acoelodus oppoútun Amsh. Cinquiéme molaire supérieure droite; a, vue par la face mastioatrice, et h par la face externe, grossie trois diamétres (f ) de la grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie (notostylopéen). chez lesquels on Tobserve sur les molaires remplacantes en fonc- tion et qui s'effacait par l'usure á un age avancé. O ^ O" Fig. 84. Kesodon imbricatus Ow. Quatriéme molaire supérieure droite de rem- placement dans une des premieres phases de dóveloppement, vue par la face co- rónale grossie deux diamétres (-f) de la grandeur naturelle. Eocéne supérieur de Patagonie (santacruzéen). Le bourrelet basal anterieur (,) et le postérieur („) des rem- plazantes de Nesodon nouvelles ou non encoré usées (fig. 36 et 37) caractere qu'on ne trouve pas dans les mémes molaires des in- dividus adultes, est un caractere ancestral hérité des Acoelodidae (fig. 38) et des Archaeohyracidae. AMEGHINO: MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 45 Le bonrrelet basal postérieur et la fosse périphériqí^e correspon- V-) ci-c Fig. 35. OhJfeldfhnmasia parvidens Amgh. Qnatriéme molaire supérieure droi- te de remplacement; a, vue par la face masticatrice, et i, par le cóté interne, grossie trois diamétres (íí\ de la gi-andeur naturelle. Crétacé supérieur de Pata- gonie (notostylopéen). daute qu"oii observe bien visible sur les molaires persistantes non encoré usées de Xesodon (figs. 24 et 39) est nn caractére ancestral Fig. 36. Xesodon imbricatus Ow. Quatriéme molaire supérieure de remplacement du cóté droit, non encoré usée, vue )jar la face anté- rieure, de grandeur naturelle. em, partie émaillée; nm, partie non émaillée. Eocéne supérieur de Pa- tagonie (santacruzéen). ■^tí: Fig. 37. Xesodon ivibricatua Ow. La m6me molaire de la figure pre- cedente vue par le cOté postérieur, de grandeur naturelle. cm, partie émaillée; «711, partie non émaillée; /, ligne qui separe la partie émai- llée de celle non émaillée; vv, ex- trémité en cul-de-sac de la vallée transversale médiane interne; ev, cavité de la pulpe. 46 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. liérité des Acoelodidat (fig. 40) et Archaeoliyracidae. Cliez Nesodon, les molaires s'usant, le bourrelet devient graduelleinent j^lus épais et s'efface par fusión avec la muraille postérieure, etil ne ¡jersiste OPo Pe Fig. 38. — Paracoelodus marrjinaüs Amgh. Quatriéme remplazante, et cinquióme et sixiéme persistantes supérieures du cóté gauche, vues jiai- la face masticatrice, grossies deux diamétres ('ij de la grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patago- nie (partie moyenne des couches á Notostylops.). que la fossette périphériqíie (o,) qui avec l'áge devient de jdIus en plus i^etite et s'éloigne dans la méme proportiou du bord posté- Fig. 39. Neeodon imhricaius Ow. CiiKiuiéine molaire supérieure droite persis- tante, la méme reprósentóe sui- la figure 24, vue par le cótó interne, de grandeur naturelle. em, parties émaillées; «m, parties non émaillées. rieur de la molaire (fig. 41). Chez les AcoeJodidae la fossette pé- riphérique postérieure (o,) ne s'isolait et ne s'éloiguait du bord AMEGHINO: MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 47 postérieur qu'á uu age avancé, quand les molaires étaient tres usóes (fig. 42) et elle représentait alors un caractére précurseur de celui que montrent les molaires de Nesodon adulte (fig. 41). O" O '^ a. Pf o ae o. . Cette ressemblance n'est pas confinée exclusivement aux molaires. Réceniment, i'ai re(ju. de M. le Professeur H. F. Osborn. le moulage de l'astragale de Eiijiro- togonia piierceruis du tertiaire anclen de TAmérique du Nord, et en le compa- rant avec celui de Euprotoyonia triyonalis de Patagonie, je trouve que dans cet os aussi on n'observe presque d'autre différence appréciable que celle de gran- deur et par conséquent je continué á croire á leur identité générique. Pourtant, il est possible que la découverte d'autres parties du squelette permettra de re- connaitre qu'il s'agit de deux genres distincts, mais leur tres proche párente est absolument indiscutable. Pour qu'on juge de cette ressemblance, je reproduis ci-contre les dessins des astragales de ees deux espéces (fig. 76 et les molaires su- périeures d' Evprofogonia piiercenais (fig. 77). Fig. 76. Euprotoyonia piifn-ensis Cope. Astragale; 6, vu d'en haut, et 66, d'en bas, de grandeur natu- relle. Eocéne inférieur (Torrejon) de l'Amérique du Nord. Euproto- yonia Irigonaiis Amgh. Astragale; n, vu d'en haut, et aa. vu d'en bas, de grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie (notosty- lopéen supérieur j. Fig. 77. Euprotoyonia ¡niercenfis Cope. Molaires supérieures du cote gauche, vues por la face masticatri- ce. Eocéne inférieur (Torrejon) de l'Aménque du Nord, d'aprés Osborn et Earle. 78 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. denticule représente l'aréte médiane m. Ceci uous fait croire c^ue cette art'te doit étre le résultat d'une complicatioii des molaires simples de Euprotogonia, par le développement d'un petit tuber- cule iuterlobulaire externe, lequel devenant plus long finit par atteindre la suríace de tritnration et se fnsionner dans toute sa longueur avec le cor])s de la dent. L'examen des molaires snpérienres de Ennenconus parvidens (fig. 78) nons montre le premier commencement de ce tubercule. Les molaires de ce genre ne sont pas trop différentes de celles de Euprotogonin, saiif (pvelles sont devennes nn pen plus compliquées. Fig. 78. Eiineoconus parvidens Amgh. Molaire supérieure droite; o, vub par la face masticatrice, et, h, par le ooté externe, augnientée quatre diamétres ^ij du na- turel. Crétacé supérieur de Patagonie (notostylopéen inférieur). Lebourreletbasal peu accentué de Euprotogonia pota (jónica etfor- tement dóveloppé de Euprotogonia trigonalis, est devenu encoré plus fort cbez Enneoconus parvidens (fig. 78), donnant origine á nn denticule supplémentaire median antérienr (e), aun antro denticule median su]iplémentaire sur le bord postérieur (ee) et k un autre den- ticule interlobulaire {i) sur le bord interne. Sur la face externe, au- dessous et en dedans du bourrelet basal, on voifc un tont petit tu- bercule (m) qui représente le premier commencement de l'aréte médiane externe m. Le Conaspidotherinm Aineghinoi Lem. (= Ple- siphenacodus remensis Lem.) du tertiaire inférieur de Reims, en France, représente un stade de complication á peu prés égal á celui á' En7ieoconr(.s. Cette explication est complétement confií-mée par l'examen des molaires supérieures du genre Lonchoconus, qni constitue la plus ancienne souche coHuuc de laligne qui abontit aux 3racraiich(n}i- AMEGHINO: MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 79 dae. Sur cette uiolaire (fig. 79) on voit les six tubercules normanx et un fort bourrelet basal sur les trois faces, antérieure, postérieu- re^et externe, et en jjlus un petit tubercule supplémentaire median antérieur (e). Le bourrelet basal du cóté externe (') est fortenient développé &i sur les eoins antérieur et postérieur il est rorigine d'un commen- cement des aretes angulaires. Sur le milieu de la face externe on ^lii- Cí- Fig. 79. Lonchoconiis lanceolains Amgh. Cinquiúme molaire supérieure droite; o, vue par la face masticatrice; 6, par le cüté externe; r, par la face antrt-ieure, et d. par la face postérieure, augmentée quatre diamétres (í\ de la grandeur natui-elle. Crétacé supérieur de Patagonie. (notostylopéen inférieur). voit le petit tubercule m de Enneoconua, mais beaucoup plus gres et Yilus long, tout en conservant sa forme conique et isolée; pour- tant, daus les dents usées, ce petit tubercule devait se fusiouner avec les deux denticules externes, constituaut alors Tárete perpen- diculaire médiane in. C'est ce que nous dúmontrent d'une maniere encoré plus claire les molaires supérieures de Didolodus multicus- pis (fig. 80). Ces dents ont a peu prés le méme contour et les mémes éléments que celles de Lonr/ioconus, mais les six denticules primitifs sont plus gres, plus bas et plus rapprochés, plus fusionnés I'un avec l'autre 80 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. a leur base. Sur la face externe, le tubercule median est aiissi beaueoup plus gros et plus long, et se montre complétement isolé sur les molaires 7 et 6 qui sont encoré peu usées; sur la molaire 5 qui, d'accord avec l'éTolution de la denture des ongulés, est beau- eoup plus usée, on voit que le tubercule m est fusionné avec les dentieules externes constituant l'aréte wí, presque avec la méme forme (\\\e dans les ongnlés plus récents du type Palaeothermm et a¿ ^ /m. /í^ Fip;. 80. Didolodus multicnspis Amgh. Ciiiquiéme et sixiéme molaires supérieu- res du c6té gauche, en place sur un maxillaire contenant toute la denture, vues par la face masticatrice, grossies quatre diamétres l^A de la grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie (notostylopéen). Froterotherium. Les molaires du genro Phenococlns, de l'éocene an- clen de l'Amérique du Nord, présentent sous ce rapport un degré de complicatiou semblable á celui de Didolodus. Ces pieces prouvent sans qu'il puisse rester le moindre doute que l'aréte mediano perpendiculaire externe (m) des molaires supérieu- res des ongulés prit sa premier origine dans un tout petit tuber- cule conique isolé; ce tubercule, á. son tour, jioussa par un procés de complicatiou, comme une végétation, ou bourgeonnement, sur des molaires qui étaient á l'état plexodonte jDarfait. Les molaires des genres sus-mentionnés sont toutes á couronne courte; ce ne fut (jue pendant les ages plus récents que les molai- res deviiirent á couronne plus allongée, et avec cet allongement de la couronne, le tubercule median externe perdit sa forme conique pour prendre celle d'aréte perpendiculaire fusionnée dans toute sa longupur avec la muraille externe de la dent. AMEGHIXO: MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 81 C'est anssi ce que nous montrent les molaires supérieures de Pro- theosodon coiiifenis (fig. 81), nn enchainement de la ligne qui con- duit aux Macraiichénidég, et nn descendant de Lonchoconus auquel il se relie par le genre Lambdaconus. Snr les molaires supérieures de Protheosodoii, on voit aussi les mémes éléments que dans celles de Lonchoconus^, Lnmhdaconus et Didolodiiít, mais la couronne s'é- Fig. 81. ProtkeosoiJon coniferiiii Amgh. Cinquiéme molaire supérieure droite; a, vue par la face masticatrice, et b, par le cote externe, au double 'í\ de la graii- deur naturelle. Crétacé le plus supérieur de Patagonie (pyrothéréen). tant allongée, le petit tubercule interlobulaire externe perdit son indépendance et se trausforraa en Tárete médiane m, quoique dans les dents peu usées comme celle figurée, le sommet de l'aréte forme encoré une pointe séparée. En regardant la molaire par la face externe (fig 81, h), cette arete m présente encoré un aspect conique, surtout á cause de son grand élargissement basa!, ce qui, uni au peu de longueur de la couronne, donne a la muraille externe une forme assez distincte de celle que présentent l'^s ongulés plus modernes du type Palaeothére. Dans les formes plus recentes de cette b'gne, les couronnes sonfc devenues beaucoup plus allongées, et Tárete m plus étroite etplus saillante dans toute sa longueur, comme nous en offrent un exemple les molaires supérieures du genre Sccdabrinitherium (fig. 82), un descendant éloigné de Protheosodon et antécesseur direct de Ma- crancJienia; ees dents, vues par la muraille externe, présentent ab- solument le méme aspect que celles de Palaeotlierium, Protherothe- rium et autres ongulés du méme type. L'apparitiou de cette arete a pris origine d'une maniere indépen- dante sur plusieurs lignes de mammiféres, et c'est un caractére qui Anal. Mus. Nac. Bs. As., Skrie 3% t. iii. Exero 23, 1904. O 82 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIEES. a plus d'importance qu'on ne lui en a attribuó; souvent on peut juger des relatious que présentent quelques genres, selon qu'ils sont pourvus ou uou du tubercule ou arete médiane dont il est question. Fig. 82. Scalahrinilkerium Eolhi Amgh. Sixiéme molaire supérleure droite; a, vue par !a face masticatrice, et i, par le cote externe, de s'randeur caturelle. Oli- gocéne supérieur de Paraná (mésopotaméen). Collection du Musée National de Buenos Aires. Uu exemple iious est ofí'ert par les Hyracotlierines, qu'on fait généralement descendre de Phenacodiis; pourtant, les molaires per- sistantes supérieures de ce dernier genre possédent l'aréte m qui manque dans les mémes molaires du genre Hyracothermm, et cela suffit pour démontrer qu'une telle des- eendance n'est pas possible. Par contre, Hufacotherium et ProhijravotheriHm peuvent descendre áe Eupvotogonia qui est un type plus primitif et chez lequel les vestiges de l'aréte m n'étaient pas encoré apparus. Nous trouvons un autre cas de rap- prochement au moyen de ce caractére et qui se trouve d'accord avec tous les autres fournis par la denture, dans le genre Ectocion de la base de l'éocéne de rAmérique du Nord; c'est un petit condylarthre avec molaires supérieures pourvues de l'aréte m, les denticules médians ma, mp en are de cercle, et qui ne parait pas avoir de relations bien étroites avec aucun des geni'es connus de la méme contrée. Ce genre aussi pourrait descendre d"ane forme du crétacé de Patagonie, le Froec- tocion, dont les molaires ont une conformation absolumeut sembla- ble comme on peut s"en assurer en comjaarant la sixiéme molaire Fig. 83. Eclocion Oshornianus Cope. Les molaires supéi-ieu- res 4 á 7, du cóté droit, vues par la face masticatrice, de grandeurnaturelle, d'apvús Co- pe. Eocéne ancien de Wyo- ming. AMEGHINO: MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 83 supérieure de Proecfocion argentimis représentée par la figure 84, avec les molaires de VEdocion Osbornianus (fig. 83) comrne elles ont été figiirées j^ar Cope. Le peu d'usure de ees molaires permet une comparaison exacte. Elles se correspondent exactemeut par la Fig. 84. Proectocion ari/eníinus Amgh. Sixiéme molairu supérieure druite, vue par la face masticatrice, grossie de six diamétres (fi) fle la grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie (notostylopéen). forme des deiiticules externes oe, pe, par la présence de l'aréte ex- terne m, par la forme en croissant des denticules médians ma, mp, par le bourrelet basal, et les proportions des différents denticules. Fig. 85. Proectocion aryenti'mis Amgli. Les quatre derniéres molaires supé- rleures du cóté droit, vues par la face masticatrice, grossies quati'e diamétres (i) de la grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie (notostylopéen). Sur la figure 85 je représente aussi les quatre derniéres molaires droites du genre patagonien, provenant d'un vieil individu et ¡íar conséquent tres usées; malgré cela on constate que la relation de ees molaires, et surtont les rapports de la 4« aveft la 5'' sont absolu- 84 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. menfc les mémes que dans celles de VEctncion Oshornianuít figurées par Cope. Or, comme les échautillons de Patagonie sonfc beancoup plus petits, ce qui indique une forme plus primitive, et córame en cutre ees débris viennent de couches bien plus anciennes que les similaires de TAmérique du Nord, nous pouvons considérer VEcto- cion comme un descendaut de Proectocion. Cette arete m a pu aussi apparaitre graduellement sur des mo- laires dont les deux denticules externes ae et pe étaient deja unis formaiit une muraille externe comme nous en offre un exemjjle le Trigonostylops germinalis (fig. 86); les molaires supérieures persis- tantes de ce genre montrent le commeneement de Tárete ?», repré- seutée par le plus antérieur des deux petits tubercules coniques places á la base de lacouronne. Fig. 8H. Triíjonoslijlops ycrniinalin Aingli. Molairít su[)i!'rieure gauche; ct, vue ¡jar la face masticatrice, et i, par la face externe, grossie deux diamétres ('■?-) de la grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie (notostylopéen). Dans tous les cas ci-dessus mentionnés, on est en présence d'une eróte médiane externe dont le développement a commencé par un petit tubercule basal externe qui, en s'allongeant graduellement, finit par atteindre le sommet de la couronne. Pourtant, la nature arrive souvent aux mémes résultats par des chemins assez difíe- rents. Chez beaucoup de mammiféres, plus ou moinshypsodontes, avec une muraille externe continué et á couronne haute, cette arete ex- terne m s'est formée par un procede complétement différent. Dans ce cas, l'arOto en question commencé par la formation d'un tout petit pli tout á fait au sommet de la couronne, loin de la base; ce pli se développe graduellement en devenant plus long jusqu a ce qu'il arrive au col de la dent, et il traverse alors d'un bout a l'autre la muraille e.xterne de la couronne. AMEGHINO: MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQÜE. 85 Les exemples en sont assez nombreux. Je m'arréterai sur celui des Hyracoides primitifs qui est un des plus notables. Le genre le plus priinitif de ce groupe est Acoelodus. Toutes les espéces de ce genre ont des molaires á couronne courte et avec la muraille externe pourvue de quatre aretes perpendiculaires, la sur- angulaire antérieure sa, rintermédiaire antérieure ia + aa, l'in- termédiaire postérieure ip, et l'angulaire postérieure cq). II n'y a absolument aucuu vestige de Tárete médiane m, la place oú elle devrait se ¡jrésenter étant occupé ^lar une gouttiére. Ces caracte- res s'observent tres bien sur les molaires supérieures d' Acoelodus opposittis (fig. 87). On remarque aussi sur les molaires de cette es- péce que le bourrelet postérieur („) se conserve encoré compléte- ment indépendant du denticiale interne postérieur pi. Les deux denticules internes conservent leur forme conique jusqu'á un age avancé. 'dyt a^ ICO Fig. 105. Lopholambda profunda Amgh. Molaire supérieure droite; a, vue par la face masticatrice, et h, vue i^ar la face externe, grossie quatre diamétres íi-) de la grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie (notostylopéen). Sur les figures, je sígnale l'aréte intermédiaire antérieure avec les lettres ¡a, et rintermédiaire postórieure avec les lettres ip. Aretes surangulaires antérieure et postérieure. II nous reste maintenant á examiner l'origine de l'aréte externe la plus antérieure des raolaires de Rhinoceros (fig. 106) et á'A>, par le cóté externe: grandeur naturelle. Co- llection du Musée National de Buenos Aires. Dans son commencement, cette arete se présente sous la forme d'un tont petit tubercule isolé qui ap23arait sur le bourrelet basal 'm^-\-. Fig. IOS. CaroJoamei/hinia tennae Amgh. Cinquiéme molaire supérieure gauche; a, vue par la face masticatrice, et i, vue par la face externe, grossie quinze dia- métres (Ij'') de la grandeur naturelle. CrtHacé supérieur de Patagonie (notos- tylopóen, partie básale). AMEGHINO : MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 99 et elle se déveloiope graduellement jusqu'á atteindre la hauteur de la couronne; aprés elle se fusionne complétemeut jusqu'au sommet avec le prisme dentaire et elle entre á faire partie de la surface de trituration, en doniiant origine á l'aréte surangulaire sa des molai- res de Rhinoceros. L'apparition de cette aríte est tres ancienne, et antérieiire á l'ap- parition de l'aréte m; on n'eu voit pas encoré de traces chez Caro- loameghhiia (fig. 108) qni est l'ongulé (protongulé) le plus anclen et Fig. 109. Asmilhwoodtvm-dia subtrigona Amgh. Cinquiéme molaire supérieiire gauche; a, vue par la face niasticatrice, et b, vue par la face externe, grossie six diamétres 'Jl de la grandeur naturelle. Crétacé inférieur de Patagonie (notosty- lopéen inférieur). le plus primitif que Fon connaisse. Les premiers vestiges de l'aréte surangulaire antérieure (aaj s'observent sur les molaires d'As/tiith- icoodioardia (fig. 109), un autre ongulé tres primitif et tres petit, á peine un peu plus gros que CavoloamegMnia. Dans les molaires d^4.s'- Fig. lio. Triyonostijops hüeyer Amgh. Cinquiéme molaire sui)érieure gauche; o, vue par la face masticatrice, et b, vue par le cOtó externe, grossie deux dia- métres ,'j-) de la granjear naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie (notostylo- péen). 100 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. mithicoodwardia, il s'est formé un bourrelet basal qui se releve sur le coin antérieur externe en donnant origine a un petit tubercule conique dont la pointe est complétement séparée; c'est ce petit tubercule qni en se développant conduit graduellement á l'aréte surangulaire antérieure de Ehinocevos et A>trapotlierium. Chez Trigonostylops integer (fig. 110) on voit ce tubercule pren- dre un grand développement, et il augmente encoré de grandeur chez Trifjonoiftylnpx Wovtmani (fig. 111). a^ Fig. 111. Tri(/07iost¡/loj}s IVorimani Amgh. Cinquiéme molaire supérieure droi- te; a, vue par la face masticatrice, et h, vue par le c6té externe, grossie deux diamétres (t\ du natural. Crétacé supérieur de Patagonie (notostylopéen). Dans le genre Trkjonostylops, quand les mol aires sont un peu usées, on voit la pointe ou sommet du tubercule sa s'unir á la creta verticale ae (fig. 112) dont il est separé sur la face externe par un ^<í Fig. 112. Triíjonoslylops senmilarhta Amgh. Cinquiéme molaire supérieure gau- che, vue par la fase masticatrice, grossie deux diamétres 'í\ du naturel. Cré- tacé supérieur de Patagonie (notostylopéen). sillón vertical; je designe ce sillón, indiqué avec les lettres s¿, sous le nom de sillón angulaire antérieur externe. Cette disposition est AMEGHINO: MOEPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 101 absolument la méme qu'on observe sur les molaires de Ehhioceros et d'Astrapotherium, le passage d'une forme á l'autre s'effectuant graduellemeut. Chez Alhi'vtoíjaudnja única (ñg. 113), on trouve la mémedispo- sition fondamentale que chez Trigonostylopn, avec la seule diffé- Fi^. 113. AUjertorjnuilrtja única Amgh. Cinquiérae molaire supérieure droite; a, vue par la face masticatrice, et h, vue par la face externe, de grandeur naturelle. Crétacé supéi-ieur de Patagonie (notostylopéen supérieur). rence que le deuticule postérieur interne pi est bien développé, iscle et pointu. La créte surangulaire antórieure sa est moins dé- veloppée et plus fusionnée avec l'aréte angulaire antórieure aa, Fig. 114. Alberlogaudrya separata Amgh. Cinquiéme molaire supérieure droite; a, vue par la face masticatrice, et 6, vue par le cóté postérieur, de grandeur na- turelle. Crétacé supérieur de Patagouie (notostylopéen supérieur). dont elle se trouve séparée par un sillón angulaire si plus profond et plus long que chez Trkjonostylops ; la ])OÍiite inférieure de cette 102 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. OJÍ- arete sa, dans les dents peu usées, n'arrive pas jusqn'á la surface de trituration. Dans la moitié postérieure de cette molaire, on ob- serve que le grand denticule j3¿ se trouve separé du denticule jje par une vallée longitudinale large et profonde fw, j, le petit tuber- cule ou denticule mp étant tres bas et presque complétement fon- du avec le denticule j)e. Cliez la méme molaire de Alhertogaudrya separata (fig. 114), la, créte surangulaire antérieure est plus longue et arrive jusqu'á la surface de trituration, la fossette antérieure en forme de fente est devenue plus longue et plus profonde, et la grande fossette céntrale de l'espéce antérieure a presque dispara; en outre, les denticules pe et pi s'étant rapprochés, et le denticule median mp étant devenu plus haut, les trois denticules constituent jiresque une créte transver- sale, la seule interruption notable étant celle du sillón (v,) qui separe les denticu- les mp et pi et qui est deve- nu tres étroit; avec l'usure, ce sillón s'efface et les trois denticules du lobe posté- rieur constituent alors une créte transversale parfaite. Par tous ees caracteres, cet- te espéce s'éloigne de la pre- cedente pour se rapprocher de la conformation qui ca- ractérise le genre Ástrapo- theriuní,. Cette ressemblance est encoré plus grande dans le genre un peu plus récent, noramé A.straponotus (fig. 115). L'aréte ou créte per- pendiculaire surangulaire antérieure ayí ne présente plus aucun ves- tige de sa forme primitive en tubercule isolé; il reste á peine des vestiges de la fossette céntrale (o), la fossette antérieure o" s'est Fig. 115. Aslrapovolus (Kotamynus) HoJdi- chi Roth. Molaire supérieure droite, vue par la face masticatrice, de grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie (astrapono- téen). CoUection du Musée de La Plata'. 1 Cette piéce est le type de Xotamynus Holdichi Roth. D'aprés la desoription que cet auteur donne des canines et des molaires supérieures de remplacement, il s'agit selon mon opinión du genre Astraponotus, et je crois méme que l'espéce soit identique k Adraponolus assymetrtis. AMEGHINO: MORPHOLOGIE PHYLOGKNÉTIQrE. 103 portee i^his en arriére et ne constitue plus qu'une prolongation de la branche antérieure v' de la vallée transversale médiane interne (v), qui est devenue plus prof onde ; le denticule median mp, de- venu plus haut, est uní á l'externe pe et á Tínteme pi, consti- tuant une créte transversale étroite et haute; la formation de cette créte transversale fit disparaitre le sillón transversal (w,^, c'est-á-dire la branche postérieure de la vallée transversale médiane interne, et coupa la communication de cette vallée avecla fossette périphérique postérieure (o,) qui, en s'isolant, devint plus appareute. La molaire correspondante de Parastrapotherium (fig. IIG) et d'AstrapotJteritim ne différe de celle de Astraponotus que par la Fio;, llfi. Parasfrapollierliini Hohnhergí Amgh. Cinquiéme molaire sujiérieure gauche: a, vue par la face masticatrice, et h, vue par la face externe, aux deux tiers (-/s) de la grandeur naturelle. Crétacó le plus supérieur de Patagonie (pyrothéréen)- créte transversale postérieure qui est devenue beaucoup plus lar- ge, et par le bourrelet basal postérieur („) d' Albertogaiidrya (fig. 113-114) et Astraponotus (fig. 115) qui s'est développé jusqu'á at- teindre la surf ace de trituration en se f usionnant avec la créte trans- versale postérieure, et constituant avec elle un lobe postérieur tres large; dans la surface de trituration de ce lobe, ou voit un pe- tit creux qui disparait avec l'áge, et c'est le dernier vestige de la fossette périphérique postérieure (o,). En concordance avec ce développement progressif, il est cu- rieux et important d'apprendre que les moJaires caduques non en- coré usées du dernier représentant de cette ligue, V Astrapotherium 104 MUSEO NACIONAL DE BUENOSAIRES. magnum (fig. 117), du santacruzéen, laissent voir plusieurs carac- teres ancestraux que nous avons trouvés chez les autócesseurs, et qui ne se couserveut pas sur les molaires persistantes de la méme espéce. Aiusi, nous y voyons la fossette (o,) qui est lafossette péri- phérique postérieure de Albertogaudrya et Astraponotu>í; (o) qui est la grande fossette céntrale de Trigono.itylops et Albertogaudrya única qui n'existe plus ou qui est tout á fait rudimentaire chez les formes plus recentes; (o") est la fossette antórieure d' Alberto- gaudrya .pii, du moins isolée, n'existe déjá plus sur les molaires de Astraponotus. Fig. 117. Aslrapotlieñmn magnum (Ow.). Molaire caduque supérieui-e droite non encoré usée; o, vue par la face masticatrice, et h, ^m- par la face externe, grossle deux diamétres (1) de la grandeur naturelle. Eocéne supérieur de Patagonie (santacruzéen). La créte longitudiuale, constituée par les denticules médians ma, mp, qui part de la créte transversale postérieure et qui termine en avant dans la fosse antérieure, est un caractére ancestral qu'on ne rencoutre que chez les plus anciens représentants de la ligne, com- me dans le tout petit Peripantostylops et autres formes voisines de l'époque de celui-ci. Mais le plus notable de tous ees caracte- res ancestraux est le grand développement du denticule surangu- laire antérieur m, tout á fait comparable á celui que présentent Trigouosfylops et autres genres du meme groupe ; en outre , il se moutre sous sa forme primitive de tubercule isolé : vu de cote, on voit qu'il n'arrive pas jusqu'á la surface de trituration, se présentant sous ce rapport dans un stade comi)arable a celui á' Albertogaudrya única (fig. 113). Cette concordance entre ronto- génie et la succession géologique et paléontologique ne laisse plus aucun doute possible sur l'origine de l'aréte et du denticule suran- AMEGHINO: MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 105 gulaire antérieurs, tel que je vieiis de Texposer. Etant uue aré- te surajoutée ;i l'angulaire, et dout elle preiid souvent la place, le nom de « surangulaire » me parait approprié, et sur les figures je la designe avec les lettres sa. Sous la forme primitive de tubercule conique isolé et tres petit, l'élément surangulaire antérieur se rencontre aussi chez plusieurs condylarthres et quelques périssodactyles des plus anciens, tels que Asmithwoodwardia (fig. 62), Ectocion (fig. 83), Hijracotherium (fig. 145), etc. Dans ees formes, l'élément surangulaire antérieur subit un arrét dans son développemeiit, et on n'en voit plus de traces dans les familles qui en descendent, comme les Fnlaeotheri- dae, les Protérotheridae, les Macrauchenidae, etc.; chez les ancétres de ees animaux il a disparu en se fondant dans l'aréte augulaire antérieure. Pour terminer Ténumération des aretes perpendiculaires exter- Fig. 118. PolysUjlops profjrediens Aingli. Molaire supérieure gauche ; a, vue par la faue masticatrice, et h, vue par le cñté externe, grossie cinq diamétres (&-) de la grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie (notostylopéen). nes des molaires supérieures, il me faut ajouter que cliez quelques genres il s'est développé un petit tubercule sur le coin postérieur externe; c"est le «surangulaire postérieur» qui vient á étre l'ana- logue du surangulaire antéiieur, mais dont il n'atteint pi'esque ja- máis le développement, et on l'observe beaucoup jjIus rarement; nous le désignons sur les figures avec les lettres sp. Un exemjjle de la présence de l'aréte surangulaire postérieure nous est offerte par le genre Polysfijlops (fig. 118). La gouttiére qui, sur la face ex- terne, separe l'aréte surangulaire postérieure np de l'angulaire postérieure fl^j, est le « sillou angulaire postérieur externe», et je l'indique sur les figures avec les lettres sij). 106 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. Valeur, variations et relations des aretes perpendiculaires externes. Les sept aretes perpendiculaires externes, angulaire antérieure, angulaire postérieure, médiane, intermédiaire antérieure, intermé- diaire postérieure, surangulaire antérieure et surangulaire posté- rieure dont nous venons de constater la présence sur les molaires des ongulés, ne se trouvent que tres rarement toutes á la fois sur une méme deut. Malgré cela, la connaissance parfaite de ees aretes a beaucoup d"importance pour la distinction de certains groupes de mammiíeres ainsi que pour tracer leur phylogénie. La présence cu l'absence de quelques-unes de ees aretes, leur degré cu leur mode de développement, peuvent servir a distinguer des familles, et parfois méme des ordres. L'aréte surangulaire antérieure parfaite est tout á fait caracté- ristique des Rhinoceridae et des Astrapotherklae (fig. 70 et 71), tandis que le méme élémeut en forme de tubercule distingue les LopModontidne et les Trujono^t ijlopidae (figs. 110, 111 et 112). La présence de ce tubercule, separé du dentículo ae et uni aux denti- ciiles ma et ai pour constituer une créte antérieure, distingue les Coryphodontidae et les separe des Pantolambdidae qui ne possé- dent ni l'aréte ni le tubercule surangulaire. La présence du tu- bercule surangulaire indépendant du denticule ae mais fusionné avec le bourrelet basal antérieur est tout a fait caractéristique des. Tapiridae. Les aretes i\iterméd ¡aires ia et ip sont constantes et toujours ou presque toujours elles sont bien développées chez les ruminants^ mais elles n'ont pas la méme constance chez les autres ongulés, jiouvant méme exister ou non sur des espéces d'un méme genre. Apres les aretes augulaires antérieure et postérieure, les plus fróquentes sont la surangulaire antérieure et la médiane, qu'on a vues se trouver souvent les deux sur une méme dent, quoique le cas plus fróquent est de n'en trouver qu'une seule, soit la média- ne, soit la surangulaire antérieure. Le cas le plus general est que, quand l'aréte m est bien déve- loppée comme dans le cas de Palaeotherium et Proterotherium (íig, t')6 et 67), l'aréte sa manque et les dents sont á couronne courte. Quand au contraire l'aréte sa est bien développée comme dans le cas de Rhinoceros et d' Astrapotherium (fig. 70 et 71), alors l'aréte m manque, et les molaires sont a couronne plus allongée, leur face externe constitue une muraille plus unie et la surface de mastica- tion n'est pas mamellonnée ou tuberculeuse. AMEGHIXO: MORPHOLOGIE PHYLOGKNÉTIQUE. 107 Cependant, le genre Prohyracothermm (fig. 119) présente le cas de molaires snpérieures á couronne tres coarte et tubercnlense, on á cretas, selori l'áge, aveo le tubercule ou arete sa bien développée Oé^ p p^ Fig. 119. Prohyracolherhnn patarjoniciiiii Amíh. Cinquiéme molaire supérieur.! gauche, vue par la face masticatrice, grossie six diamétri.'s {!i^ dunaturel. Cré- tacé supérieur de Patagonie (notostylopéen supérieur). et sans vestiges de Tárete in, tout en présentant la face externe fortement oreusée au milieu. On'trouve une conformation sembla- ble sur le genre Hyracotherium (fig. 120), tandis que les animaux 6 fie -^ yytvCl- ^ Fig. 120. Hijracotheriurii tapirinum Cope. Les trois derniéres molaires supérieu- res du cóté droit, vues par la face masticatrice, grossies deux dianiétres f|) de la grandeur naturelle, d'aprés Wortraan. Eocéne anclen de l'Amérique du Nord (Wahsatch). qu'on lui rapproche (Pachynolophus, Lojjhiofherinm, etc.) présen- tent l'aréte m tres développée. On pn'tend que Hyracotherium des- 108 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. cend de Phenacodm, mais comme ce deniier geure montre l'aréte m bien développée, eette prétendue descendance est impossible. Les rapports sont plus étroits entre Hyracotherium et Euprotogo- nia, tous deux sans vestiges de l'aréte m et avec le deiiticule mp dans la méme position. Souvent, du moinssur une partiedes ongulés anciens de Patago- nie, il arrive qu'il n'y a pas de vestiges de l'aréte /», mais il y a l'aréte surangulaire antérieure sa accompagnée des deux aretes intermé- diaires ia et ip; daiis ce cas, il n'y a que l'aréte intermédiaire posté- rieure ip qui soit bien indiquée et indépendante, l'aréte intermé- diaire antérieure ia se fusionnant alors avec l'aréte angulaire aa comme le montre la molaire supérieure de Pleurostylodon sinuosus (fig. 121). Fig-. 121. Phnrosli/lúdon .ñnuosus Amgh. Molaire supérieure gauche; a, vue par la face masticatrice, et h, vue par le, cote externe, grossie un demi-diamétre (^-) de la graudeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie (notostylopéen). Sur cette molaire, au fond de la dépression médiane de la face externe, complétement á la base de la couronne, on voit un tout petit tubercule qui représente un commencement du tubercule ou arete médiane m. Sur le cóté interne, la grande vallée trans- versale médiane est fermée par une barre longitudinale qui relie les denticules internes ai et j:)?'. Chez Plennjutijlops gleho.ius (fig. 122), on voit une disposition semblable sous une forme plus prinii- tive. L'élément surangulaire antérieur ya présente encoré la forme de tubercule conique isolé; les denticules externes ae et pe conser- veut aussi des vestiges de la forme conique, avec la partie du cóté externe qui correspond aux aretes intermédiaires fortement con- vexe. AMEGHIXO: :\IORPHOLOGIE PHYLOftÉNÉTIQUE. 109 La partie convexe antérieure qui correspond au denticule aiité- rienr externe ae représente les aretes aa et ia qui se sont fondnes enseñable á cause de rapparition de l'élément supplémentaire sur- angulaire. Le développement de ce tuberexile accessoire sa a eu pour résnltat de refouler un peu en arriére Tárete angulaire anté- rieure aa dout il se trouve separé par le creux en forme de coche *7'; plus tard, chez les desceudants, la couronne des molaires devint plus longue et le creux en question prit alors la forme d'un '■^^ aa+¿a -¿j^^p^ Fig. 122. Pleío-yxl/ihps glelosiis Amgh. Cinquiéme iiiülairP supérieure gauclie; a, vue par la face masticatrice, et b, vue par le cóté externe, grossie deux dia- métres (í\ de la graudeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie (notostylo- péen). sillón ou gouttiere perpendiculaire: c'est le sillón antérieur exter- ne tel qu'on le voit sur les molaires de JRhinoceros (fig. 70) et d'^*'- frapotherium (fig. 71). L'aréte angulaire antérieure aa, refoulée en arriére, s'est rapprochée de l'aréte intermédiaire antérieure eta fini par se fusionner avec elle. C'est jiresque la regle genérale que, quand l'aréte surangulairesa est biendéveloppée, l'angulaire aa se présente fusionnée avec l'intermédiaire ia. Souvent il peut étre utile de sigualer cette fusión sur les figures; dans ees cas je l'indi- querai par les lettres aa -|- ia qui correspondent aux deux élé- ments. Le petit tubercule supplémentaire surangulaire postérieur xp, sous sa forme primitive de denticule conique isolé, se trouve aussi separé, par un creux ou coche, de l'aréte angulaire postérieure ap; avec Tallongement de la couronne, ce creux aussi se transforme en gouttiere ou sillón longitudinal, et le denticule xp en ai-éte perpen- dicuhiire. Cette gouttiere est le «sillón angulaire postérieur ex- terne» que je distingue sur les figures avec les lettres sip. Dans ees cas il s'est accompli rine transformation correspondanfc á celia lio MUSEO NACIONAL ÜE BUENOS AIRES. de l'angle antérieur: raréte angulaire postérieure ap, refoulée en avant, s'est fasionnée avec Tárete intermédiaire postérieure ip Fig. 123. OlhnieimarshUí lacvnifera Amgli. Cinquiéme molaire supérieure gau- che; a, vue par la face masticatrice, et b, vue par la face externe, grossie six dia- inétres (&) de la grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie (notosty- lopéen). en constituant une seule créte, fusión qui — étant nécessaire d'étre exprimée— peut étre indiquée sur les figures par les lettres ap + ip. Othnielmarshia laaniifera (fig. 1'23) nous eu ¡présente un bel excmple. Sur la face externe des mo- laires de ce genre, on voit qua- tre fortes crétes perpendicu- laires; l'antérieure so, et la pos- térieure sp, représentant les crétes surangulaires antérieu- re et postérieure. La créte mar- quée aa + ia représente l'an- gulaire antérieure aa fusion- née avec l'intennédiaire antérieure ia, dont la cúspide en v corres- pond au dentículo antérieur externe ae. La créte indiquée par Fig. 124. Adapis iiiagniis Filliol. Molai- re supérieure droito, vue par la face mas- ticatrice, fortement grossie, d'aprés Os- born.Eocéne supérieur de Kniuce. (Plios- jihorites du Quercy). AxVEGHINO: MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQÜE. 1 1 1 ap + ip représente l'angulaire postérieure ap f usionnée avec l'in- termédiaire postérieure ip, dont la cúspide en V correspond au den- ticule postérieur externe pe. L'espace entre ees deux grosses eré- tes intermédiaires est fortement creusé, sans aucun vestige de Tá- rete médiane ?«. On remarquera aussi, sur eette figure, rindépen- dance du bourrrelet basal postérieur („) du denticule jj¿, et ]a persistance d'un petit vestige isolé du denticule median anté- rieur vía. Les molaires supérieures d'Adapis matpms (fig. 124) présentent les mémes caracteres, avec la seule différence qu'elles ont complétement perdu le denticule ma, et Textrémité interne du bourrelet ¡postérieur est f usionnée avec le denticule postérieur in- terne ^pj; ees différences indiquent précisémeut une forme plus spécialisée, d'accord en cela avec sa moindre ancienneté. Oldfieldt/wniaK/a cuneafa (fig. 125) nous en fournit un autre exemple. La couronne des molaires étant devenue un peu plus ■-yyv Fig. 1'25. Oldfielthomasia cunéala Amgh- Cinquiéme molaire supérieure gauche déjá assez usée; a, vue par la face masticatrice, et b, vue par le cóté externe, gros- sie trois diamétres (i) de la grandeur naturelle. Crétacó suijérieur de Patagonie (notostylopéen). longue, les deux coches entre les aretes sa et rt«, et ."p et ap, ont pris une forme plus allongée et les crétes sont devenues plus lon- gues et plus étroites. En outre les quatre crétes que nous avons vues sur les molaires á' Othniel marshia, coexistent ici avec la présence d'une arete médiane m bien développée. Les aretes intermédiaires ¿a, ip, peuvent disparaítre compléte- ment, sans qu'il n'en reste aucune trace sur la face externe, comme dans le cas des molaires de Palaeotherimn (fig. 66) et Protero- 112 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. therium (fig. 67) deja mentionné, mais leur ancieime présence nous est révélée par les deux cúspides en v, «e, i^e. Fig. 12G. ricvroiíli/lorlon dmilis Aingh. Cinquiéme molaire supérieure du cóté gauche; a, vue par la face masticatrice, et b, vue par la face externe, grossie deux diamétres fV de la grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie (notus- tylopéen). Les mol aires de Pleiirostylodon símil is {í\g. 12fi), quoiqíie d'un type tout á fait différent, nous présentent le méme exemple de la disparition des aretes intermédiaires et la persistance des pointes '^€. Fig. 127. Vleurosl ylodon modicm Amgh. Cinquiéme molaire supórieure droite; a, vue par la face masticatrice, et i, vue par la face externe, grossie deux diamétres , -3-j de la grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie ínotostylopéen). en V. La face externe de ees molaires ne présente de bien mar- quées que les deux aretes antérieures angulaire aa et surangulaire m. L'arGte intermédiaire antérieure ia est fusionnée avec TaugMlai- AMEGHINO: MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 118 re antériem-e an, tandis que rintermédiaire postérieure ip n'est re- joi'ésentée que par la cúspide postérieure en v pe. Chez d'autres ongulés, le refoulement de l'aréte angulaire aa et sa fusión avec Tintermédiaire ia, sont accompagnés d"un change- 6 (^i Fiff. 128. Homalodontlieriuní Segoviae Amgb. Les deux dcTiiiéres molaires supó- rieures 6 et 7 du c6té gauche; a, vues par la face masticatrice; b, vues par la face externe, etc, par la face interne, réduites aux trois quarts ("<) de la grandeur natu- relle. Eocéne supérieur de Patagonie (santacruzéen). ment dans la direction de Tiiitermédiaire ip; cette arete abandonne sa position nórmale vertieale de maniere a traverser obliquement la face externe de haut en bas et d'arriere en avant; la cúspide en V pe correspondante se trouve également déplacée de sa posi- Anal. Mus. Nac. Bs. As., Skkie 3", t. iii. Feiikkro 4, l'J04. 8 114 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. tion primitive et rajoportée plns en avant. Un exemple de cette conforination est celui de Pleiirostijlodon modicus (fig. 127). La simplification peut aller encoré beaucoup plus loin, méme jusqu'á effacer l'aréte surangulaire .srt et les pointes en v ae,pe. La face externe est alors v;nie ou presque unie, et la surface de mastication, tres simple, ne montre que la grande vallée média- ne transversale interne, réduite en grandeur et sans plis secondai- res. Nous avons un exemple de ce genre dans les molaires supérieu- res á'Homalodontlierium Segoviae représentées par la figure 128. Dans ce cas, les deux pointes en v sont remplacées par deux crétes qui partent des ¡loints correspondant aux pointes en v en ques- tion et traversent obliquement la couronne sur sa face masticatrice, se dirigeant en avant et en arriére. Je nomme ees deux crétes «cré- tes coronales», et elles sont bien visibles sur la molaire 6. Celle qui est en avant est la «créte corónale antérieure» et je la distingue par le signe x; celle qui est en arriére est la « créte corónale posté- rieure » ot je la distingue par le signe x). II ]jeut se présenter aussi, quoique tres rarement, le cas d'une créte corónale sur la partie angulaire antérieure en avant de la jDointe en v ae; cet- te créte correspond á la pointe de l'aréte angulaire antérieure aa; je la distinguerai sous le nom d' « arete corónale angu- laire » et sur les figures ¡Dar le signe (x. Sur la face mastica- trice déla couronne des molai- res de Homalodcmtherium ci- dessus figurées (fig. 128), la vallée transversale médiane interne de forme tres simple reste encoré visible, étant en outre séparée de la face inter- ne par une barre longitudina- le tres étroite. Vue par la face interne, les deux lobes se montrent fusionnés, mais la j^artie corres- pondant au lobe antérieur interne est beaucoup plus grande, plus longue et en forme de pyramide tronquee (fig. 128 c). Sur la derniére molaire, la fusión est plus comjjléte, le lobe postérieur j;¿ n'ayant pa&'laissé de vestiges, méme sur la face masticatrice, mais Fig. 129. Prohegelollicriinn sculptum Amgh. Cinquiéme molaire supérieure gauche; o, vue par la face masticatrice, et b, vue j^ar le cóté externe, grossie deux diamótres (í\ de la grandeur naturelle. Crétacé le plus supéi'ieur de Patagonie (pyrotlu'Téeii). AMEGHINO: MORPHOLOGIE PHYLOGKNÉTIQUE. 115 on voit en arriére un tout ¡letit vestige dii denticule median pos- tériciir mp en forme de colonuette isolée. Daus le cas des molaires liypsodontes, prismatiqi;es et á base ou- verte, la simplification peut aller encoré bien plus loin, comme on peut s"en assnrer par ¡"examen de la figure 12'J qui représente une molaire supérieure de ProJiegetotherimn sculptum. Ici, sur la face externe, toutes les crétes sont effacées, moins la surangulaire antérieure qui est cependant peu prononcée; sur la sur- face masticatrice, on ne voit ni denticules, ni creux, ni aucun pli entrant de Témail. Sur le bord de la muraille externe, on voit les deux pointes en v tres saillantes, tandis que sur la surface masti- catrice on voit les deux crétes coronales obliques transversales éga- lement tres prononeées et qui aboutisseut aux deux pointes en v. Ces pointes en v et les crétes coronales x et x) correspondantes de la face masticatrice servent aussi á indiquer l'emplacement et <«e Fig. 130. Aslrapotheriiim l-araikense Amgh. Cinquiénie molaire supérieure gau. che, vue par la face masticatrice, 'de grandeur naturelle. Eocéne supérieur de Patagonie (notohipidéen). la coexistance des aretes aa et in dans les cas, d'ailleurs tres rares, oú ces deux aretes ne sont pas complétement fusionnées. L'Astra- pothei'ium Holmbergi (fig. 71-llG) nous présente un de ces cas, assez rares, oül'on voit la pointeen v «e et la créte corónale obli- que X corresj)ondante de la surface masticatrice, tout á fait á cótó de la créte angulaire antérieure aa. 116 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. Un cas encoré bien plus rare est celni de V A^trcqjotherium ka- rail-en.se (fig. 130), des conches á NotoMppus, qui montre la creta oblique x antérienre et la pointe en v ae correspondante, non seu- lement indépendantes de l'aréte angulaire antérienre aa mais en plus la pointe en v est tres éloignée de l'aréte sus-mentionnée et a peu prés dans sa position nórmale primitive. Cette molaire m'offre l'occasion de présenter nne preuve evi- dente et irrefutable que l'aréte m de Falaeotherhim (fig. 66) et de Proterotherium (fig. 67), que l'on appelle le mésostyle, ne peut íZí? Fig. 131. Frotismodcna arinalus Amgh. Molaire supérieure de remplacement du c6té gauche, encoré peu usée; a, vue par la face masticatrice ; b, jmr la face ex- terne; c, par le cóté antérieur, et d, par le cóté interne, grossie un demi-diamétre (4) de la grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie (astraponotéen). pas étre l'homologue de l'aréte aa d'Astrapotheritim (fig. 71) et de Bhinocero.i á laquelle on donne á tort le méme nom. L'aréte mé- diane m de Falaeofhei-ium et Proterotherium se trouve au milieu de la molaire, entre les denx lobes, c'est-íi-dire en arriére de la cus- pide antérienre en v ae, en arriére du denticnle antérieur externe AMEGHINO: MORPHOLOGIE PHYLOGÉXÉTIQUE. 117 ae, en arriere de la créte intermédiaire antérieure ia, quand elle existe, et en arriére du lobe antérieur de la dent. L'aréte aa, de Rhi- noceros et á' Astrapotlierinm, qu'on prétend étre l'homologue de la precedente, se trouve, comme le montre tres bien la molaire de r Astrapotherium Icaraíkense (fig. 130), non au milieur sinon en avant de la molaire, en avant de la pointe antérieure en v ae, en avant de la créte intermédiaire antérieure ia quand elle existe, en avant du lobe antérieur. II est done absolument certain qu'il s'agit de deux éléments distincts. En outre, il y a des cas assez fréquents oíi Télément surangulaire antérieur sa est de grosseur considerable, mais qui n'arrive qu'á la moitié de la hauteur de la couronne, et celle-ci conserve alors Tá- rete angulaire antérieure aa bien développée. Je présente comme exemple celui des molaires de Proasmodetis armatus (fig. 1.31). Quand ees dents sout encoré peu usées, en lesregardant par la face externe (fig. 131 h), elles montreut l'aréte surangulaire aa par- faite et séparée de l'aréte ¿a par un sillón angulaire externe si pro- f ond, quoiqu'elle n'arrive qu'á la moitié á peu prés de la longueur de la couronne; sur l'autre moitié on voit la grande arete intermédiai- re antérieure ia dans sa position primitive, mais l'angle ou coin an- térieur de la molaire s'est déjá tourné un peu en dedans de maniere á n'étre plus visible sur la face externe. En regardant la molaire par la face masticatrice (fig. 131 a), on voit la pointe interne aa de l'aréte angulaire antérieure uuie par une créte á la pointe de l'aréte ia mais complétement séparée de la cúspide de l'aréte surangulaire sa. La méme molaire, vue par devant (fig. 131 c), montre tres bien la for- me de l'élément surangulaire sa qui apparáit comme un tubercule conique surajouté et dont le sommet est encoré bien éloigné de la jDointe de l'aréte angulaire aa. Mais ees mémes molaires usées jusqu'au niveau du sommet de l'élément sa ne présentent plus au- cun vestige de l'aréte angulaire aa; la partie antérieure de la face externe de la molaire ne montre alors que les deux aretes sa et ia séparées jjar le sillón angulaire antérieur externe si avec leurs sommets k la méme hauteur. Je terminerai ce chajiitre ¡Dar un exemple démonstratif de la va- leur de l'élément surangulaire sa pour la détermination et le clas- sement des genres fossiles. II y a liien des anuées que, sous le nom de Aiifaodon cinctus, j'ai décrit et figuré une molaire supérieure d'un genre éteint que j'ai place dans la famille des tapiridés, et pendant ce grand laps de temps personne n'a émis aucun doute sur ce rapprocliement. Main- 118 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. tenant, en examinant de nonveau le type dont je donne la figure {ñ^. 132), je vois que cette molaire, tout en possédant un tres Fig. in2. Anlaodon cinctus Amsh. UoUire snpérieure gauche; a, vue par la face masücatrice, et i, vue par le cóté externe, grossie deux diamétres (f) de la gran- deur uaturelle. Pampeen inférieur de la ville de Buenos Aires (ensénadéen). fort bourrelet basal antérieur, ne présente pas le moindre vestige de rélóment surangulaire m si développé sur les molaires dn genre Tajñrus (fig. 133). Comme la présence de cet élémeiit sa peut se constater sur tous les tapiridés connus aussi bien a l'état fossile Fig. 133. Tapirus americaniis Bris. Cinquiéme molaire supérieure gauche; «, vue par la face masticatrice, et h, vue par la cóté externe, grossie un demi-diamétre rj) déla grandeur naturelle. Epoque actuelle. Collection du Musée National de Buenos Aires. que vivants, j'en tire la conséquence que V Antaodon n'est pas de ce groupe. Chez les tapíridos, rélément surangulaire sa est tres fort et complétement separé dii denticule ae, mais par contra il est uni íi un tres fort bourrelet antérieur (,) avec lequel il forme une forte ajieCtHINo: morphologie phylogéxétique. 119 créte transvei-sale complétemeut séparée d'un bout á Tautre de la créte antérieure coustituée par les trois deiiticules du lobe anté- rieur. Cette premiére difiérenos fondamentale constatée, on en dé- eoiivre aprés bien d'autres. Chez Antaodon, la vallée transversale médiane est ouverte anx deux bouts, tandis que chez les tapiridés elle est ferinée sur le cóté externe. Chez Antaodon les deux crétes transversales sont parfaites et complétement séparées aussi bien sur le cóté interne que sur l'externe; chez les tapiridés les deux are- tes sont uuies sur le cóté externe par une barre longitudinale un pen plus basse qui est constituée en partie par un denticule me- dian tres bas, visible seulement sur le cóté interne de la bari-e. Sur les molaires d' Antaodon, on ne voit aucun vestige de vallées en- croissant [) et (] si bien marquées sur les molaires des tapiridés, etc. Tout les caracteres qui séparent Antaodon de Tapirus, le rappro- chent d'une maniere tres singuliére de Listviodon, dont il n'est pas peut-étre génériquement distinct. III. Denticules siipplóinentaires périphóriques des trois faces antéi'ieure, postérieui'e et interne. Généralités. Par les figures et les descriptions qui précédent, on aura vii qu'aux six denticules primitifs, qui sont les ph;s anciens, les plus constants, et ceux qui déterminent la forme des molaires, il s'en ajoute d'autres qui ont apparu postérieuremeut; dans les molaires de quelques genres, ees denticules supplémentaires ont pris un dé- velopj^ement si considerable qu'ils ont fini par modifier la forme de quelques dents. Je viens d'examiner ceux qui se trouvent sur la faca externe, qui ont commencé sous la forme de petits denticules coniques et qui, en se dévelopjDant, ont donné origine aux deux aretes surangulaires antérieure .sa et postérieure S2) et á l'aréte médiane m. II y a encoré d'autres denticules supplémentaires qui se déve- loppent sur les trois autres faces, antérieure, postérieure et inter- ne, mais qui ont rarement modifié la forme des molaires d'une 120 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. maniere aussi jDrononcée que ceux de la face externe. Pourtant, parmi ees denticules supplémentaires, il y en a trois qui se présen- tent assez souvent et qui parfois donnent aux molaires une forme bien caractéristiqne. Ces trois denticules se trouvent places, un sur chacune des trois faces, autérieure, postérieure et interne, et je les designe avec les noms de supplémentaire median antérieur, sup- plémentaire median postérieur et interlobulaire median interne. Denticule supplémentaire median antérieur. Ce denticule, que j'indique sur les figures avec la lettre e, se trouve place vers le milieu du bord antérieur de la face autérieure, Fig. 131. Enpi-oloiiunia Iriyonalis Amgh. Sixiéme niolaire supérieure gauche; a, v'ue par la face masticatrice, et i, vue par la face externe, grossie quatre diamé- tres (^j de la grandeur naturelle.Crétacé supérieur de Patagonie (notostylopéen supérieur). pouvant ap)paraitre á la base de la couronne ou n'étre visible qu'au sommet. II tire son origine du bourrelet basal et on n'en voit pas pe ae Fig. 135. Euprotoyonia patagónica Amgh. Sixiéme molaire supérieure droite; o, vue par la face masticatrice, et 5, vue par la face externe, grossie trois diamétres lí) de la grandeur naturelle. Crétacé suiiéricur de Palagonie (notostylopéen supé- rieur). AMEGHIXO: MORPHOLOGIE PHTLOGÉNÉTIQUE. 121 de vestiges cliez lea genres qui, comme les protongulés (Carolo- ameghinia), soiit dépourvus de ce bourrelet. On n'en voit pas non plus de traces ni cliez Euprotogonia trigonalis (fig. 13-1), ui diez Euprotogouia patagónica (fig. 135), quoique cette derniére espéce Fig. \?ft. Enneoconus parviilena Am,2;h. Molaire sapérieure di-oite: o, vue par la face masticatrice, et 6, vue par la face externe, grossie quatre diamétres (i) de la grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagouie (notostylopéen inférieur). posséde déjá un petit bourrelet basal. Chez Lonchoconus, on obser- ve que le petit bourrelet antérieur (,) s'épaissit au milieu en don- nant origine á un petit tubercule bas et aplati (fig. Ide). Ce méme atl^- ^fn- Fig. 137. Didolodus craasicuspis Amgh. Cinquiéme molaire supérieure gauche, vue par la face masticatrice, grossie trois diamétres l'l\ de la graudeur natu- relle. Crétacé supérieur de Patagonie (notostylopéen). tubercule e et dans la méme position, présente chez Enneoconus, une forme conique (fig. 136). On le voitaussi sur les molaires de Di- 122 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIEES. dolodus multkuspis (fig. 80) quoique sous une forme phis aplatie tont en étant plus large, surtout en relation du bonrrelet basal antérieiir (,) qui est peu développé. Cliez Didolodus crassicuspis, le bonrrelet basal est au contraire beaucoup plus fort, et le denticule e est proportionnellement plus large, mais il conserve toujours sa forme basse et aplatie (fig. 137). L'épaississement du bourrelet an- térieur (,) est tout á fait exceptionnel dans le genre Lambdaconus, donnant origine k un tubercule supplémentaire median antérieur (e) également tres large et excessivement bas (fig. 138), a surface píate et d'égale hauteur que le bourrelet. D'ailleurs, les molaires de ce genre se distinguelit précisément parce qu'elles présentent tous les denticules sous la forme de tubercules tres gros, bas, aplatis et separes par des sillons peu profonds. 'Tn^ O nw(¿ Fig. 138. Lanibílaconiis mamnin Amgh. Clnquiéme molaire supérieiire du cóté droit, vue par la face raastioatrice, grossie trois diamétres (^j de la grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie (notostylopéen supérieur). Cet ólément supplémentaire e, en devenant encoré plus grand que dans les formes precedentes, perd sa position primitive jDOur se rapprocher graduellement de la face interne, donnant alors aux molaires une forme assez différente et tout á fait caractéristique. Ce changement eommence á se prononcer sur les molaires de LophoJ a mbda profunda (fig. 139); on voit le bourrelet antérieur (,) á surface píate s'élargir graduellement vers le cote interne jusqu'á terminar brusquement dans une saillie arrondie e séparóe des denti- cules ma et ai par nn sillón assez profond. Chez Argy rol ambda, le AMEGHINO: MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 123 denticnle snpplémentaire e occupe á peii ele différence prés la méine position que sur les molaires de l'espece precedente, mais il a^ aOy Fig. 139. Lopholamhda profunda Amgh. Molaire supérieure droite ; a, vue par la face masticatrice, et b, vue pai- le cote externe, grossie quatre diamétres fí) de la grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie (notostylopéen). est beaucoup plus haut sans étre plus gros et termine en pointe conique (fig. 140). Cette molaire est en ontre remarqnable par 'Tyv o Fig, 140. Ai-ijiirolaiiihda comdifera Amgh. Molaire supérieure droite, vue par la face masticatrice, grossie trois diamétres ( |- j de la grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie (no- tostylopéen). ^ ^ Fig. 141. Hii'ardol ydckkeria praerupta Amgh. Molaire supérieure droite, vue par la face masticatrice, grossie qua- tre diamétres (í\ de la grandeur na- turelle. Crétacé supérieur de Patago- nie (notostylopéen). son contour sub-circnlaire et le graiid développement du denti- cule median externe m. 124 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. Daiis le geiire Ricardolydehkeria, ]e denticule en questiou se trouve rapporté encoré plus en dedans et separé aussi du lobe ai -\- ma par un sillón assez profond ; cefcte séparation et le grand développement du tubercule e (fig. 141 ), donnet á celui-ci l'ap- parence d"un lobe interne. Ce développement du tubercule e est accompagné d'nue diminution du denticule ^J¿ et du lobe corres- pondant, qui n'est pas plus grand que celui constitué par le tuber- cule «. Ici la forme primitiveest tellement changée qu'en regardant la molaire par la face interne, elle se présente comme constituée par trois lobes, un median ai tres grand, et deux latéraux, pi et e beaucoup plus petits. Sur les molaires de Joaeplioleidya adunca, le denticule e est de- venu encoré plus gros, constituant un lobo interne antérieur liien ijlus grand que le postérienr ^ji (fig. 142) lequel, tout en conser- 'TrL 'H- Fig. 142. Josepholeidya adunca Amgh. Molaire supérieure gauche, vue par la face masticatrice, grossie quatre dia- mótres (í^ de la grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie (uo- tostylopéen). Fig. 14;i. Heteroijlijplús Devoletzki/i Eoth. Molaire supérieure gauche, vue par la face masticatrice, grossie trois diamétres 'S-\ de la grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie. Collec- tiou du Musée de La Plata. vant la forme conique primitive, est devenu tres petit. Du reste, cette molaire difiere beaucoup de la precedente, non seulement á cause de son contour beaucoup plus rectangulaire, mais aussi parce que les deux donticules médians nm et inp se conservent indépen- dants du grand denticule interne ai. Dans cette voie d'évolution, la modification la plus profonde est cello que nous présente le genre Heteroglyphis. Sur les molaires de AMEGHIXO: -MORPHOLOGIE PHYLOGENETIQUE. 125 /yy!^ «£. acc ce geure ifig. 1-13), le développemeut du deutienle supplémentaire e est si considerable qu"il a déplacé de sa position primitiTS le denticule ai dont il a pris la place. Le sillón u qui separe Je den- ticule e simule la grande vallée transversale médiane interne t des molaires normales. Le denticide pi, refoulé en arriére par le déplacement du denticu- le o/, a disparu comme élément indépendant eii se fondant avec le bourrelet postérieur, tandis que la grande vallée transversale médiane x se trou- ve tout á fait en deliors de la couroune comme un simple sil- „. -»i<^ Ion qui separe le denticule ai Amgh. du bourrelet postérieur. 141. Vidorlemointia emnrginata Cinciuiéme molaire supérieure droite, vue par la face masticatricf, -r^ , 1 11 grossie deux dianiéti-es ¡í) de la graii- Dans tous les exemples de ^ . „ r. -^ . ■^'- ■ i t> J^ deur naturelle. Cretacé supeneur de Pa- molaires qui Ont le denticule tagonie (notostylopéen). sujjplémentaire e, le grand dé- veloppemeut de ce tubercnle a été suivi d'un développement sem- blable du denticule ai et d'une diminution correspondaute du den- ticule pi, de sorte que le grand développement du lobe median ai et l'atrophie du pi a donné au cóté interne des molaires un aspect plus étroit, et a la couronne un contour plus triangulaire. Les molaires de Yidorhmoineia emargi'nata (fig. 144) représentent un des rares exemples de molaires avec le denticule supplémen- taire e assez grand pour donner á la couronne une conformation tres caractéristique, tout en conservant sur le cote interne la conformation nórmale en deux lobes ai, pi presque égaux. Denticule supplémentaire median postérieur. Ce denticule est indiqué sur les figures avec les lettres ee; il est place vers le milieu du bord de la face postérieure, pouvant aussi comme le précédent apparaitre sur la base de la couronne ou n étre visible qu'au sommet. II a la méme origine que le supplémentaire median antérieur, mais il n'est pas si fréqueut et il n'atteint que rarement le dévelop- pement considerable que présente souvent ce deniier. Les ongulés les plus primitifs comme Caroloameglúnia (fig. 108), 126 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. Enprotogonia (fig. 75, 76 et 77), Lonchoconus (fig. 79), ou Asmith- woodwardia (fig. 109), ne préseiitent pas de traces du denticule ee, quoique certains de ees genres, le deniier par exemple, pos- sédaieut déjá un bourrelet ba- sal postérieur bien développé. Les premiers vestiges se voient sous la forme d'un simple élar- gissement de la partie mediana du bourrelet postérieur com- me nous en offre un exemple le genre européen Hyracothe- rium (fig. 145). Chez Decaconiis (fig. 146), on voit cet élargissement du bour- davautage vers Fig.' L4b. Hyrarothcriinn lepommm Ow. Sixiéme molaire supérieure gauche, vue par la face masticatrice, grossie deux diamétres ií'\ de la grandeur naturelle. Eocéne inférieur d'Angleterre. Figure reproduite d'aprés Zittel. relet avancer l'intérieur de la eouronue et prendre la forme d'un tuber- cule indépendant, qui devient, ehez Enveocomis (fig. 136), en- coré plus grand et prend une forme couique tres prononcée. Chez Fig. l*i(>. Decacottii'i intricnitia Amgh. Cinquiéme molaire supé- rieure droite, vue par la face mas- ticatrice, grossie trois diamétres (-3-) de la grandeur naturelle. Cré- tacé supérieur de Patagonie (as- traponotéen). Fig. 147. Anchitheriiim aiirelia- nense (Cuv.). Molaire supérieure gauche, vue i^ar la face mastica- trice, de grandeur naturelle. Mio- céne supérieur de Trance. Figure reproduite d'aprés Gaudry. Anchitlterium le denticule supplémentaire ec constitue un gros tu- bercule de forme ajDlatie et placó plus avant du bord postérieur AMEGHIXO: MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQrE. 127 de la dent, en rapport avec le graud crenx postérieiir qui resulte de la direetion de la créte postérieure doiit la partie externe cor- respondant au dentieule niji traverse la conronne en ligne tres obliqne en se dirigeant vers la partie antérienre (fig. 147). Les nio- Fig. 148. Ehinoceros anliqíiila/is Blumb. Sixiéine molaire supérieure gauche: a' vTie par la face masticatrice, et 6, vue par la face externe, aux deux tiers (-/a) de la grandeur naturelle. Quaternaire d'Europe. Collectioii du Musée National de Buenos Aires. laires de Fhinoceros antiqíiitatis, quand ellesnesont pastrop usées, montrent anssi nne fossette périphérique postérienre (o,) tres gran- de, allongée d'avant en arriera, et tres largement onverte sur la par- tie postérieure (fig. 148) qui est limitée par nne créte étroite et qui as- Fig. 149. Rutimeijeria conulifera Amgh. Molaire supérieure droite; o, vue par la face masticatrice, et h, vue par ]a face postérieure, grossie huit diamétres (|.j de la grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie ( notostylopéeu ). 1^ MUSEO XACIOSAL DE BUEXOS AIEES. n'est antre chose qae le bonrrelet transversal postérienr („)- Au miliea de eeíte créte et toat a fait snar le bord postérienr, on Toit le . - orme d*^ ' ' "e. qui s'élargit gra- :^ _;._. ^ :. ireáeiz ar fermer compléte- mení en arriére l'onTertTire de la f osse périphéiiqne postérieiire (oj. Cbez E'.itimeyeria comdifera. le bourrekt postérienr et le denti- — "r " — c:re ee présentent des rapports complétemeiit dif- : Les molaires de ce gecre OBt un bonrrelet trans- versal pa^téñear qni ra dn cófcé exteme josqn'á Irnteme. Le bout ; " ' ' endant dn denticnle postérienr -ci. et il se releve en forme de ínbercnle coniqne: ce eóne représente le denticnle ee qni s'est dé- placé de sa posítion primitÍTe vers le cóíé interne. Denticnle snpplémentaire interlobnlaire interne. Celni-ci se développe vera le milien de la face interne, á la base ronne.^ -:í face déla vallée médiane transver- - , rne, et L • -ur les figures avec la lettre i. Dans les molaires des ongnlés- ce denticnle jone un role tres important, car il atteÍDt Eonreiit nn tres grand déreloppement en jjroduisant rr ' -' -i-'í-^- '^-^^'^let dans la forme de ees organes, II a apparu ; les gronpes tres éloignés, et sonvent de tres bonne ñenre. li n est pas en rapport génétiqne inmédíat avec le bourrele- ' jr on le tronve snr des molaires qui n'ont pas de Vr _ relet; on le tronve anssi á la base de la couronne, en dedans de Tespace enclos par le bonrrelet, et en sui- r devele - le bonrrelet et le tnbercule penvent se .... :í;eEEe :u^.. ..-„..„t ensemble. On le voit apparaitre sos les molaires de Euprotogonia patagónica (fíg. 135) sons la forme d'nne petite colonnette placee en face de Teutrée de la vallée médíane transversale interne c qnoique ees organes présentent á peine de vestiges dn bonrrelet basal de la face interne. On le voít ausei un peu plus gr os et en forme de tuber- íur les molaires de Ennerjconu* parridenn {fig. 134) c - avec nu bonrrelet basal bien prononcé qui s'est déve- loppé aprés et indépendamment da denticnle interlobnlaire qui est resté enclos entre le boorrclet et la base des deuz denticales internes ai, pí. AMEGHINO: MOKPHOLOGIE rUYLOGÉNÉTIQUE. 120 Le denticnle / apparait indépendamment et sons une forme toiit á fait rudimentaire sur les molaires de Didolochis inulficuspis (fig. 150), préeédant ici aussi l'apparition di; boi^rrelet basal in- terne; dans la ligne qui part de cette espéce on peut suivre le dóve- ae S^^n /, Fig. 150. Didolodus muUicnspis Amgh. Cinquiéme et sixiéme molaires supé- rieures gauches, vues par la face masticatrice, grossies quatre diamétres (41 de la grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagunie (notostylopéen). loppement gradual de ce denticnle jusqu'á l'apparition dubourrelet interne et la fusión de ees deux éléments. Sur les molaires de Didolodus crassicuspis (fig. 137) qui estun peu plus récent, le den- ticule i a la forme d'un tubérculo conique pointu et il atteint un dé- veloppement si considerable qu'il est devenu presque aussi gros que Fig. l.'il. Periacrorlon Janciformis Roth (Amgh). Septiéme molaire supérieure gauche, vue par la face masticatrice, grossie trois diamétres (^] de la grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie. probablement de la base de l'astrapo- notéen. Collection du Mu.sée de La Plata. Anal. Mus. Nac. Bs. As., .Skrif, 3', t. iii. Febrero 9, 1904. 9 130 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. ovul. les denticules médians /jía, w^';' ^® ^ourrelet basal interne n'a ¡jas encoré apparii. Dans un autre genre ¡jrovenant de conches encoré im peu plus recentes iprobablenient de la base de l'astrapono- téen), le Periacrodon (fig. 151), qui ii'est qu'un successeur de Dido- lodus crassicu.spis, les molaii'es sont devenues plus grosses et le bourrelet basal a pris sur jjresque tout le coutour de la couroune un développement considerable. Le bout interne du bourrelet ba- sal antórieur (,) a tourné sur le coin antéiúeur interne jus- qu'á atteindre le denticule in- terlobulaire avec lequelil s'est fusionné. Le bourrelet posté- rieur (,,) est également gros et tres haut, et aussi bien ce- hü-ci comme l'antérieur (,) et l'interne (©) présentent leur bord libre subdivisé en une quantité de petits tubercules /^. „ ,.,„ coninues, constituant une es- JfWÍ'iy^\yW^0m ÁW^ péce d'encemte qui renferme ffifí ¡I ' '> "'I l'lii'i 11 v\v\™ • .... '''"'''■ -'i'íii:";i'iii:"MUiiHiiiíi les denticules primitifs et don- nent á la couronne un aspect tres caractéristique. C'est da7as le genre Carolo- ameghinia que le denticule in- terlobulaire interne i atteint sou plusgrand développement: il üccupe sous la forme d'uu gros tubercule conique toute la partie interne de la dent, étant á peu prés deux fois plus gros que chacun des deux denticules ex- ternes. Ici, le dévelopjjement de ce denticule n'a absolument aucun rajjport avec le bourrelet basal, car ce n'est que sur la face antérieu- re qu'il y a de tres légéres traces de ce bourrelet, du moins cliez C. tentiae (fig. 152). Chez Caroloameghinia mater, espéce beaucoup plus grande et assee différente de la precedente (fig. 163), le bour- relet basal antérieur (,) est un peu plus prononcó et il origine la formation d'un commeiicement de denticule supplémentaire suran- gulaire antérieur (ga)^ denticule qui manque dans Tautre espéce '. Fig. 152. Caroloameghinia tenuae Amgb. Cinquiéme inolaire supérieure gauche; a, vue par la face masticatrice, et i, vue par la face externe, grossie quinze dia- métres (y) "^e la grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie (notos- tylopéen, partie básale). I La différence entre ees deux espéces est en réalité trop considúrable et Ton sera peut- étre obligó de scinder le genre en deux distincts. AMECtHINO: MORPHOLOCtIE phylogénétique. 131 Ce bourrelet, sur cette dent, ne présente aiicuii contaet aveo le den- ticule interlobulaire interne ¿, qui cependant constitue l'éléuient le plus grand et le plus a]3parent de toute la luolaire. Cette haute Fig. 153. Caroloaineijhinia maler Amgh. Ciiiquiéme molaii'e supérieure gauche; «, vue par la face masticatrice, et h, vue par la face externe, grossie six diamétres (S.\ de la grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie (notostylopéeii, partie básale). spécialisation dans itue forme si ancieune et sous tous les autres rapports si primitive, est tout á f ait remarquable. Les molaires du genre Eidamhda présentent une autre confor- mation exceptionelle sous une forme diff érente quoiqueaussi anor- Fig. 154. EulamM.a deciilca Amgh. Cinquiéme molaire supérieure gauche; 6, vue parla face masticatrice, et if, vue par la face externe, grossie six diamétres (|-) de la grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie (notostylopéeu). male (fig. 154). Nous y voyons les denticulessupplémentaires mé- dians e et ee d'unegrosseurexceptiounelle, surtout l'antérieur e. Le 132 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. denticule aiitérieur interne ai est beaueonp plus gros que d'habitu- de, et le postérieur interne pi est relativement plus petit. Sur le cótó interne de ce grand denticule ai et tout á fait á la base, on voitun gros tubercule supplémentaire á sommet conique et a base élargie d'avant en arriere. Par sa position sur le cote interne de la dent, ce denticule supplémentaire parait représenter l'interlobu- laire interne i, mais au lieu d'étre place en face de l'entrée de la vallée transversale médiane interne (v), il se trouve beaucoup plus en avant et saus rapports avec ladite vallée. En outre du grand développement des trois denticules supplémentaires sus-mention- nés, on remarque aussi sur cette dent le grand développement des crétes supplémentaires externes, surtout de la médiane m et la sur- Fig. 155. Heptaconui obcallatus Amgh. Cinquiéme molaire supérieu- re gauche, vue par la face masticatri- ce, grossie deux diamétres (i\ de la grandeiir naturelle. Eocéne moyen de Patagonle (astrapothériculéen). Fig. 15G. Jleptaconiis acer Amgh. Cinquiéme molaire supérieure gau- che, vue par la face masticatrice, grossie deux diamétres í^] de la grau- deur naturelle. Eocéne supérieur de Patagonie (santacruzéen). angulaire antérieure sa. Ceci est d'autant plus remarquable qu'il s'agit d'une molaire á couronne excessivement basse et sous ce rapporttrés primitive. Le développement d'un tubercule interlobulaire interne que nous venons de constater sur beaucoup de genres tres anciens, a eu lieu aussi sur des genres d'époque plus récente, par exemple chez quel- ques protérothéridós tertiaires. Comme regle genérale, les repré- sentants de cette famille sont dépourvus de tout vestige du denti- cule en ([uestion, et il n'existe sur aucune des espéces du genre Proterothertiini, á une seule exce^^tion prés peut-étre. Dans l'étage astrapothériculéen, qui représente le patagonien supérieur, á cóté AMEGHINO: MOEPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQrE. 133 de Proterotherinm prosistens dépourvu, comme en est la réo-le, de denticule interlobulaire, il y a un autre animal excessivement res- semblant auqnel jai donné le nom d'Heptaconiix ohcallatus (fig. 155) parce que ses molaires supérieures présententun denticule supplé- menfcaire interlobulaire bien prononcó, indiquant le commencement de la formation d'un nouveau genre. En effet, dan son successeur du santacruzéen, V Heptaconus acer (fig. 156), le denticule interlo- bulaire / prend un si grand développeme qu'il donne aux molaires une forme bien différente de celle que présente le genre Pro- terotherium (fig. 157). En se développant, ce denticule supplé- mentaire a déplacé de sa position p)rimitive le denticule postérieur interne jí/, occupant sa place et le refoulant plus sur le cote exter- ne; en méme temps il abarré l'entrée unique de la vallée trans- versale (v) qui de eette facón se divise en deux branches internes. Fig. 157. Proterotherinm caciim Amgh. Cinc|uiéme molaii'e supérieure droite; a, vue par la face mastioatrice ; et 6, vue par la face externe, grossie deux diamétres ;i) de la grandeur naturelle Eocéne supérieur de Patagonie (santacru- zéen ). Avec l'usure, le cóne isolé, formé par le sommet du denticule inter- lobulaire i, s'unit á la couronne en constituan't d'abord une íle et aprés une presqu'ile absolument comme dans les molaires du gen- re Hipparion (fig. 165) ou Stereohippus (fig. 16). Chez les animaux dont les molaires ont les couronnes á, fút al- longé, le denticule interlobiilaire i commence a se former sur la base de la couronne sous la forme d'un petit tubérculo qui, en de- venant plus long, prend la forme d'une colonnette qui se trouve tres bien indiquée sur les molaires de ¡Dlusieurs cervidés, de quelques 134 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. tylopodés et aussi déla presque totalité des bovidés. 'Le Bosel aphns (fig. 158) présente la colonnette dans ce stade de dévelopipement. a, vue par le cóté interne, de grandeur naturelle. Pam- peen de Buenos Aires. laires est proportionnellement beaucoup plus courte, et sur le cote interne de la base, il y a deux racines bien sóparées. Les molaires AMEGHINO: MOEPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 135 stipérieures de ce genre sont en ontre tres remarquables par la persistance des deux bourrelets antérieur (,) et postérieur (,,); ees bonrrelets partent de la base et, sous la forme de lames d'émail Fig. IfiO. Bonlaurns L. Cinquiéme molaire supérieure gauche, montrant le tu- bercule supplémentaire interlobulaire i transformé en une presqu'ile saillante de la face masticatrice; a, vue par la face masticatrice; b, par le cóté interne, et c, par l'exteme, de grandeur naturelle. Epoque actuelle. accolées aux faces antérieure et postcrieure, descendent jnsqu'á la face masticatrice de la couronne, constituant deux talons tres étroits et allongés trausversalement. En s'allongeant davantage la colonnette finit par atteindre la hauteur de la face masticatri- ce; alors, le sommet de la co- lonnette se fusionne avec la surface masticatrice, et ou avant il y avait nn sillón en- trant correspondant k l'ouver- tiire de la vallée transversa- le (v), il y a au contraire un pli saillanten forme de presqu'ile, comme on peut le voir dans sa forme la plus caractéristique sur les molaires du boenf do- mestique (fig. 160). C'est aussi absolument la méme histoire du développement de la colonne interne antérieure des molaires des chevaux, dont la véritable origine est méconnue, Fig. Ifil. PalriarrhippuH ann^cfens Amgh. Molaire.s supérieures gauches 5 et 6, vues par la face masticatrice, gros- sies quatre diamétres (|) de la grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patago- nie (notostylopéen). 136 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. puisqu'ou la considere comme représentant le lobe antérieur interne ai, tandis qu'en i-éalité elle correspond au méme tubérculo supplé- mentaire interlobulaire i que nous avons vu sur les molaires du bojuf, de VJíeptacomis, etc. Dans la ligue phylogénétique des Fig. 162. Inlerhippus dcflf-xas Amgh. Ciuquiéme molaire supérieure droite; a, vue parla face masticatrice, et 6, vue par le cote interne, de grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie (astraponotéen le plus supérleur). Hippo'idea, les plus ancieus représentants sont absolunient dépour- vus de tout vestige de denticule interldbulaire; tel est le cas du genre PatriarcMppus dont les molaires supérieures sont représen- tées sur la figure 161. Les premieres traces de ce denticule com- mencent sur les molaires de InferMppus (fig. 16'2) sous la forme O O,. c Fig. l()i!. aiilliippus delerioralus Amgh. Derniére molaire supérieure gauche: a, vue parla face masticatrice; h. par la face interne, et c, par la face antérieure; í, parties oü se consei've encere la croi'ite de cément; de grandeur naturelle. Eocéne inférieur de Patagonie (colpodonéen). d'un bourrelet basal interne (©), qui en se dóveloppant, prend chez Stilhippus (fig. 163) la forme d'un cóne aplati i, dont la base reste unie au Ijourrelet, tandis que le haut ou sommet se separe de la muraille interne, l'espace intermédiaire étant rempli jiar du cément. AMEGHINO: MORPHOLOaiE PHYLOGÉNÉTIQUE. 137 La cTent iei figurée provient d"un individu excessivement vieux et par conséqueut elle est tres usée. Par suite de cette usure, les lobes internes ai, pi se sont réunis en constituant une créte longi- Fig. 104. Ilipphaplus anfiíjiius Amgh, Molaire supérieure gauche caduque, vue par la face masticatrice, de gran- deur naturelle. Pampeen inférieur (ensénadéen) de Mar del Plata. Fig. 1(15. Ilip]>arion gracile Kaup. Molaire supérieure gauche, vue par la face masticatrice, grossie un demi diamétre (i| ) de la grandeur nature- lle. Tout vestige de la branche posté- rieure (v,), de la vallée interne v a disparu. Pliocéne inférieur d'Europe. tudinale interne cl qui f arme l'ouverture interne de la grande vallée transversale mediana fv). L'encroútement de cément qui racouvrait la dent a disparu, n'en rastant des vestiges que sur les points marqués avec la lettre s. Un des ees points est précisément, la valléa ou sillón qui separa la muraille interne de la molaire, du sommat du tubarcula sup- plémentaire interlobulaire i. En deven ant plus long ce tubercule i en forme de c6ne atteint la surface masticatrice et, étant alors attaqué par l'u- sure, il forma sur le eóté inter- ne une ila d'abord et aprés une presqu'íle comme nous le raontre le genre HipphajyJus (fig. 164) qui est a un stade d'évo- lution presque comparable á celui des genres Hipparion (fig. 165) et Protohippu.s (fig. 259). Cette colonne interne constituée par Fie 1()6. Ncsoltippidion anuiilalus (Amgh). Molaire supérieure gauche, vue par la face masticatrice, de grandeur na- turelle. Pampeen moyen de Buenos Aires. 138 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. le denticixle interlobulaire interne i s'aplatit graduellement et de- vient plus large, transformant les moJaires á' Hipphaplus en mo- laires d^ Hippidion (fig. 246) et de Nesohippidion (fig. 166). Sous quelques rapj^orts, les molaires de Hipphaplus (fig. 1H4) et de Nesohippidion (fig. 166) sont plus primitivas qne celles d'Hip- parion, car elles présentent encoré les vestiges de la branche pos- a h Fig. IfiT. Eipms rectidens Gerv. et Amgh. Molaire supérieure droite; «, vue par la face masticatrice, et h, v\ie par la face postérieure, de grandeur naturelle. Pam- peen le plus supérieur (lujanéen). térieure (v,) de la vallée transversale interne; et la fossette posté- rieure (o,) a la forme d'ile si caractérisque chez leurs ancétres les notohippidés (fig. 49 et 162). La colonnette, devenant encoré plus aplatieet plus élargie trans- versalement, donne aux molaires la forme caractéristique qii'elles présentent chez les vrais chevaux (fig. 167). Bourrelet basal. Le bourrelet basal est une formation secondaire qui s'est déve- loppée graduellement, donnant origine á des crétes et des tubercu- les supplémentaires, et aussi á des fossettes périphériques. L'his- AMEGHINO: MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 139 toire du développement du bourrelet est done liée et (on peut diré) presque inseparable de celle des tubercules, des crétes et des fos- settes en question. Sauf de tres légeres traces, le bourrelet n'existait pas encoré chez les protongulés les plus priniitifs conime Caroloameghinia (fig. 152). li ne commence á se développer que chez les premiers condylar- thres. comme Asmithiooodwardia (fig. 62), Enprotogonia (fig. 134), etc., mais indépendamment. Le bourrelet de chaqué face a appa- ru aussi indépendamment, et cen'est qn"en augmentant en hauteur et en grosseur que souvent le bourrelet d'un cóté s'est soudé aveo celui d"nn autre cóté. ■da. Fig. HiS. Ai-oelodus oppositiii Aiugh. Cinquiéme molaire supérieure droite; «, vue par la face masticatrice, et /j, vue par la face externe, grossie trols diamétres (4-^ de la grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie (notostylopéen). Nous pouvons constater cette origine indépeudante chez un nombre considerable de formes ancienues. Ainsi, Acoelodus oppo- situs (fig. 168) nous moutre des molaires supérieures aveo trois bourrelets, externe ( ' ), antérieur ( , ) et postérieur ( „ ) compléte- Fig. Ifi9. Enneoconiifi parcidens Amgh. Molaire supérieure droite; a, vue par la face masticatrice, eté, vue par le cóté externe, grossie quatre diamétres (A ) de la grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie (notostylopéen). 140 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. ment indépendants l'un de l'auti'e; en ontre, ees molaires ne présen- teiit absolument aucun vestige dii bouiTelet de la face interne. Cliez Enneocomis (fig. 109), on voit un bourrelet sur cliacuiie des quatre faces, et tous resteut indépendants. Plus haut, en traitant de l'origine et du développement des tu- bercules et des aretes supplómentaires de la muraille externe, je me suis deja occupé du bourrelet de la méme face. Le bourrelet externe ( ' ) reste généralement indépendant des autres, mais il y a des cas oúil se voit tourné sur le coin antórieur externe pour venir se fusiouner aveu le bourrelet basal antérieur ( , ) ; nous trouvons un cas de cegenre dans les molaires du genre Lonchoconus (fig. 170). -•% ., f ,^^ '-'- te -/ (^^^Á (^¿. Fig. 170. Lonchoconiin lanceolatiis Amgh. Cinquiéme molaire supérieure gauche; o, vue par la face masticatrice; h, par la face externe; c, par la face antérieure, el d, par la face postérieure, grossie quatre diaraétres ( i ) de la grandeur ua- turelle. Crétacé supérieur de Patagoiiie (notostylopéen inierieur). En general, le bourrelet antérieur (,) se conserve aussi indépen- dant; pourtant, quelquefois il se fusionne non seulement avec l'ex- terne (') comtne nous venons de le voir dans le cas précédent, mais il tourne également sur l'angle antérieur interne pour se fusionner avec celui du cóté interne (o); c'estce que nous voj'ons sur les mo- AMEGHINO: MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 14] laires de Trigonosfi/lops germinalis (fig. 171): la fusión des deux bourrelets esfc si complete qn'ils n'eu constituent qu'un seul en forme d"are. II pent arriveí" anssi que le bourrelet interne (e), en s'allongeant par ses deux bonts, tourne au-dessus des deux coins internes, antérieur et postérieur, et se fiisionne avec les bourrelets Fig. 171. Triffojioitylvjis ijerruinalis Amgh. Alolaire supérieure gauche; a, vue par la face masticatrice, et i, par la face externe, grossie deux diamétres f i \ de la grandeur naturelle. Crétacé sujjérieur de Patagonie (notostylopéen). des deux faces correspondantes. C'est ce que nous moutrent les mo- laires á' Hedraloplius hicosfofus ffig. 172; pourvues d'un bourrelet enorme qui, sous la forme d'enceinte saillante et en are de cercle, tourne sans interruption sur les trois faces antérieure, postérieure Fig. 172. Hedralophiis hicostahis Amgh. Molaire supérieure gauche; a, vue par la face masticatrice, et A, par la face exteme, de grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie (notostylopéen supérieur). et interne. Les deux bouts internes des deux crétes transversales antérieure et postérieure se sont aussi rapprochés en se fusionnant á leur tour, de sorte que lacouronnese présente comme constituée 142 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. Fig. 173. Jüuprotorjonia puercencis Cope. Molaires supérieures du cóté gauche, vues par la face masticatrice, de gran- deur naturelle, d'aprés Osborn et Eaiie. Éocéne inférieui- (Torrejón) des Etats- ünis. par une forte créte courbée en forme de U avec les branches diri- góes vers le dehors, et dont l'ouverture externe est fermée par la créte longitudinale externe; le centre de la couronne est occupé par un creux émaillé, dernier vestige de la fosse céntrale (o). Je vais m'arréter un peu plus au sujet du bourrelet postérieur („), parce que d'aprés la théorie de la trituberculie et de la complication graduelle, cVst un dévelop- pement ultérieur de ce bour- relet cjui aurait donné origine á la formatiou du dentieule postérieur interne pi. D'aprés cette théorie, cette origine est considérée comme un f ait pres- que fondamental, et pourtant je le considere comme complé- tement erroné. Le bourrelet postérieur (,,) et le dentieule postérieur interne^isont deux éléments distiuts, ils ont une origine indépendante, et ce n'est que chez les formes plus recentes et plus spécialisées qu'ils se fusion- nent ensemble. Non seulement le bourrelet postérieur (,,) n'a pas donné origine au dentieule postérieur interne jj/, mais au contraire eelui-ci a pre- cede l'apparition du bourrelet comme le prouvent les proton- gulés primitifs (fig. 152-153) qui, tout en ne présentant pas de vestiges dudit bourrelet, ont pourtant le dentieule pi bien développé. Oliez les condylartlires les plus primitifs, Euprotogonia puercencis, par exemple (fig. 173), il y a un bourrelet posté- rieur bien apparent, mais indé- pendantdu tubercule|)/, celui- ci étant parfait et plutót gros que petit. Cette conformation s'est trausmise á leurs descendants inmédiats, les périssodactyles bunodontes des premiers temps ter- tiaires, comme les hyracothéres, qui sont les plus primitifs. Les molaires supérieures de B/jracofheriiini tnilpicejin (fig. 174) pré- Fig. 174. Hjjracotlifrtiim culpiceps Owen. Molaire supérieure gauche, vue par la face masticatrice, grossie deux diamétres l'i\ de la grandeur naturelle. D'aprés Owen. Éocéne d'Angleterre. AMEGHINO: MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 143 sentent les six tubercules primaires sous leur forme conique pri- mitive, tous bien développés et indépendants; en plus, on voit sur leur coin antérieur externe un fort denticule supplémentaire qui correspond au surangulaire antérieur sa. Le bourrelet basal de chaqué face s'est fusionné par les deux bouts avec le bour- relet des faces contigues de maniere á former une enceinte básale périphérique sans discontinuité et de tres fortes ¡sroportions. Mal- gré ce dóveloppement tout á fait exceptionnel, on voit (du moins d'aprés les dessins qu'on en a publiés) que le bourrelet basal n'a absolument aucun rapport avec le denticule postérieur interne jj/, dont il n"avait pas encoré atteint le sommet. Ce n'est que chez les périssodac- tyles plus récents ou á molai- res plus modifiées que la poin- te interne du bourrelet posté- rieur descend graduellement vers la cúspide du denticule j;¿ avec laquelle elle finit par se fusionner. Dans la ligne des hyracoi- des, toutes les formes les plus anciennes et les plus primiti- ves, oomme Oldfieldthomasia (fig. 175), Ácoelodun (fig. 168), etc., i^résentent le bourrelet basal postérieur („) absolu- ment indépendant du denticu- le postérieur interne pi, et ce n'est que cliez les formes les plus recentes, comme Eohyrax et ses nombreux descendants, que le bout interne du bourrelet atteint le sommet du denticule en question avec lequel il se fusionné. Dans la ligne des liippoi'des, nous voyons les ])lus anciens re- présentants connus, comme Patriarchus (fig. 161), Acoelohi/rax, etc., de la partie siipérieure des couclies á Notontijlopis, avec le bourrelet postérieur („) complétement indépendant du denticule ^í. Dans les genres des conches á Asfra^Jonofux, comme P.seudhijrax (fig. 17G), etc., le bourrelet (,,) se conserve encoré indépendant du denticule pi. Chez leurs descendants plus récents, les Notohippidae Fig". 175. Ohifiehlthoniasia transverífa Amgh. Ciuquiéme et sixiéme molaires supérieures du cóté gauche; a, vues par la face masticatrice, et h, vue par la face externe, grossies trois diamétres ['^\ de la grandeur uaturelle. Crétacé supérieur de Patagonie (notostylopéen). 144 MUSEO NACIONAL DE BUENOSAIRES. des conches k Pyroflierium , le bourrelet dans sa partie interne des- cend graduellement vers le sommet du denticnle^¿ avec- lequel il pe ^ U4^ Fig. 176. J'seudhyrax euti-achijlheroides Amgh. Qnquiéme molaire supérieure droite persistante; o, vue par la face masticatrice, et h, par Ja face interne, gros- sie trois diamétres IVj de la grandeur naturelle; cv, cavité de la pulpe. Crétaoéjsu- périeur de Patagonie (astraponotéenj. finit par s'unir. Dans la ligne des IsotemvMae, on constate absolu- nient la méme évolutioii. Les formes les plus anciennes de la Fig. 177. Isotemnus primitiviis Amgli. Molaires supérieures du cüté droit, vues par la face masticatrice, grossies un demi-diamétre I %] de la grandeur natu- j.elle. Crétacé supórieur de Patagonie (notostylopéen). AMEGHIKO: 5I0EPH0L0GIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 145 partie inférieure des couches á Xofosft/Iop.'< présentent toujours le bourrelet postérieiir (,,) indépendant dii denticule postérieur inter- ne^/; parexemple les espéces du genre Plein-ostylodon(i)gs. 126 et 127), ou le genre tyj.e déla famille, hotemniis (fig. 177). Leurs desoeiidauts, Trímerodephanos, les Komalodonthéridés, les léon- tinidés, etc., présentent invariablement ees éléments fusiounés. Dans la ligne des jjrimates, les genres les plus anciens et les plus primitifs, comme Henricoshornia (í'ig.93), Othnielmcu-shia (fig. 178), etc., présentent aussi ees denx éléments separes, tandis qu'ils sout tonjours confondus ehez leurs descendants tertiaires. Tous les til- lodontes erétacés, sans exception, mais spécialement les formes les plus primitives, comme Pantostylo2)s (fig. 179), Microstylops, (fig. Fig. 17S. Othniehaarshia lacunifera Amgh. Cimiuiéme molaire suiiérieure gau- che; cí, vue par la face masticatrice, et h, vue par la face externe, grossie six diamí»- tres i'|-j de la grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie (notostylopéen). 218), etc., montrent toujours le denticule ^;/ indépeiidant et tres separé du bourrelet basal postérieur (,,). La méme séparation existe aussi chez les ]j1us anciens amblypodes, comme Rutimeyeria (fig. 149), Hemistylopít (fig. 217), etc. Par ce que je riens d'exposer, on doit conclure et d'une ma- niere définitive, que c'est une erreur de croire que le denticule AxAi.. Mns. JÍAC. Bs. As.. Skrie 3', t. ni. Fkhkkko 12, 19*1. 10 146 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. postérieur interne pi n'est qu'un simple développement de la par- tía interne du bourrelet basal postérieur („), d'autant plus que m-O- Fig. 179. Pantostylops tijpiis Amgli. Cinquiéme molaire supérieure gauche, vue liar la face masticatrice, grossie six diamétres C-S-j de la grandeur naturelle. Cré- tacé supérieur de Patagonie (notostylopéen, partie básale). l'examen des formes aviciennes demontre tres clairement que c'est précisóment ce dernier qui constitue une acquisition relativement récente. IV. Les crétes de la face inasücatriee. Généralités. Pour terminer cet examen des reliefs de la couronne des molai- res supérieures des ongulés, je dois diré aussi quelques mots des crétes qu'on observe sur la face masticatrice de ¡olusieurs ordres, et qui varient non seulement dans les ordres mais aussi dans les familias et méme dans les genres. Cas crétes aussi ont recu des noms peix euphoniques et qui ne sont ¡jas plus significatifs ni plus clairs que les noms vulgaires anciens. Ces crétes jouent un rule tres important surtout chez les ongulés AMEGHINO: M0RPHOL0C4rE PHYLOGÉNÉTIQUE. 147 les plus récents. Les premiers oiigulés et les plus primitifs ne pré- sentaient pas de crétes, sinon simplement des tubercules coniques isolés, córame nous le voyons chez CaroloamegMnia (figs. 108 et 153), Euprotogonia (figs. 74, 75, 77), LoncJiocJionus (fig. 79), As- mithwodwardia (fig. 109), Enneoconiis (fig. 78), Dklolodus (fig. 80), etc. La formation des crétes est done secondaire, et ¡jroduite par la fusión phis ou moins incompléte des tubercules, denticules cu éléments jn'imitifs alignés dans certaines directions. Selon la direction des ligues de fusión, et du nombre des tubercules qui y prennent part, ees crétes ont pris plus ou moins de développement et des formes tres varices. Les grandes crétes de la face masticatrice peuvent s'élever au nombre de quatre; une longitudinale externe qir'on a nommée ec- tolof; une longitudinale interne, et deux transversales, l'antérieure appelée protolof et la postérieure inefalof. Sur les figures, je sí- gnale ees crétes avec les lettres cr, pour l'externe; cJ, pour Tinter- ne; coi, pour rantérieure, et cjj, j^our la j)0stérieure. Créte externe. C'est la plus fréquente; dans l'liistoire du développement des molaires des ougulés, elle a été généralement la premiére á se constituer par la fusión dans une méme ligne longitudinale des deux denticules externes ae, pe. Chez quelques genres, la fusión a été occasionnée par le développement du petit tubercule supplé- Fig. ISO. Euprotoijonia Iriíjonalis Auigh. Sixiéine molaire supérieure «auche; o, vue par la face masticatrice, et A, vue par la face externe, grossie quatre diamétres (I) de la graiideur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie (notostylopéen su- périeur). mentaire median m qui, en devenant ]ilus long, a finí par combler 1 echancrure qui séparait les deux denticules externes; ceux-ci se 148 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIEES. sont alors reunís en fonnant une créte longitudinale sur lo cóté ex- terne qui devint graduelleraent plus large avec l'usure des molaires. Ainsi, Euprotocjonia, qui est nn des types les plus primitifs, montre les deux tubercules externes ae, j;e coniques et complé- tement isolés, separes par une échancrure qui ne présente aucun ae, S' ^ /'^ Fig. 181. Didolodiis midticiispis Amgh. Ciiiciuiérae et sixienie molaires supérieu- res tlu cóté gauche, vues par la face masticatrice, grossies quatre diamétres (;J-) de la grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie (notostylopéen). vestige du tubercule supplémentaire ;» (fig. 180). Didolodus mvl- ticuspii (fig. 181) fait voir que, dans les molaires peu usées, le tu- bercule supplémentaire 711 est isolé des tubercules externes ae, pe, Fig. 182. Didolodus crasñcuspk Amgh. Cinquiéme molaire supérieure gauclie, vue par la face masticatrice, grossie trois diamétres {¥\ de la grandeur naturel- le. Crétacé supérieur de Patagonie (notostylopéeíO. AMEGHINO: MORPHOLOGIE PHYLOaÉNÉTIQUE. 149 mais dans les molaires asees, les trois éléments sont fusionnés en constituant une créte longitudinale. Chez Didolodus crassicuspis (fig. 182), eette f usioa existe déjá dans les molaires non usées, et cet- te conformation s'est transmise aux plus ancieas litopternes, córa- me Protlieosodon coniferus (fig. 183), et á tous ceux des époques plus recentes ainsi qu'á la presqne totalité des périssodactyles qui, aus- si bien les uiis que les autres, sont les descendants des condylar- thres. Chez Protheosodon, cette créte commence a s'aplatir sur la face externe et á devenir graduellement plus haute et plus droite dans la direction longitudinale, prenant peu a peu la forme ca- ractéristique propre aux ongulés récents. Dans tous ees animaux, Fig. 183. Protheosodon coniferus Amgh. Molaire supérieure droite; a, vue par la face masticatrice, et h, vue par la face externe, grossie deux diamétres (2 ) de la grandeur natui-elle. Crétacé le plus supérieur de Patagonie (pyrothéréen). en voit sur la face externe des molaires supérieures une arete per- pendiculaire médiane í;í, Índice de l'existence antérieure de la mé- me arete sous la forme de tubereule isolé. Cliez d'autres ongulés, la fusión des deux denticules externes ae,pe, pour coustituer une créte longitudinale, s'est effectuóe direc- tement sans interposition de denticule median supplémentaire, et alors la face externe de la créte externe n'a pas d'aréte médiane m: tel es le cas des molaires des rhinocéros (fig. IS-l), des astra- potheres, etc. Souvent, comme le moiitre cette figure, le denticule antérieur externe ae n'est pas complétement fusionné avec la créte; la partie qui reste encoré libre constitue alors un prolongement qui avance sur le cóté interne, séparant la fossette céntrale o de la fossette antérieure (o"); cette partie indépendante du denti- cule antérieur externe, indiquée sur la figure avec les lettres cor- respondantes ae, a recu des auteurs anglais le nom de crista. II 150 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. arrive aussi, par ex., aveo les molaires de Álhertoguudrya única (fig. 113), que le denticule median antérieur se fusionne avec la créte externe qui est alors constituée par la reunión de trois éló- ments. Chez Menodus, le denticule median postérieur prend aussi part á la formatiou de la créte externe qui se trouve ainsi cons- Fig. 181. Molaire supériem-e de líhinoceros, montraiit la disposition des crétes et des vallées. Eeproduite d'aprés Osborn. tituée par les éléments ae, pe, ma, mp, les deux denticules internes conservent leur indépendance sous la forme de tubercnles coniques. Les molaires de ce dernier genre se présentent comme constituées par une créte externe et deux tubercules internes. Créte antérieure. Comme regle genérale, celle-ci est constituée par les trois denti- cules du lobe antérieur ae, ma et ai qui se f usionnent pour cons- tituer une créte transversale plus ou nioins large qui, sur le coin antérieur externe, s'unit á la créte longitudinale externe (fig. 184). Assez souvent, la créte n'est constituée que par les denticules ma et ai, restant alors séparée de la créte externe parunefente ou sillón place sur Tangle antérieur externe. II peut arriver aussi que la créte ne soit constituée que par la fusión directo des denticules AMEGHINO: MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 151 (te et ai, le denticule ma restant isolé vers le centre de la conroune eomme on le voit bien sur les molaires du genre Amilnedicanlsia (fig. 185); dans ce cas, la créte antérieure est tres étroite. II en arrive de méme dans le genre Alhertogmidrija deja mentionnó (fig. 113), avec la différence que le denticule ma, au lieu de rester indépendant. Fig, 185. Amilneilwardsia hrevicida Amgh. Cinquiéme molaire supérieure droite, vue par la face masticatrice, grossie six diamétres (£) de la grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie (notostylopéen). s'est en partie fusionné avec la créte externe, constituant une sim- ple saillie de celle-ci. Parfois encoré le denticule median antérieur ma se présente á peu prés vers la moitié de la longueur de la créte Fig. 186. Deuterotherium dislichum Amgh. Sixiéme molaire supérieure gauche; n, vue par la face masticatrice, et 6, par le cóté exteme, grossie trois diamétres ! í\ AxL natvirel. Crétacé le plus supérieur de Patagonie (pyrothéréen). 152 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIEES. antérieure, avec la partie ¡jostérienre qui reste libre et avance en arriero dans la vallée céntrale en forme d'éperon; un de ees cas si nombreux est indiqué sur la figure 184 avec les lettres correspon- dantes ma. Cette prolongatiou postérieure du denticule ma de la créte antérieure a recu le nom dWintecrochet. Rarement cette créte antérieure est complétement transversale ; le plus souvent elle es* oblique, avec la jmrtie interne dirigée en arriera, et cette obli- /¡n- vTM, ooo Fig. 187. Proterotheriíim dichotomum Amgh. Cinquiénie molaire supérieure droi- te, vue par la face masticatrice, grossie deux diamétres (-|-^ de la graudeur na- tiu-elle. Eocéne supérieur de Patagonie (santacruzéen). quité peut se prononcer bien davantage dans certains genres que dans d'autres. Deuterotheviwm d/Michum (fig. 186) nous présente un exemple de cette grande oljliquitó de la créte antérieure et aussi de sa séparation de la créte externe par une fente longitu- dinale. II arrive aussi que le denticule median 7na se dédouble en deux comme cliez ProterotJieriam dichotomum (fig. 187); la mé- me conformation se présente encoré beaucoup plus accentuée sur les molaires de remjDlacement de Meüolxippus Copei Osborn et Wortman, du miocéne inférieur de l'Amérique du Nord. Créte postérieure. Comme dans le cas de la créte antérieure, la créte transversale ¡lostérieure est généralement constituée par les trois deuticules pe. mp et j)i du lobo postérienr, et sur le coin postérieur externe, elle est fusionnée avec la créte longitudinale externe. La fusión de ees éléments présente d'ailleur.s toutes les transitions possibles et il AMEGHINO: MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 153 arrive aussi qu'iis se combineat différemment. Dans le genre Pro- theosodon (fig. 183), on voit une créte postérieure constituée exclu- Fis. 188. Alhertofiaudrya separata Amgh. Cinquiénie molaire supérieure droite; a, vue par la face masticatrice, et b, vue pai- le cóté postérieur, de grandeur na- turelle. Crétacé siipérieur dePatagonie (notostylopéen supéiúeur). sivement par le denticnle postérieur interne pl fusionné aven le bourrelet basal postérieur (',.), le denticule mp restant iudépendant Fig. 189. Astraponolus Hohiichi? (Eoth) Amgh.i Molaire supérieure droite, vue par la face masticatrice, de grandeur natureUe. Crétacé supérieure de Patago- nie (astraponotéeni. Colloction da Musée de La Plata. dans le centre de la vallée interne. Chez Álbertof/audrija separata (fig. 188), le denticule median postérieur mj) se fusioiine avec le i Voir la note de la p. 102. 154 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. /YVXy postérieiir externe pe et reste separé clu postérieur interne pi par une entaille tres étroite. Dans le genre Astraponotuíi (fig. 189), cette entaille s'efface et le denticule postérieur interne pi s'unit au denticule median posté- rieur mp; la fusión des trois éléments est complete, et quoique la créte transversale ainsi constituée soit encoré tres étroite, elle devient graduellement plus larga cliez leurs descendants, les astrapothéres. II arri- ve iei aussi que l'élément ou denticule median pos- térieur mp a pu conserver libre la partie antérieu- re qui avance en avant comme le montre la figu- re i84; ce prolongement ,de la créte postérieure en avant, en opposition avec celui de la créte an- térieure qui avance en arriére a été designé sous le nom de crochet. Heteroglipliys {í\g. 190) présente un des cas les plus singuliers, car ici la créte postérieure est constituée, non par le denticule pi, sinon par ai qui se fusionne avecírt^et^e, le denticule ^¿ ayant été refoulé en arriére, et si réduit qu'il est sur le point de disparaitre. Dans beaucoup de formes, la créte postérieure peut étre cons- tituée seulement par les denticules postérieur interne pi et me- dian postérieur mp, restant séparée de la créte externe par une fente longitudinale plus ou moins profonde. Dans ce cas, la créte ]iOstérieure a une directiou oblique ¡Darfois excessivement exagé- rée. Les molaires d'uae espéce de Faloplotlierium, de 1 eocéne su- périeur de Debrudge, que Bravard distinguait sous le nom de Palo- ploterinm elntum (fig. 191), présentent cette conformation. L'obliquité est si considerable que dans cette espéce on peut diré que la créte postérieure, au lieu d'étre transversale, est placee longitudinalement; cette conformation si singuliére a été le résul- tat de l'avancement en avant du denticule median postérieur mp Fig. 190. Hderorjlyphis Devoletzkij Roth. Molai- re supérieure gauche, vue par la face mastica- trice, grossie trois diamétres ['í\ de la gran- deur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie (astraponotéen?). Collection du Musée de La Plata. AMEGHINO: MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 155 et de sa fusión avec le postórieur interne pi; ce dernier étant resté á sa place primitive, il en est resulté la formation d'uno créte lon- gitudinale; cette créte, dans les molaires peu usées, reste séparée Fig:. 191. Paloplolherinm elutiini BiM\'aril, ils. Les deux derniéres molaires su- périeures du cóté gauche, vues par la face masticatrice, grossies deux diamétres 'J-l de la grandeur naturelle. Eocéne supérieur de Debrudge, Franca. CoUection du Musée National de Buenos Aires. de la créte externe par une vallée longitudinale fermée en arriera par le bourrelet basal postérieur („) qui est descendu jusqu'au ni- veau de la face masticatrice, mettant ainsi en connexion les deux crétes externe et postérieure. Créte interne. L'existence d'une créte interne est assez fréquente, mais sa pré- sence est le plus souventmasquée par les deux crétes transversales antérieure et postérieure qui se fusionnent par leur bout interne ot- Fig. 192. Thomashuxleya externa Amgh. Sixiéme molaire supérieure gauche, vue par la face masticatrice, de grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Pata- gonie ( notostylopéen ). 156 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. avec la créte en questioa. Un bel exemple est celui des molaires de Thomashuxleya (fig. 192). On y voit tres bien que les deux den- ticules du cote interne, l'interne antérieur ai et l'interne postérieur pi, se sont rapprocliés jusqu'a se confondre dans la créte longitu- dinale interne el qui coupe la communication de la vallée trans- versale v avec le cote interne; cette vallée reste ainsi confinée en une fosse allongée, isolée au centre de la couronne, permettaut de reconnaitre les quatre crétes qui l'entourent. Mais il peut se présenter le cas d'animaux possédant une créte ex- terne et une interne, sans qu'il y ait ni créte autérieure ni créte postérieure. Le genre Prothoafherium a les molaires de cette for- me. La fig. 193 montre une molaire supérieure gauche non encoré ir Fig. 193. ProtlioaOierium scamnalum Amgh. Quatríéme molaire supérieure gau- che non encoré usée; a, vue par la face masticatrice, et A, vue par la face antérieure, grossie deux diamétre.s (i-\ de la grandeur naturelle. Éocéne inférieur de Patago- nie (colpodonéen). usée de Prothoatherium scamnatum; la couronne est constituée par deux crétes longitudinales tres liautes et a sommet tranchant, sépa- rées par une vallée tres profonde et ouverte aux deux bouts; la créte externe est formée par les denticules antérieur externe ae et postérieur externe pe; la créte interne est constituée par les autres quatre denticules, median antérieur rna, median postérieur mp, an- térieur interne ai et postérieur interne pi, les quatre complétement fusionués au sommet de la créte, mais encoré reconnaissables l'un de l'autre á leur base. Avec l'usure les crétes deviennent graduel- lement plus basses et plus largas, et la vallée longitudinale média- ne se rétrécit dans la méme proportion, comme le montre la figure 194 qui représente une molaire a demi usée de la méme espéce. L'usure devenant encoré plus considerable, la vallée céntrale se rétrécit davautage et termine par s'effacer complétement. AMEGHINO: MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 157 C'est précisément Tinverse de ce qui arrive cliez Menodus oii Alberfogaudrya (fig. 188); dans les molaires de ees genres, les denticixles inédians ma, mp, au lien de se fiisionner avec la créte interne, s'uiiissent au contraire á rexterne. Le Jíicrochoerux, Fig. 194. Frothoíitheriuní scamnalnm Anigh. Cinquiéme molaire supérieure gnu- che á demie usée; a, vue parla face masticatrice, et h, vue par la' face antérieui-e, grossie deux diamétres íí-\ de la grandeur naturelle. Eocéne inférieur de Pata- gonie (colpodonéen). d'aprés les dessins que j'eu connais, constituerait un des cas les plusrares; les molaires á demi usées (fig. 195) présentent deux crétes longitudinales paralléles; la créte externe est constituée par Fig. 195. Microckoerus erinaceus Wood. L'incisive externe, la caiiine et les sept molaires supérieures du cote droit, grossies deux diamétres íí\ de la grandeur naturelle, d'aprés Wood. Pueproduite de Lydekter. Caía!, i. v, p. 304. Eocéne d'Angleterre. la fusión des deux denticules externes, antérieur externe ae et pos- térieur externe pe, plus le tubérculo supplémentaire median ex- terne m; la créte interne est formée par la fusión des deux den- ticules internes, antérieur ai et postérieur pi, tandis que les deux denticules median antérieur ma et postérieur mp, restent complé- tement isolés au milieu de la vallée longitudinale médiane. Chez les animaux alliés de Fantolambda, on voit aussi des molai- res a deux crétes, une externe et l'autre interne, mais cette dernié- 158 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. re, comme on peut en jager par les molaires de Lopholamhda (fig- 139), RicardolydeTckeria {i'ig. 196), etc.,est constitnée tres différem- ment; la partie plus considerable de la créte correspond aii denticule antérieur interne ai qui présente un développement exceptionnel, et il se fusionne avecles deux denticules médians antérieur mu et pos- térieur mp^ tandis que le denticule postérieur interne pi en reste ori^ ^yn-tz^ Fig. 196. BiicardoJ ¡ifJ eklceria cinclula Aingh. Molaire supérieure droite, vue par la face masticatrice, grossie trois diamétres /■!) de la grandeur iiaturelle. Crétacé supérieur de Patagoiúe (notostylopéen). exclu, et se trouveréduit á un élément insignifiant. Dans toutesles formes j^résentaut cette conformation, la créte interne n'est pas Fig. li>7. I'roxfi/lojix ti/j>iis Amgli. Les mulaires suiíérieures 4 á 7 du cóté dri>it. vues par la face masticatrice et par la face externe, grossies deux diamétres (íj ) de la grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie (notostylopéen). AMEGHINO: MOEPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 159 droite et longitudinale, sinoii arquee, presque aigni?, siuueiíse vers l'intérieur de la couroime et convexe en dehors. Des combinaisons de toutes ees crétes, il en est comme de celles des denticules, c'est-á-dire qu'elles peuvent varier a l'infini. Les molaires de Pantostylops (fig. 179), par exemple, nous présenteut v;ne couronne constitnée par trois crétes, deiix transversales, l"au- térieure et la postérieure, et une longitudinale externe, fusionnée aux deux bouts avec la partie externe des crétes transversales, le tout constituant une créte suivie qui tourne sur trois cotes de la couronne. Cette conformation est apparemment, et á peu de chose prés, la méme que Ton observe cliez Proatylops (fig. 197) et beau- Fig. 198. Propyrotherium saxeum Amgh. Molaire supérieure gauche, vue jiar la face masticatrice, de gran- deur naturelle. Crétacé supérieur de Patagouie (astraponotéen). Fig. 199. Parapyrotherhtni lAanum Amgh. Molaire supérieure gauche; a, vue par la face masticatrice, et i, vue par le cote interne, de grandeur natu- relle. Crétacé supérieur de Patagonie (notostylopéen). coup d'autres ongulés; mais en y regardant de plus pres, on voit bien que dans les molaires de Prostylops les denticules médians contribuent k la formation des crétes, tandis que dans les molaires de Pantostylops, les denticules médians n'y contribuent pas et res- tent isolés dans le grand creux qui occupe le centre de la couronne. Sur les molaires de Pyrotherium, Propyrotherium (fig. 198), Pa- rapyrotherium (fig. 199), Dinotherium, Carolozittelia (fig. 200) et autres genres du méme ordre ou ne voit que deux crétes, l'anté- 160 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. rieure et la postérieiire clisposées transversalement; dans ees genres il ue s'est formé ni la créte externe ni Tinterne, les deux denti- oules externes et les deiix internes étant toiíjours restes separes; Fig. 200. Carolozittelia lajAroides Amgh. Les deiix derniéres molaires supérieu- res du cSté droit; A, vues par la face masticatrice, et B, vues par la face exter- ne, de grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie (notostylopéen). sliacjue créte transversale est constituée par les trois denticules de cliaqu:- lobe dis^Dosés sur nne méme ligne transversale. V. Les crcux pcM-i|)liéiMqiies úo la lace mastica trice. Généralités. Un des distinctifs les plus caractéristiques des molaires supé- rieures de la plupart des ongulés de Tépoque tertiaire est eelui de presentar sur la face masticatrice, des creux plus cu moins nom- breux et de formes tres variées. Ces creux, ont tantót la forme de fosses ou puits plus cu moins circulaires, tantot celle de vallées, d© AMEGHINO: MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 161 sillons 011 de crevasses á bords droits, courbes, siiiiieux, etc. Les fosses, fossettes, creux, etc. peuvent se préseiiter aussi bien au cen- tre de la face masticatrice que prés des bords ou tout á fait á la périphérie; souvent ils sont complétement isolés, mais dans le plus grand nombre de cas ils sont en communication par des sillons des étranglements ou détroits, variant presque á rinfini, dans la grandeur, dans la forme et dans la disposition. Leur connaissance fournit des caracteres précieux pour la distinction des genres et des especes. Un certain nombre de ees creux, spécialement ceux qui sont au centre de la couronne, sont tres anciens, non pas peut-étre sous la méme forme qu'ils présentent parfois, mais au moins dans leur premiére origine, car ils séparaient les denticules ¡Drimaires les uns des autres. Les autres crenx, toujours places prés des bords ou ala périphérie, sont d'origine relativement récente et le résultat du dé- veloppement des bourrelets qui oiit poussé a la base de la couronne- C est par ees derniers, c'est-á-dire par les creus périphériques, que je vais commencer leur examen; les principaux sont au nombre de trois: un antérieur, un postérieur et un interne que je designe avec les noms de « fossette périphérique antérieure», «fossette pé- riphérique postérieure» et « fossette périphérique interne». Fossette périphérique antérieure. Le développement d'une fossette antérieure n'est pas trop fré- quent; elle est placee prés du bord antérieur de la face mastica- trice, tantót vers le milieu, tantot sur le cote interne ou sur l'exter- ne; sur les figures je la distingue avec le signe f'o'j. Cette fossette prend son origine dans le développement du bourrelet basal anté- rieur (,) qui, en devenant plus saillant, descend graduellement, le bord du bourrelet étant ainsi separé de la muraille de la face an- térieure par une es]/éce de rainure transversale; cette rainure s elargit aussi graduellement, et quand le bourrelet a atteint le ni- veau de la surface masticatrice, la rainure se trouve transformée en une fossette allougée transversalement souvent assez profonde; aprés, avec l'áge et l'usure des molaires, la fossette devient gra- duellement plus petite, j)rend une forme circulaire, se transforme en une petite ile, et termine par disparaitre. Sur l'augle antérieur interne des molaires persistantes de Ilenri- Anai,. Mus. Nac. Bs. As., Skeie 3", r. in. Fkbrkho 17, 1ÍX)4. 11 162 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. cofilhoVm cuujulata, presque á la base de la couronne (fig. 201), on aper90it un fort bourrelet basal qui tourne sur le coin interne de Fig. 201. Henricofilholia cinyu- lala Amgh. Cinquiéme molaire supérieure gauche, vue par la face masticatriee, aux quatre cinquié- mes ¡i ] de la grandeur naturelle. Crétacé le plus supérieur de Pa- tagonie (pyrothéréen). Fig. 202. Henricofilholia Lemoinei Amgh. Cinquiéme molaire supérieure droite, vue par la face masticatriee, aux quatre cinquiémes (i) de la grandeur naturelle. Crétacé le plus supérieur de Patagonie ( pyrothéréen). la dent pour terminar á la base du lobe interne postérieur, et re- présente le bourrelet antérieur (,) et l'interne (©) fusionnés; le bord de ce bourrelet est separé de la muraille de l'angle antérieur interne de la dent par un sillón étroit et en are de cercle (o^J. Dans les molaires de Henricofilholia Lemoinei (fig. 20'2), une espéce tres rapprocliée de la prece- dente, le bourrelet a dis- paru sur le cóté interne et ne persiste que sur le cóté antérieur, mais par contra il est devenu baau- coup plus saillant; la sil- Ion ou rainure qui le se- riare de la muraille anté- rieure est devena tres large, se transformant en une í'ossette assez prof onde (o 'J ; avec l'usure de la molaire, le bourrelet (,) atteignait le niveau de la face masticatriee qui Lfíinhildronuff quiéme molaire supérieure droite, vue par la face masticatriee, grossie trois diamétres (S.\ de la grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie (notostylopéen supérieur). AMEGHINO: MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 163 possédait ainsi une fossette antérieure isolée sur Tano-le anté- rieur interne. Dans la ligne des macrauchénidés, on peut suivre la formation de la fossette antérieure dans tous ses stades de développement. Elle commence á s'accentuer chez Lamhdaconus mamma (fig. '203)- sur les molaires de ce genre, le bourrelet basal antérieur (,) s'est développé, non seulement en hauteur mais aussi en grosseur, dú surtout á l'épaississement qni représente le denticule supplémen- taire median antérieur e; la rainure traosversale qui separe le bourrelet d'avec la base des deux tubercules median antérieur ma, et antérieur interne ai, est tres étroite et á peine indiques vera le cóté externe, et s'élargit graduellement vers le cóté interne, au bout du- quel elle prend la forme d'une fente profonde. Cette fente devieut ác.tres (-|) de la grandeur naturelle. Crétacé supé- rieur de Patagonie (astraponotéen). AMEGHINO: MORPHOLOGIE PHTLOGÉNÉTIQUE. 169 molaires, le bourrelet postérieur (,,) esfc aussi attaqué et devieut plus épais á mesure qu'il diminue de hauteur, diminuaut daus la mGme proportion Tétendue de la fossette périphérique postórieiire. Sul- la molaire représentée daus la figure 216, appartenaut á un indi- vidu plus vieux de la mérne espéce que la precedente, on voit tres bien que la fossette 2:)éripliérique postérieure (o,) est devenue tres petite, mais en échange, la créte postérieu- re cp est bien plus large et toute la couronue beaucoup plus simple. Sur les molaires encoré un peu plus usées, on pig. 216. Trimerontephanos coardaius ne voit plus de vestiges de la Amgh. Cinquiéme molaire supérieure fossette périphérique posté- S^"'=^'^' '^^'^ assez usée, vue par la face '■ ^ ^ '- _ masticatnce, grossie deux aiametres (-*] rieure, et sans conuaitre Tllis- de la graudeur naturelle. Crétacé supé- toire du développement pa- rieur de Patagonie (astraponotéen). léontologique on ne pourrait pas soupconner qu'une partie considerable du lobe postérieur de la dent est formée par le bourrelet basal postérieur, dont tout ves- tige de son ancienne iudépendance reste perdu. La formation graduelle de cette fossette par l'apparition et le développement du bour- relet postérieur peut étre sui- vie aussi d'une maniere tres claire et tres démonstrative dans la ligne des amblypodes. Dans les formes les plus an- ciennes etles plus petites, com- me Bemisfjjlopx, par exemple (fig. 217), le bourrelet basal ^.^ ^^^ Hcuhtyhps paudcmpidatv^ postérieur ( ,, ) est tres petit, á Amgh. Molaire pcrsistante supérieui-e peine apparent, tres éloigné gauche, vue par la face masticatrice, , , „ , . , . , , grossie six diamétres ( 'j- ) de la grandeur de la face masticatrice et abso- „^j„j.elle. Crétacé supérieur de Patago- lument indép)endant du denti- nie rnotostvlopéen). cule postérieur interne pi, le- quel est tres petit, en contraste avec le median postérieur mp qu¡ est au contraire excessivement gres. Dans Microst¡jlops[í\g. 218), un autre genre tres primitif et avec 170 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. des représeiitants de taille excessivement petite, les molaires sont plus spécialisées que celles du genre ¡jrécédent; les deux crétes transversales autérieure et postérieure, quoique tres étroites, sont parfaites, saillantes, et fusiounées á leur bout externe avec la créte longitudinale externe cr. Malgré cette spécialisation, le bourrelet postérieur (,,) est resté tres petit, complétement confiné á la base de la couron- ne, avec le bout interne tres éloigné du sommet du denticu- le postérieur interne ^¿ et com- plétement indépeudant de ce- lui-c¡. Dans Hemistyloptí inconi- Fig. 218. Mlrrosli/lop^' ciar 11.1 Anigli. Cinquiéme molaire supériem-e droifce, vue par la face masticatrice, grossie quatre diaraétres (^) de la grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie (notos- tylopéen) . pletns (fig. 219), on a l'exem- ple d"uu animal aussi petit que le précédent, et dont les molaires ont conservé quel- ques --uns de leurs éléments primitifs indépendants; des deux crétes transversales il n'y a que Tantérieure de complete; la postérieure n'est constituée que par le denticule median postérieur mp qui s'est singuliérement allongé dans le sens transversal, tan- Fig. 219. Hemistijliips ¡nconipletns Amgh. Molaire supérieure gauche; a, vue par la face masticatrice, et 6, vue par la face postérieure, grossie six diamótres (S-) de la grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie (notostylopéen). dis que le denticule postérieur interne pi, quoique ayant conservé son indépendance, est devenu considérablement plus petit que Tan- AMEGHINO: MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQÜE. 171 tórieur interne. Le bourrelet ijostérieur ( „ ) est beaucoup plns saillant que dans les deux genres précédents, il est plus éloignó de la base de la couronne et rapproché dans la méme proportion de la face masticatrice; le bout interne du bourrelet („ ) reste en- coré assez éloigné du sommet du denticule pi, mais il s'est formé une rigole transversale profonde entre la face de la muraille pos- térieure et le bourrelet, rigole qui représente le commencement de la fossette périphérique postérieure (o,). Dans les m.o\aires de Ainüned- wardsia (fig. 220), le denti- cule median postérieur mp a perdu la forme en créte trans- versale qu'il a dans calles de Heminti/lojjs incompletus, pour prendre celle d'une créte ar- quee diriges en sens inverse, c'est-á-dire d'avant en arriére; le tubercule postérieur interne pi est tres grand, conique et se- paré du median postérieur mp par une fente longitudinale (v,). Le bourrelet postérieur est encoré plus saillant; il n'arri- ve pas au méme niveau de la face masticatrice, mais le bout interne est fusionné avec le som- met du denticule postérieur interne pi, limitant une fossette périphérique postérieure (o^) assez large et profonde, mais qui reste en communication avec la vallée céntrale au moyeii de la fente longitudinale (v,) qui separe les tubérculos mp etpi. Les molai- res de Albertogaudri/a, quoique beaucoup plus grosses que celles de Amilnedwardsia, sont construites a peu prés sur le méme type et n"en différent que par des différences de détails. Le rapproche- ment est surtout notable entre les molaires de ce dernier genre et celles de Alhertogaiidrtja tínica (fig. 221 ); ees derniéres ont aussi le denticule median postérieur mj) en are de cercle dirige d'avant en arriére, et le denticule postérieur intérnele est tres gros et conique; le bourrelet postérieur (,,) constitue le bord postérieur de la dent, et il descend en forme de créte saillante pour se fondre en dehors avec l'aréte angulaire postérieure et en dedans avec le denticule postérieur interne pi; entre ce bord postérieur saillant et le den- Fig. 220. Anúinedwardsia brcvicula Aragh. Cinquiéme molaire supérieure droite, vue par la face masticatrice, grossie six diamétres Oí) de la grandeur naturelle. Grétacé supérieur de Patago- nie (notostylopéen). 172 MUSEO NACIONAL DE BUENOSAIRES. ticule median mp, il y a lafossette péripliérique postérieure (o,) peu profonde et en communication avec la vallée transversale médiane par la branche postérieure (vj de celle-ci, qui separe ce denticule mp du postérieur interne pi. Dans les molaires de Alhertogaudrya .separata (fig. 222), le tubercule median postérieur mp a perdu le contour en are de cercle et a repris sa forme conique primitiva; il esfc devenu aussi plus liaut et il s'est rapproché du denticule pos- térieur interne jjí en diminuant notablementla prof ondeur et la lar- o-eur de la fente longitndinale (v,) qui les separe. Comme résultat t^- Fig. 221. Álherlogaurlrija tínica Amgh. Clnquiéme molaire supé- rieure droite, vue par la face mas- ticatrice, de grandeur naturelle. Crétaoé supérieur de Patacón ie (nu- tostylopéen supérieur ). ri¿. 222. Albertoc/audrya se- parata Amgh. Cinquiéme mo- laire supérieure droite, vue par la face masticatrice, de gran- deur naturelle. Crétacé supé- rieur de Patagonie (notosty- lopéen supérieur). de cette modification, la fossette péripliérique postérieure (o,) est un peu plus profonde et bien plus délimitée. On peut diré que les molaires d' A.straponotu>< (fig. 223) ne sont que des molaires d Alhertoc/audrija separata dans lesquelles les deux denticules, median postérieur mp, et postérieur interne pi, se sont rapproclié.s encoré davantage jusqu'á se fusionner, produisant ainsi une crcte transversale postérieure parfaite qui coupe toute communication de la vallée transversale médiane v avec la fossette périphérique postérieure (o,); cette derniére est devenue encoré ])lus profonde et complétement isolée. Sur les molaires de Paras- trapotherium mariiale (fig. 224), on voit que la créte transversale postérieure s'est considérablement élargie, et que le bourrelet posté- AMEaHINO: MORPHOLOCtIE>HYLOGÉNÉTIQUE. 173 rieur („), encoré plus haut que dans le geiire précédent, constitue une expansión en arriere en forme d'anse; conséquemment, la fossette périphérique postérieure (o,) est aitssi plus grande, plus profonde, <^ (Jól í€o (le My éíL- "incL OA. o V~ Fig. 223. Astraponolu.i Holdlchi? (Roth) Amgh.í Molaire supérieu- re droite, Tue par la face masti- catrioe, de grandeur natureUe. Crétacé supérievir de Patagonie ( astraponotéen ). Collection du üusée de La Plata. Pig. 224. Faraxirapollieritmi marliale Amgh. Cinquiéine molaire .supérieure gauche, vue par la face masticatrice, aux trois quarts (%) de la grandeur naturelle. Crétacé le phis supérieur de Patagonie (pyrothéréen). et á la diffórence de oeque nous avons vu dans les genres plus an- ciens oü elle a toujours la forme d'une vallée ou rainure transversa- le, elle a ici la forme d'une vallée longitudinale qui avance en avant vers I'intérieur de la oouronne. La molaire figurée est d'uii iudi- vidu qui était encoré jenne. Quaud les molaire.s sont plus usées (fig. 225), la créte transversale postérieure est encoré plus large et la fossette périphérique postérieure (o,) est plus petite et placee plus avant, et plus éloignée du bord postérieur lequel á son tonr n'a plus rien de l'ancienne forme en anse. Dans les molaires á'A^- trapotherhim (fig. 226) qui se trouvent á peu prés au mSme degré d'usure, on ne voit pas non plus aucun vestige du bourrelet posté- rieur a l'état indépendant, la créte transversale postérieure est presque aussi large que l'antéi'ieure, et au milieu de cette créte tres i Voir la note ile la p. 102. 174 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. éloignée du bord postérieur de lamolaire, ou voit une toute petite íle d'émail qui rejarésente la fossette périphérique postérieure (o,). Cu Fig. 225. Parastrajíolheriiim Molmherf/i Amgh. Cinquiéme molaire supérieure gauche, vue par la face masticatrice, aux trois quarts (''4) de la grandeur natu- relle. Crétacé le plus supérieiir de Patagonie (pyrothéréen). En présence de molaires semblables et satis en connaítre l'his- toire paléontologique, ^'ourrait-on jamáis soupcouner l'origine de ce petit ilot d'émail et de toute la partie périphérique postérieure? Fig. 226. Áfilrapolheriitm Tiiagnum (Ow.) Amgh. Cinquiéme molaire supérieure droite, vue par la face masticatrice, aux trois quarts (J) de la grandeur naturelle. Eocéne supérieur de Patagonie (santacruzéen). Cette fossette ¡Deripliérique postérieure présente des modifica- tions presque innombrables, mais toujours importantes pour la distinction des genres et souvent méme des espéces. Dans les molaires des genres Acoelodus et Oldfieldthomasia, la fossette en question a la forme d'une rainure transversale tres AMEGHINO: MORPHOLOaiE PHYLOGÉNÉTIQUE. 175 étroite et placee assez loin de la face masticatrice comme le de- montre la figure 227 qui représente une mol aire supérienre de f¿ pe at ^ae Fig. 227. Acododiis oppoíilns Amgh. Cinquiérae molaire supérieure droite; a vne par la face masticatrice; 5, par la face postérieiire; c, par le cóté interne, et d, par Texterne, grossie trois diamétres /S.\ de la grandeur naturelle. Crétacé su- périeur de Patagonie (uotostylopéen). Acoelodus opposiUis; sur la figure 227 c, on voit tres bien que cette rainure (o,) est ou verte sur le cóté interne á cause de l'extrémité du íi^ Fig. 228. PUuroslulodon modicus Ams.\\. Cinquiéme molaire supérieure droite; o vue par la face masticatrice, et h, vue par la face externe, grossie deux diami-- tres (%) de la grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie (notostylopéen) 176 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. bourrelet („) qui reste iiidépendant du denticule postérienr interne pi. Dans les molaires du genre Pleurostylodon (fig. 228), cette rai- nure (o,) s'élargit et prend la forme d'une fossette allongée qui se trouve fermée sur le cóté interne par le bout du bonrrelet qui se fu- sionne avec le denticule postérieur interne pi. C'est la méme confor- ruation qu'on observe aussi dans les molaires de Tijchosfi/lojys (fig. 229). Les molaires de ce genre sont en outre f ort remarquables par la créte trausversale postérieure cp tres étroite et bien droite dans Fig. 229. Ti/chosti/íojis siV/íiís Amgh. S¡- xiéme et septiéme molaires supérieures cU-oites, vues par la face masticatrice, grossies un demi-diamétre (J) du naturel. Crétacé supérieur de Patagonie (notos- tylopéen). Fig. 230. Plenrocoelodon Wingii Amgh. Cinquiéme molaire supé- rieure gauche, vue par la face masticatrice, aux quatre cinquié- mes (i': de la grandeur naturel- 1p. Crétacé le plus supérieur de Patagonie (pyrothéréen). sa direction transversale; la fossette pérlphériíjue postérieure (o,) est placee á la base de cette créte, mais il n'y a pas de fossette anté- rieure ni céntrale. Sur les molaires de Plenrocoelodon (fig. 230), le bourrelet postérieur (,,) s'est développé de maniere a faire aussi par- tie de la face masticatrice, mais le bout interne ne .s'est pas f usionné avec le denticule postérieur interne pi; il en resulte que la f osse péripbérique postérieure fo,j s'est transformée en une vallée trans- versale tres étroite et tres profonde, ouverte dans l'estrémité in- terne; á son toiir. le bourrelet postérieure („) a pris la forme d'une troisiéme créte transversale postéi'ieure, ce qui donue á ees molai- res un aspect bien caractéristique. Les molaires du genre Acropithecun (fig. 231) différcnt de celles de Ejñpithccus {ñg. 213) parlesdeuxbourrelets antérieur et posté- rieur qui ont perdu la forme d'anse, Tantérieur s'atrophiant presque complétement, tandis que le postérieur (,,) est descendu jusqu'á AJIEGHINO: MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 177 6 '^ O, atteindre le inveau de la face masticatrice, dont on iie peut plus le séparer que par le petit vestige en ile de la fossette péri- phérique postérieure (o,); en outre la vallée transversale médiane s'est fermée sur le cótó interne par la formation de la créte longi- tudinale interne el et elle se présente au centre de la cou- ronne sous la forme de vallée oblique-longitudinale. Dans les molaires du genre Gonopithe- cus (fig. 232), la forme trian- gulaire est plus accentuée, et la partie de la créte interne correspondant au denticule an- térieur est plus grande et plus saillante que celle correspon- dant au denticule postérieur ; en outre, le bourrelet antérieur (,) qui, chez Acropithecus, a presque disparu, est encoré bien développé chez GonopifJiecits, tandis que le bourrelet posté- rieur a perdu tout vestige de son indépendance primitive. Quoique les molaires figurées (fig. 232) soient peu usées, la fossette périphé- Fi"-. 2:U. Acrojii/heciis /ersus Aiiigli. Les deux dernieres molaires supérieures du cóté gauche, vues par la face mastica- trice, grossies trois diamétres fS\ de la grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagoiiie (notostylopíen). ^ ^^=^ O" Fig. 232. Gonopithecus triyonodontúides Amgh. Sixiéme et septiéme molaires su- périeures du cóté droit; a, vues par la face, masticatrice, et b, vues par le cütó in- terne, grossies six diamétres ( ^\ déla grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie (notostylopéen). rique postérieure (o,) n'est indiquée que par des traits compléte- ment superficiels et préte á disparaítre; il en est de méme de la fos- sette postérieure (o„j, et on ne voit plus de traces de la céntrale (o). Anal. Mus. Nac. Bs. As., Skiuk 3", r. ni. Fkiiukko 29, 1904. 12 178 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. Dans les molaires du genre Adpithecus (fig. 233), ils'est dóvelop- pévers la moitié de la longueur du bourrelet transvei'sal postérieur („) une saillie correspondant au tubérculo supplémentaire median postérieur ee qui termine par diviser la fossette péripliérique pos- Fig. 283. Adpitheciix secans Amgh. Cinquiéme molaire supérieure du cóté gau- che; a, vue par la face masticatrice, et 6, vue par la face interne, grossie six diamé- tres I ii ) de la graudeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie (notostylopéen). térieure (o,) en deux partios, une externe et l'autre interne; la partie externe de la fossette reste isolée prés du bord postérieur de la cou- ronne et disparait bientót avec l'usure; la partie interne a la forme d'une échancrure ou coche du bord périphérique interne, á cause de l'extrémité interne du bourrelet postérieur ( ,, ) qui reste com- (¿í- ¡M ') Fig. 234. Aiilepilhecus l/rac/i ¡jslcjjhanos Auigh. Cinquiéme molaire supérieure du c6té droit; a, vue par la face masticatrice, et b, vue par la face interne, grossie qua- tre diamétres (í\ de la grandeur naturelle. Crétacé sujiérieur de Patagonie (no- tostylopéen). plétement séparée du dentieule^^i et prend la forme d'unlobe pos- térieur qui se rétrécit graduellement vers le cote interne. Cette con- formation apparait encoré plus accentuóe dans le genre Antepitlie- cHs (fig. 234); sur les molaires de ce genre, tout vestige de la partie AMEGHINO: MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 179 externe de la fossette périphériqíxe postérieure (o,) a disparu, ne restant que la partie interne, en forme d'échancrure plus profonde, tandis que le bourrelet ¡Dostérieur ( „ ) simule un troisiéme lobe de forme triangulaire, large dans la partie externe qui corres- p)0nd ;'i la base, et tres étroit, presque en pointe, sur le cóté interne qui représente le som- met. Du reste, les molaires de ce genre sont tres différentes de celles du genre précédent, surtout jiar les deux denticules internes ai, pi, qui restent se- pares et conservent la forme conique primitive. Cette réapparition de l'élé- Fia. iüb. Plevroxiylodon hiconv„ Amgh. ment supplémentaire ee s'ob- Cinquiéme molaire supí-rieure gauche, serve dans des groupes tres T""^ ^^^ ^^ face masticatrice, grossie , o i deux diametres í-j-l de la grandeur natu- dlfterents, donnant toujours relie. Crétacé supérleur de Patagonie aux molaires un aspect carao- (notostylopéen). téristique. Sur les molaires de Pleurostylodon bicoiius (fig. 235), le dóveloppement du denticule en question partage la fossette postérieure en deux parties dont l'externe reste complétement isolée; la partie interne, au eontraire, Fig. 236. Dialophns sintiis Amgh. Cinquiéme molaire supérieure gauche; a, vue par la face masticatrice, et h, vue par la face interne, grussie deux dianiétres l^A de la grande ur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie (notostylopéen). constitue une espéce de grande vallée périphérique qui tourne sur les trois faces antérieure, postérieure et interne. Cette grande val- 180 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. lee póriphérique se trouve limitée par le bourrelet basal qui est aussi uuique et qui tourne sans discontinuité sur les trois faces. Les molaires de Dialophus simm (fig. '236) ressemblent beaucoup á celles du geiire précédent, mais elles en différent par la fossette périphérique postó- rieure en forme de vallée trans- versale beaucoup plus large et donfc le fond est divisé en deux partías par l'élément supiplé- uientaire ee qui reste éloigué de la surface masticatrice; en outre, le bout interne du bour- relet postérieur („) est en par- tie fusionné avec le denticule pi-i isolant ainsi la partie inter- ne de la fossette, et s'effacant sur le coin postérieur interne, de sorte que le bourrelet du co- te interne (©) reste complétement separé du bouiTelet postérieur. Le tubercule supplémentaire median postérieur ee daiis la ligne Fig. 237. Orip/iojiillucits Snessi Abel. Cinquiéme ou sixiéme molaire supérieu- re gauche, vue par la face masticatrice, grossie trois diamétres f Jj de la gran- deur naturelle, d'aprés Abel. Miocéne du bassin de Vienne (Autriche). a ó Fig. '2S8. Vjiiiiiix ffctidens fierv. et Amgh. Molaire supérieure droite; o, vue par la face mastic'atrice, et i, par la face postérieure, de graiidour naturelle. Pauíjiéeu le plus supérieur (lujaiiéen). AMEGHINO: MORPHOLOGIE PHYLOGKXÉTIQUE. 181 des primates réapparait chez quelques antropomorphes. Dans le genre fossiJe Gñphopithecus (fig. 237), il est tres gros et aceom- pagné de la fossette péripliérique postérieure (o,) et du bourrelet postórienr („) correspoiidant. La fossette péripliérique postérieure a aussi beaucoup d'impor- tance dans le développement de la ligue des hippo'ídes. Sur les molaires des chevaux, elle se trouve représentée par le petit pli d'émail du cOté interne de la face postérieure marqué par (o,) qui, sous la forme de coche (fig. 238 «1, penetre dans la couronne en se dirigeant en avant, et il se prolonge sur le füt dentaire en forme de sillón tout le loug de la face postérieure (fig. 238 h). La souche des hippoides se confond avec celle des primates et des liyraco'ides. On peut commencer á suivre la ligue qui abou- tit aux formes recentes, á partir du genre hyracoíde Acoelodus (fig. 239) dont toutes les espéces sont a couronne eourte et avec Fig. 239. Aroelodiix oppo.iitiis Amgh. Cinquiéme inolaire supérieure droite; o, vue par la face masticatrice; et i, vue \¡a,v la face externe, grossie trois diamétres (í\ de la grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagoiiie (uotostylopéen). le bourrelet postérieur (,,) separé du denticule postérieur interne pi et place assez loin de la face masticatrice ; la fossette postérieure (o,) a la forme d'une vallée transversale étroite ouverte sur le coin interne. Les deus lobes internes correspondant aux deux denticu- les internes sont bien separes par une fente qui constitue l'entrée de la vallée transversale médiane (v). Dans le genre Eohyra.r (ñg. 240), de la partie supérieure des coucbes á Xotoxtijlop.s, la cou- ronne des molaires devient plus longue et les racines se raccourcis- sent dans la méme proportion ; le bourrelet basal antérieur (,) montre une tendance á s'atténuer, tandis que le postérieur („) de- vient au contraire plus saillant et le bout interne se f usionne avec le denticule jj¿, de sorte que la fossette péripliérique postérieure se 182 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. ferme sur le cóté interne et prend une forme sub-circulaire; les deux lobes internes se rapprochent et rétrécissent l'entrée de la vallée transversale médiaue. Quand les dents sont déjá á moitié usées, comme l'échantillon representé fiar la figure 240, la fossette péri- phérique postérieure (o^) n'est plus représentée que par un tout petit ilot d'émail, les deux lobes internes sont iinis jusqu'á leur sommet en constituant une créte longitudinale interne, et la vallée transversale médiane reste isolée au centre de la couronne sans communication avec le cóté interne; sur la face interne, il ya un CZi 'X/ P^ Fig. 240. Eohyrax rnsticus Am%\i. Cini[uiéme molaire supéi-ieure gauche; a, vue par la face masticatrice, et 6, vue par le cúté antérieur, grossie trois diamétres (í) de la grandeur riaturelle. Crétacé supérieur de Patagonie (notostylopéen supérieur). sillón perpendiculaire interlobulaire tres étroit, dernier vestige de l'entrée de la vallée transversale médiane. Toutes les espéces de Eohyrax sont notablement plus grandes que celias de Acoelodus. Dans les couches plus recentes qui constituent l'étage astrapono- téen, le genre Eohyrax se transforme en Eomorphippus, avec des espéces de taille encoré plus considerable. Les molaires supérieures ne différent de celles du genre précédent que par la couronne en- coré plus longue, plus arquee, et avec un commencement de bour- relot basal interne; en outre le fút des molaires commence á se couvrir d'un dépót de cément. Dans les couches les plus recentes de l'étage astraponotéen, et dans celles de l'étage pyrothéréen, Eomorphippiiii est remplacé par son successeur Tnterh'ippns, encoré plus grand. Avec ce genre uous sommes dans la famille des notohippidés. Les molaires sont main- tenant presque hypsodontes, á prisme fortement arqué et enve- loppé par une forte croüte de cément qui, plus ou moins épaisse, AMEGHINO: MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 183 se trouve chez tous les descenclants. Les racines sont excessive- ment courtes, le bourrelet basal interne (©) esttrés fort etles dexix lobes internes sont sondes presque jusqn'au sommet; la fossette périphérique postérieure (o,) est complétement isolée et disparait quand les dents sont tres usées. Ces caracteres s'observent tros Fig. 241. Interlúppus deflexus Amgh. Cinquiéme molaire supérieure droite; a, vue par la face masticatrice, et b, vue par le cóté interne, de grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie (astraponotéen le plus supérieui'). bien sur la molaire d'un individu assez vienx représentée sur les fi- gures 241 et 242 appartenant á Interhippus deflexus et provenant des conches les plus recentes de l'étage astraponotéen. Interhippus phorcus, des couches a Pyrotlierium, ne difiere du précédent que Fig. 242. Inlerhi/ipus deflexas Amgh. La méme dent de la figure precedente; «, vue par la face antérieure, et 6, vue par le c6té externe, de grandeur naturelle. par le bourrelet basal du cote interne (g) qui est devenu si fort quil constitue deux gros tubercules á la base de la couronne. Les mo- laires neuves ou peu usées de ce genre (fig. 243) montrent les deux lobes internes ai, pi separes presque jusqu'á la base par une fente en forme de v, étroite en haut, et qui s elargit graduellement 184 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIBES. vers l'autre bout; la fossette périphérique postérieure (o) est si grande qu'elle occupe une partie considerable de la deut; le den- ticule median postérieur mp a la forme d'une colonnette isolée qui se dirige obliquement vers le cúté interne de maniere á pénétrer a peo ^ c Fig. 243. Interhippus phoreus Amgh. Mulaire supérieure droite presque pas usée; a, vae par la face inasticatrice, b, vue par le cSté interne ; et c, vue par la face postérieure, grossie deux diamétres (|] de la grandeur natnrelle. Crétacé supé- rieur de Patagonie (pyrothéréen). dans la fente en v qui separe les deux lobes internes; on distingue aussi tres bien tous les autres óléments primitifs qui, avec l'áge et l'usure, se fusionnent tous ensemble. Argyrohippus (fig. 2-Í4), de la base du tertiaire, est un successeur de Interhippus, avec les molaires supérieures encoré plus hypsodon- tes et plus arquees, raais á bourrelet basal interne atténué; les deux AMEGHINO: MORPHOLOGIE PHYLOGÉXETIQUE. 185 lobes internes ai, pi sont sondes presqne jusqu'au sommet; la ci'éte autérieure est tres arquee; les deux fossettes antérienre (o") et cén- trale (o) sont en oommuuication pour oonstituer la fosse antérieure unique des formes plus recentes. I Fig. 244. Arr/yrohipjjus fralerculiis Amgh. Cinquiéme inolaire supérieure gau- che; a, vue par la face masticatrice, et b, vue par la face postérieure, grossie un demi-iliamétre / ¡I , du naturel. Éocéne inférieur de Patagonie (colpodonéen). La fossette postérieure fo„) est de dimensions considerables et á contour un peu arqué. La fossette périphéri([ue postérieure (o;) est presque anssi grande que la precedente, complétement isolée, et assez séparée du Lord périphérique, donnant ainsi a la face mas- ticatrice un aspect bien caractéristique. Les molaires de Perhippiclion (fig. 245) se distinguent de celles de Aryyrohipptis par le prisme dentaire j)lus arqué, plus gros en C Fig. 245. Perliipiñilion lelragonoides Amgh. Molaire supérieure gauche; a, vue par la face masticatrice; i, vue par le cúté interne, et c, vue par le cót6 antérieur, de grandeur naturelle. Éooéne inférieur de Patagonie (colpodonéen). 186 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. proportion de la longueur, et par la face masticatrice beaucoup plus large et de eontour plus quadrangulaire ; sur la face interne les deux lobes sont unis presque jusqu'au sommet, etá la base du lobe antórieur on voit une colonnette supplémentaire interlobu- laire i qui arrive presque jusqu'á la moitié de la longueur de la dent. Par tous oes caracteres, ees molaires se rapprochent de celles du genre Hippidion (fig. 2-lG), mais conservent encoré la fossette postérieure isolée comine dans les genres précédents, et elles diffé- rent de celles du genre pampeen principalement par la colonnette supplémentaire interlobulaire i de StylMppus (fig. 163) (¡ni n'a pas encoré atteint la face masticatrice. Fig. 246. Hippidion scalarii C. Amgh. Cintiuiéme molaire supérieure gauche; a, vue par la face masticatrice, et b, vue i^ar la face antérieure, de grandeur natu- relle. Pampeen siipérieur fbonaréen). Collection du Musée National de Buenos Aires. Dans la figure 246, j'ai fait représenter une molaire supérieure d' Hippidion scalayi.n: on n'a qu'á la comparer aveu celle de Perhip- pidion pour s'ajjercevoir qu'elles sont construites sur le méme type, et avecleurs éléments développés dans les mémes proportions. Par le fait, si á une molaire supérieure á' Hippidion (fig. 246), d'Hip- phapluii (fig. 167) ou d^ Hipparion (fig. 92), on supprime la co- lonnette interlobulaire interne /, on a des molaires de notoliippi- dés, dont elles ne se distinguent d'une maniere notable que par la présence de l'arfite perpendiculaire médiane externe m. Viee-ver- sa, si nous supposons la petite colonnette supplémentaire interlo- bulaire interne i de Ferhippidion et de Stylhippíis aussi grande AMEGHINO: MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 187 que celle á'Hipparion et á'Hipphaplus, les molaires de ees noto- hippidés ressembleraieut siuguliéremenfc á eelles des équidos- la différeuce la plus notable consisterait aussi dans l'absence de Taré- te supplémentaire externe w, dont cependant on remarque le commencement chez quelques notoliippidés. Nous constatons l'au- tre différence notable dans la fossette postérieure (o,) en for- me d'ile complétement séparóe du bord périphérique chez les no- tohippidés, tandis que, chez les équidés, elle est unie au bord pé- riphérique et présente en conséquence la forme d'une presqu'ile. Ce changement de forme de la fossette postérieure est tout sim- plement dü á l'allongemeut du prisme dentaire et á son passage du stade brachyodonte au stade hypsodonte. On connait déjá tres bien le fait que, dans les molaires hypsodontes, les modiñcatioñs de forme qui se produisent sur le bord périphérique ont une ten- dance a se prolonger tout le long du prisme dentaire. Dans les mo- laires hypsodontes parfaites, c'est-á-dire a croissance continué, la forme du prisme dentaire ne peut souffrir le moindre changement Sur n'importe quel point de la périphérie sans que la modification ne se propage á toute la lougueur de la dent ; c'est pour cela que les dents á croissance continué qui ont acquis cet état d'une maniere parfaite ont dans n'importe quel point de leur hauteur une coupe ou section transversale á contour égal. II en resulte done que la forme des prismes dentaires de ees animaux ne peut se modiíier que par la formation de sillons, de creux, d'arétes ou de colonnes qui s'étendent d'un bout á l'autre des dents. C'est ce qui est arrivó avec la fossette périphérique postérieure dans le développement de la ligne qui conduit aux équides. Tout d'abord je dois rappeler que dans les molaires non usées des notohippidés, la fossette périphéri- que postérieure (o, ) est toujours en communication avec le bord péri- phérique des molaires. Dans les molaires á fut déjá assez allongé, ce bord périphérique, qui limite en arriére la fossette, s'échancre en produisant une entaille qui fait communiquer la fossette avec la face postérieure; c'est ce que Ton voit déjá indiqué sur la molaire non usée de hiterhippus phorcus (fig. 243). Dans cette molaire, la fossette périphérique postérieure (o,J est tres large sur la face mas- ticatrice, mais elle a la forme d'un entonnoir qui diminuegraduelle- ment verslabase de sorte que sur la molaire usée la fossette était beaucoup plus petite et complétement séparée du bord périphéri- que. Sur les molaires caduques á^ Hipphaplua (fig. 2-17), cette échan- crureest plus large mais encoré basse; cette échancrure fait que la lame périphérique d'émail penetre dans la couronne sous la forme 188 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. d'un pli qui s'élargit en dedans et prend un contonr circulaire, mais, n'étant que superficielle réchancrure s'efface tres promptement avec l'usure et la partie interne du pli reste isolé en constituant la fossette jjériphérique postérieure (o^). Dans le genre Hippklion, l'échancrure qui ouvre la fossette (o,) sur la face postérieure se prolonge sur le jjrisme dentaire en forme de sillón qui arrive pres- que jusqu'á la base, d'oú il resulte que la lame póriphórique d'émail penetre á l'intérieur du prisme et forme siir la face masticatrice un pli d'émail assez étroit qui représente la fossette péripliérique pos- térieure en question, comme le montre la molaire supérieure d^Hij}- pidion scalnris (fig. 246). Pourtant, il y a des espéces d'Hip- Fig. 247. HipphapJiis anlitpnis Amgh. Molaire supérieure droite, vue par la face masticatrice, de grandeur natu- relle. Pampeen inférieur (ensénadéeu). Fig. 248. Xesohippidion angvlatns (Amgh). Molaire supérieure gauche vue par la face masticatrice, de gran- deur naturelle. Pampeen moyen de Buenos Aires. pidion cliez lesquelles la fossette ne reste ouverte sur la face postérieure (du moins sur quelques dents) que jusqu'á la moitié ou le tiers de la loiigueur du prisme dentaire; dans ees cas, quand les molaires sont usées jusqu'á la moitié ou le tiers de leur longueur, le pli rentrant reste isolé et separé sur la face masticatrice avec son ancienne forme d ile circulaire, avec le seule différence que le creux est ici rempli par du cément. Dans Nesohippidion augulafus', cette fossette périphérique postérieure (o,) se présente déjá isolóe, méme avant que les molaires soient attaquées par la masticationi et cela aussi bien sur les remplazantes que sur les persistantes (fig, 248). Les espéces du genre Equus sont celles qui ont acquis le ¡jlus haut degré d'hypsodontie; les molaires persistantes et de rempla- AMEGHINO: MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 189 cemeut, au moment d'entrer en fonetion, sont a fúfc prismatique et á base complétement ouverte ; les racines ne se f orment que plus tard et restent toujours tres courtes. En amere de ees molaires en- coré jeunes et á base ouverte (fig. 249), on voit la fossette périphéri- que postérieure (o,) de contour assez grand, mais ouverte sur le cóté externe; cette échaucrure latérale se rétrécit tout á coup et se trans- forme en un sillón tres étroit et tres profond qui parcourt le pris- me dentnir',' dans toute sa longueur; a la surface masticatrice, ce sil- Ion transforme la fossette (Oj) en un pli rentrant assez étroit qui a h Fig. 249. Eqiiiix rnholbis L. Sixiéme molaire supérieure gauclie, non encoré usée; a, vue par la face masticatrice, et /;, vue par la face postérieure, de gran- deur naturelle. Epoque actuelle. reste visible tant que l'usure n'entame pas la molaire jusqu'á la ra- cine. Alors, mais pour peu de temps, quelquesfois le pli repreud la forme d'ile propre des antécesseurs, et disparait complétement avec l'avancement de l'usure. Cependant, toutes les espéces du genre Equus ne sont pas sous ce rapport absolument égales, ce pli étant chez quelques-unes beaucoup plus large que chez d'autres. En cutre, les espéces fossiles del'Amérique du Sud paraissentplus priraitives que les autres, car il ya une transition complete et gradueile des espéces des genres Equiis et Uijjpidion k celles de Onüliippidion et HipphúpluK, et de ees derniéres a celles de Stereohipptin. II n'est 190 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. done pas étonnant de trouver sur ce contineiit des esjjeces fos- siles da genre Eq^ius c\ie.z]esq\\eUes on retrouve la fossette périphé- rique postérieiire fo,) avec son asj^ect primitif en forme d'ile com- me dans les anciens notohippidés. On voit cette fossette sur les molaires de remplacement k moitié usées de V Eqims andium, et on la retrouve aussi sur les molaires postérieures ou persistantes de VEqims insulatus de Tarija (fig. 250). Parfois, comme un cas de régression, on la trouvesur des molaires du clieval domestique; les cas en sont excessivement rares, et toujours sur la derniére molai- Fig. 250. Equus insidalus C. Amgh. Sixiéme molaire siipérieure droite, vue par la face masticatrice, de gran- deur naturelle. Pampeen de Tarija. Colleotion du Musée Natunial de Buenos Aires. Fig. 251. Eqaiia cahallus L. Der- niére molaire supérieure gauche, vue par la face masticatrice, de grandeur naturelle, montrant la fossette périphérique postérieure (o,) sousla forme d'lle. Collection du Musée National de Buenos Aires. re supérieure, comme récliantillon representé par la figure 251. On la trbuve également, et assez souvent, sur des molaires provenant des genres Proiohippus et Merkhipjnis de TAmériqtte du Nord, mais seulemeiit sur des molaires fort usées. 11 est bien curieux que les molaires de Fliohijrnx (jraecux forte- ment usées, comme les a figurées M. Forsyth Major, laissent voir une petite fossette périphérique postérieure, comme dans celles des notohippidés; ce caraetére uni á celui do Tabseuce de l'aréte médiane externe íH, l'allongement de la derniére molaire, la forme genérale du cráne, etc, démontrent que ce genre doit constituer une troisiéme famille du sous-ordre des Hippoidea., famille qui doit s'étre dévelop- pée parallélement a celle des notohippidés. Lesrelations que les plio- hyracidés présentent avec les hyracoídes les plus pfimitifs ( Acoe- lodidae) sont les mémes que montrent les notohijijiidés. AMEGHINO: MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 191 Fossette périphérique interne. La présence de cette fossette, que je distingue sur les figures avec le signe (o.), s'observe bien plus rarement que la péripbérique postérieure. Quand elle existe, on la trouve toiíjours a l'entrée de la vallée transversale médiane interne ou au milieu du sillón in- terlobulaire qui divise les deux lobes internes. Dans quelques es- péces, ce sillou se creuse au-dessous et á une certaine distance du col, de maniere á constituer une fossette périphérique interne comme on le voit sur les mo- laires de Oldpeldthomasia am- phractuosa (fig. 252); le sillón interlobulaire descend de cette fossette sous la forme d'une gouttiére qui termine au boi-d de la lame qui barre l'entrée de la vallée transversale mé- diane (v). Les molaires de cette espéce sont en outre tres inté- ressantes parce qu'elles mon- trent les deux bourrelets anté- rieur (,) et postérieur (,,) éga- Fig. 2o2. OldfieldthomasM ampliraduom lement bien développés, avec Amgh. Cinquiéme molaire supúrieure l„„„ i„ i • i 1- i- . , droite, vue par la face masticatrice, leur bout interne distinet, et •.■,•■. ,-^, , , ' grossie trois diametres !-U de la gran- trés éloignés des denticules in- deur naturelle. Crétacé .supérieur de Pa- ternes correspondants ai, pi; tagonie (notostylopéen). les deux fossettes ¡Déripkéri- ques antérieure (o) et postérieure (o,j ont encoré la forme ])ri- mitive de vallée transversale étroite ouverte sur le cote inter- ne; en outre les fossettes coronales antérieure ('(jet postérieure ()) conservent encoré leur forme également primitivo de crois- sant, ¡'antérieure séparant complétement les cretes antérieure et externe. Les molaires 5 et 6 de Plejcotemnn.s complicatis^imus (fig. 25.3) présentent une fossette périphérique interne (o.) sem- blable, mais malgré cela elles ont une forme tres différente. Les deux bourrelets sont tres dissemblables; rantér¡eur(,) reste ala base de la couronne et donne origine á une fossette périphérique antérieu- re ouverte aux deux bouts; le bourrelet postérieur (,,) est éloigné de la base et s'est fusionné avec le deuticule postérieur interne j^i constituant une fossette périphérique postérieure (o,) en forme 192 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. de vallée transversale large et fermée aiix deux bouts. La vallée transversale médiane interne v est séparée de la face interne par une crete longitudinale interne, et les fossettes antérieure f o"j, céntrale (oj et postérieure fo„) sont restées en communication avec la vallée transversale et se sont en outre dédoublées de talle '/>t V Pig. 253. Plexoteviniis complicaíis'shnus Amgli. Molaires supérieures 6 et 7 du cote droit, vuHs par la face masticatrice. grossies á peu prés huit cinquiémes (i) de la Ki'andeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie (notostylopéen). 'Yfljd' sorte que le cóté externe de la vallée présente un bord exeessive- ment compliqué. Chez d'autres ongulés, la fossette périphériqne interne s'est cons- tituée par une voie assez diff érente. L'entrée de la vallée trans- versale médiane interne v s'est fermée par une lame longitu- dinale qui a mis en communi- cation les sommets des deux denticules internes ai et pi; comme dernier vestige de l'en- trée de la vallée il est resté un sillón interlobulaire; sur la face de la muraille interne, á la base de ce sillón, il s'est développé un petit denticule sujiplémen- taire interlobulaire i qui en croissant a constitué sur le sil- Ion interlobulaire une espéce de voute, isolant ainsi un creux plus cu moins profoud. C'est ainsi que s'est forraée la fossette périphérique interne des macraucluMiidés. Ciiez Protheosodon (fig. 254), dn crétacé le plus supérieur, nii vdit les deux denticules internes ai, pi bien separes Fig. 254. I'riillu'iixiiiluii {■niiiferus Auigh. Cinquiéme nmlaire supérieure droite, vue par la face nla^ticatrice, á peu prés de graiideur iiaturelle. Crétacé le plus su- périeur de Patagiinie (pyrothéréeu). AMEGHINO: MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 103 par reutr¿e de la vallée transversale mediano fvj. Cette entrée s'ef- face graduellement et il n-en reste plus que des vestiges daiis le genre Cmmauchenia de l'éocéne inférieur. Chez Theosodon Lt/del- l-eri (fig. 255), les deux denticules internes ai, pi se sont unis par une créte, et sur la face interne de cette créte, il s'est constitué un sillón interlobulaire n. Les denticules intermédiaires se sont aussi effacíés et dans l'échantillon ci-dessous figuré, le centre déla cou- ronne est occupé par une dépression en bassin assez profonde qui correspond á la fossette céntrale (oj tres élargie. A la base de la couronne des molaires de Pneudocoelosoma, il se forme sur le /./e o í(/t /J¿ CIL Fio;. 255. Tkeoaodon Lydekkeri Amgh. Cinquiéme molaire supérieu- re droite, vite par la face masticatri- ce, grossie huit septiémes (-§- ] de la grandeur naturelle. Eocéne supérieur de Patagonie (santacruzéen). «t o Fig. ¿56. Psendocoelosoma ¡>ata- ¡jonií'.a Amgh. Cinquiéme molaire supérieure gauche non encoré usée, vue par la face masticatrice, gros- sie neuf huitiémes (-J) de la gran- deur naturelle. Eocéce supérieur de Patagonie (santacruzéen supérieur) cóté interne, justement en face du sillón interlobulaire n, un tu- bérculo interlobulaire ¿, qi;i couvre en partie le sillón et le trans- forme en un creux ou fossette périphérique interne f o. j bien vi- sible sur la figure 25G qui représente une molaire persistante non encoré usée de ce genre. Dü á ce que cette dent est toute nouvelle, les sommets des denticules internes ai, pi sont encoré en partie indé- pendants et la fossette céntrale (o) est bien plus profonde. La fi- gure 257 représente la méme dent, également toute neuve, d'un ani- mal beaucoup plus récent, le Scalabrinitherium Eof/ii, de l'oligo- céne supérieur de Paraná. Le tubercule supplémentaire interlobu- laire interne i a perdu la forme conique; il s'est aplati et élargi jusqu'á se transformer en une lame qui couvre le sillón interlobu- laire en le transformant en une fossette parfaite (o.J; pourtant, cette lame n'arrive pas encoré jusqu'au uiveau de la face mastica- Anal. Mus. Nac. Bs. As., Serie 3% t. m. Marzo 1°, 1904. 18 194 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. trice. Sur cette dent, tres peu usée, toutes les crétes qui sépa- rent les creux sont tres minees, presque comme des lames, et les creux sout tres larges et profonds; avec l'usure, les crétes devien- Ct/tV Fig. 257. Sccdabi-inilhcriina Botlii Amgh. Ciuquiéme molaire supérieu- re droite, tres peu usée, vue par la face masticatrice, grossie uu demi- diamétre (-|) du naturel. Oligocéne supérieur de Paraná (mésopotaméen). (Uí' O, 1^1 o. ai Fig. 258. .Scnlahi-initheritnii Uolhi Amgh. Cinquiéme molaire supé- rieure droite, déjá assez usée, vue ]iar la face masticatrice, grossie cinq quarts (i; de la grandeur naturelle. Oligocéne supérieur de Paraná (mésopotaméen). nent graduellement plus larges et les creux se rapetissent dans la m.éme proportion; quaiid les molaires sont usées jvisqu'au tiers de la longueur de la couronne, elles présentent l'aspect de celle figurée avec le numero 258, qui représente la méme espéce que la l)récédente. C'est a peu de cliose prés la méme configuratiou que l'on observe siir celles du genre pampeen Macrauchetiia. Quoique assez rarement, la fossette périjjliérique interne se pré- V p^Qmr^iY'y'^cC^:?' Fig. 259. Protohippus f Meri/chippus ) mirahUis Leidy. Les trois derniéres mo- laires supérienres du cóté droit, vues par la face masticatrice, de grandeur na- turelle. Tírtiaire supérieur des Etats-Unis (pliocéne inférieur). senté aussi dans quelques genres de la famille des équidés. Le cas le plus notable nous est offert jiar le genre Protohipptis de AMEGHINO: MORPHOLOGIE PHTLOGÉNÉTIQUE. 195 l'Ainérique du Nord, qu'on place géiiéralement dansla ligneaaces- trale directe des genres Eqmis et Uippidion. Ci-contre, soiis le numero 259, je reprodiiis (d'aprés Leid}-) la figure des trois der- niéres inolaires supérieures de Protohippv.i ( Merychippus ) mira- bilis provenant d'un vifiil individu. Sur la derniére molaire qui est moins usée que les deux precedentes, outre un petit vestige de la fossette périphérique postérieure (o,), on voit le denticule sup- plémentaire interne i bien delimité par la f ausse vallée trausversale interne s; prés de la base, l'entrée de cette vallée se rétrécit, les deux bords se rapprochent et sefusionnent, Témail constituant une lame continué, tandis que le bout interne de la vallée descend en forme de puits. II en resulte que les molaires, en s'usant, finissent par entamer cette lame, la partie postérieure du tubercide sujd- plémeutaire i se fusionne avec la partie autérieure du denticule postérieur interne p¿, et le bout interne de la vallée reste alora se- paré sous la forme d'une ile, constituant la fossette péripliérique interne (o.) telle qu'on Fobserve dans les molaires 5 et G de ladite figure. II est tout clair que celui-ci est un caractére de spéciali- sation que n'ont pas atteint les chevaux des autres ¡larties du monde et la conséquence en est que, aussi bien le PvotohiíJpus que les autres formes voisines propres de l'Amérique du Nord, doi- vent étre définitivement ecartes de la ligne directe qui conduit aux chevaux récents. VI. Les creux coronaux. Disposition genérale. Pour en terminer avec les principaux caracteres eu forme de creux que l'on trouve sur les molaires des ongulés, il me reste i'i examiner ceux du centre de la face masticatrice de la couronne. Jai déjá dit plus haut que l'histoire du dóveloppement de ees derniers est complétement distincte de celle des creux péripbéri- ques. Sous leur forme la plus primitive, ees creux étaient tout sim- plement les vides ou espaces qui séparaient les uns des autres les 196 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. tiibercTiles coniqnes des molaires des premiers mammiféres. Qnoi- qu'ils se présenteiit parfois tres compliques, ils deviennent suc- cessivement de ¡dIus en plus simples chez les ancetres, jusqu'á ce qu'ils se réduisent á des traits qui sóparent les six tubercules primaires qui formaient la couronne des molaires des anciens mammiféres. Pour pouvoir suivre la transformation et la complicaticn de ees creux, il faut done les connaitre des leur point de départ sous leur forme la plus simple et la plus j)rimitive. Cette conformation se trouve chez les condylarthres dont les molaires supérieures con- servaient les six tubercules primaires complétement isolés les uns des autres. Comme point de départ, je donne ci-contre la figure d'une molaire supérieure de Loncho- comin Imiceolatus (fig. 260) non usée, avec les six denticules parfaits. Au centre méme de la couronne, entre les quatre denticules plus externes, ae,pe, nía, mp, il y a un creux en bas- sin indiqué avec le signe (oj : c'est ce que j'appelle la fosse ou fossette céntrale; elle peut s'élargir,s'ei'facer ouserétrécir jusqu'á prendre la forme d'un puits. De ees quatre denticules, nous voyons que les deux externes ae, pe sont separes des deux autres ma, mp qui suivent inmédiatement en dedans, par deux fentes lon- gitudinales tres étroites ( ( ) et ( ) ); or, comme les deux denticules externes sont presque toujours beaucoup plus grands que les mé- dians et fortement convexes sur leur cote interne, ees fentes longi- tudinales décrivent presque toujours une ligne en are de cercle, dont la partie concave regarde en deliors. C'est á cause de cette con- formation que je donne á ees creux, sous cette forme primitive, le nom de vallées ou fentes en croissant. Ces vallées en croissant peu- vent s'élargir et se fermer á leurs bouts, se transformant alors en deux creux ou fosses, qui portent le nom de «fosse antérieure» et «fosse postérieure»; une de oes fosses peiit quelquefois englober aussi la fosse céntrale. Passons maintenant au cótó interne de la molaire. Ici, nous vo- Fig. 260. Lonchoconus lanceolatus Amgh. Cinquiéme molaire supéri'eure gauche, vue par la face masticatrice, grossie quatre diamétres liA de la grandeur na- turelle. Crétacé supérieur de Patagonie (notostylopéen). AMEGHINO: MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 197 yons que les cleux clenticules internes ai, pi sont separes par une vallée transversale profonde qui penetre dans le centre de la cou- ronne: c'est la vallée transversale médiane interne (v). A l'intérieur de la couronne cette vallée se divise en deux branches, une auté- rieureetl'autre postérieure. Labranche antérieure (v'), toujours la plus grande, se dirige obliquement en dehors et en avant, comniu" niquant avec la fosse céntrale (o) ainsi qu'avec la fente en croissant antérieure (O ou la fosse correspondante (o"). La branche postérieu- re fr,;, toujours plus petite ou plus courte, separe le denticule posté- rieur interne pi du median postórieur mp. A premiére vue, ou ne pourrait pas s'imaginer les transformations pour ainsi diré innombrables auxquelles ees ligues ou traits, au com- mencement si simples, ont pu donner origine, et pour qu'on puisse s'en faire une idee, je vais tácher d'en présenter une histoire suc- cincte. Bassin central et Fossette céntrale. Comme nous l'avons vu sur les molaires de Lonchoconus {i\g. 260), sous sa forme la plus primitivo, c'est uu bassin entouré par les quatre denticules les plus externes, ae, pe, nía, mp. Sur les figures je distingue ce bassin avec le signe (o) ; selon que les denticules se soient fusion- nés, soit en se portant vers la périphérie ou en se rappro- chant du centre, la fossette céntrale s'est élargie ou rétré- cie. Dans les molaires de Mi- crostylops (fig. 261), los deux denticules internes ai, pi se relient aux deux externes ae, pe, par les deux crétes trans- versales tres étroites cu et cp. Les denticules médians ma et mp de Lonchoconiis ont avancé vers la périphérie en se fusionnant complétement avec les crétes transversales. Tout le centre de la couronne est occupé par une grande dépression qui corresjDond á la fossette céntrale (o), aux deux fentes en croissant et á la partie interne de la branche anté- Fig. 261. Microstylops clariis Amgli. Cinquiéme molaire supérieure droite, vue 15ar la face masticatrice, grossie quatre diamétres HA de la grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagouie (notos- tj'lopéen). 198 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. n-ici rieure de la vallt'e transversale mócUane, ees différents creux étant englobes tous ensemble; ponrtaiifc, les traits plus profonds qu'on observe dans le fond de ce grand bassin correspondent aux diffé- rents creux en question. Dans les molaires de Asmifhwoodwanlia (fig. 2H2), nous obser- Yons une conformation bien distincte. Dans le genre pró- cédent, comme aussi chez Lon- choconus, le bassin central de la face masticatrice est ouvert sur le cote interne par la val- lée transversale médiaue; chez Asmithwoodwardia , le bassin est comiolétemeut fermó sans communication avec le cóté interne; cela est dü á la vallée transversale médiane qui s'est déplacée et se trouve plus en arriéré. Le déplacement de la vallée a été le résultat du tu- bérculo postérieur interne pi qui s'est portó plus en arriere, et du median postérieur mp qui s'est uni par une faible créte k l'antérieur interne ai, cou- pant ainsi la communication de la vallée transversale médiane v avec le bassin interne; en outre, le denticule median antérieur Fig. 262. Asmithtvoodwanlia snhtriyona ,\ingh. Cinquiéme molaire supérieure gauche, vue par la face masticatrice, grossie huit diamétres {í\ de la grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patago- nie (notostylopóen). "^^ 9 t P-e 1^ '^■^^^^^^^ 1/ 1 ' jo||j:iJ¿l!ai,liliilnlilí,lW «92^ ^.^gfra^^HS^^^E I*"* ^ ■ |ip|H ^¿^^^m r> tí^l^ piEíf <%-' ufi pe ">* Fig. 2(11! Triíjonnsfijlojjs infer/er Amgh. Cinquiéme molaire supérieure gauche; rt, vue par la face masticatrice, et A, vue par la face externe, grossie deux diamé- tres (I) de la grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie (notos- tylopéen). ai, étant devenu un peu ¡¡lus petit et s'étaut porté un peu plus en avant, la fossette céntrale (o) est devenue aussi plus large et AMEGHINO: MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 199 plus profonde. On voit également que les deux denticules médians ma, mp, quoique s'étaiit relies par de faibles crétes au tubercule an- térieur interne ai, sont restes complétenieut separes des deux denti- cules externes ae, pe, de sorte que les f entes en croissant ()) et(() persistent et se fondent avec la fosse céntrale (o). Les molaires de Trigo7wst¡jlops (ñg. 263) sont une modification de celles du genre précédent. Le denticule postérieur interne jñ est devenu encoré plus petit etl'antérieur interne «i proportionnellement plus grand. Les deux denticules médians ma, mp ont diminué de graudeur, et se sont éloignés du centre, se f ondant dans les deux crétes obliques; de ees deux crétes, l'antérieure s'est fusionnée avec le denticule anté- rieur externe ae effacant aiusi complétement la fente en croissant antérieure, tandis qu'il reste á peine des vestiges de la posté- rieure indiquant encoré l'exis- tence d'une tres faible sépa- ration entre le denticule me- dian postérieur 7íip et le pos- térieur externe ^e. L'esi^ace compris entre la créte externe et les deux crétes obliques qui aboutissent au denticule anté- rieur interne ai s'est ainsi no- tablement élargi et transformé en un grand bassin qui repré- sente la fosse céntrale (o) et oc- cupe la plus grande partie de la face masticatrice. A rinverse de ce qui a en lieu dans la ligne destrigo nostylo- pidés, dans celle des macrauchénidés, la f ossette céntrale (o) s'est gra- duellement rétrécie en augmentantde profondeur jusqu'áse trans- formeren un puits. II est inutile que je m'arréte á examiner toutes les formes iutermédiaires et je ne ferai que présenter les trois sta- des les plus notables de cette modification. Chez Cramaiichenia normalis (fig. 264), del'éocéne inférieur, lafossette céntrale (o) est assezgTande,peu profonde, présentant une disposition assez sem- blable á celle que nous avonsvuesur les molaires de Asmithicood- icardia (fig. 262); ici aussi cette ressemblance est due á ce que le den- ticule postérieure interne jj¿ s'est déplacé et porté en arriere, tandis que le tubercule median de Protheosodon (fig. 254) s'est transformé en une créte oblique qui le relie au denticule antérieur interne ai, Fig. 264. Vramaiichenia normalix Amgh. Derniére molaire supérieure gauche, peu usée, vue par la face masticatrice, gros- sie deux diamétres (t\ de la graudeur naturelle. Eocéne inféi-ieur de Fatagonie ( colpodonéen ). 200 MUSEO NACIONAL DE BUENOSAIRES. coupant ainsi la communication de la vallée transversale médiane v aveo le bassin central (o.). La molaire figures est peu usée et les cre- tas sont tres étroites; en s'usant, les crétes devenaient plus larges et rapetissaient un peu le Ijassin central. Chez les descendants de l'éo- oénesupérieur, les crétes étaient deja plus larges, méme sur les mo- laires peu usées, et le bassin central était plus réduit quoique plus profond; c'est ce que demontre la molaire de T^eo«oíío» représen- tée sur la figure 265. Chez Macrauchenia, qui est le dernier repré- sentant de cette ligne, nous avons des molaires dont les crétes se sont Fig. 2()5. Theosodon karaikensis Amgli. Derniére molaire supérieure droite vue par la face mastlcatrice, grossie deux diamétres (-|.) de la grandeur naturelle. Eocéne supe - rieur de Patagonie (notohippidéen). ¿l'tx Fig. 2(36. Macraiichenia patacho- nica Owen. Derniére molaire su- périeure droite, vue par la face masticatrice , réduite aux trois quarts (%) de la grandeur natu- relle. Pampeen supérieur (luja- néen) de Buenos Aires. tellement élargies qu'elles ont perdu leur indépendance et se sontfu- sionnóes en produisant une sarface presque unie au milieu de la- quelle persiste la fosse céntrale o sous la forme d'un petit puits, mais tres profond, isolé au centre de la couronne (fig. 2G6). Les deux series de modifications de la fosse céntrale et en sens opposó, que je viens d'examiner, ont eu lieu chez des animaux dont les molaires avaient pris le type dit triangulaire par la réduc- tion du tubercule postérieur interne et la formation de la créte oblique qui lie le denticule median postérieur mp a l'antérieur in- terne ai. Dans los molaires de ce type, la vallée transversale média- ne interne s'est séparée de sa branche antérieure (v'') qui est restée AMEGHINO: MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 201 coupée et s'est confoudae avec la fosse céntrale; la partie interne r de la vallée est restes en dehors du bassin central o et par sa branche postérieure (v,) s'est mis en communicatiou avec la fossette péri- phérique postérieure (o'). Le bassin central est resté ainsi compléte- ment isoló par les trois crétes, l'oblique antérieure, la transversale postérieure et la longitudiiíale externe; dans oes conditious, il n'a pu que s'agrandir ou se rapetisser selon que les crétes en question se sont éloignées ou rapprochées de la partie céntrale. Mais dans un nombre considerable d'ongulés, le bassin central est resté plus ou moins ouvert sur le oóté interne par la persistan- ce de la vallée transversale médiaue interne (v), et dans ce cas, la réduction, l'isolement ou le changement de forme de la fosse cen- /míi' tnp t /i/- Fig. 267. Rhinoceros. Molaire supérieure droite, reproduite d'aprés Osborn, mon- trant la disposition des crétes et des creux. trale s'est accompli d'une tont autre maniere. Sur la molaire de Rhinoceros, représentée par la fig. 267, on voit une grande vallée transversale mediana interne dont le bout communique avec deux autres cavités dont la postérieure plus grande o représente la fosse céntrale. Cette fosse presque circulaire communique avec la vallée jjar un détroit ou étranglement foi'mé par deux pointes saillautes opposées, une de la partie antérieure de la créte externe qui correspond au denticule antérieur externe ae, et l'autre de la créte postérieure représentant le denticule median postérienr mp. En se rapprocliant davantage ees deux pointes finissent par s'unir, laissant alors la fossette céntrale complétement isolée an 202 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. centre de la couronne comme il anivo dans beauconp d'esj^éces de Ehinoceros et d'astrapothéridós (fig. 268). Mais chez d'au- o(t' ue OyL Q U- Pig. 268. Parasfrapotherium mmiiah. Aragh. Cinquiéme molaire supérieure gau- che, vue par la face masticatrice, aux trois quarts (^;-i) de la grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie ( pyrothéréen ). tres espéces, l'étranglement a persiste et la fosse (o) a diminuó de grandeur comme dans le cas de Farasfrapotherium Hohnhergi (fig. 26!:)) Olí elle ne constitue plus qu'une petite coche ou bale de c^ Fig. 269. I'aranlrapotherium Holmheriji Amgh. Cinquiéme molaire supérieure gauche, vue par la face masticatrice, aux troix quarts ('l-i) de la grandeur natu- relle. Crétacé le plus supérieur de Patagonie (pyrothéréen). la vallée transversale. Continuaut encoré á diminuer, la fosse cén- trale disparait complétement comme on l'observe sur les molaires AMEGHINO: MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 203 assez usées á^ AstrapotJieriuní magniim (fig. 270). D'autres varia- tious dans la forme et la positiou de la fossette céntrale sont tres Fig. 270. Asli-apolberiiin magniim (Ow.) Amgh. Ginquiéme molaire supérieure droite, vue par la face masticatrice, aux trois quarts (':4) de la grandeur natu- relle. Eocéne supérieur de Patagonie (santacruzéen). fréqiientes: je m'occuperai de quelques-iuies de ees variations en traitant des autres creux. Vallées en croissant et fossettes antérieure et postérieure. J'ai déjá dit plus haut que sui' les molaires qui ont conservé l'état bunodonte primitif avecles tubercules bien indépendants, les deux tubercules externes ae, pe sont separes des deux médians ma, mp, par deux vallées en croissant, la concavité du croissant regar- dant en dehors. Sur les figures j'indique la vallée en croissant an- térieure avec le signe ( ( ), et la j^ostérieure par le signe ()). Ces deux vallées que nous avons vues tres bieu prononcées sur les mo- laires de Lonchoconus se conservent avec une forme d'autant plus ró- guliére que les deux denticules externes sont plus réguliérement coniques. Sur les molaires de Froectocion argentinus {í'ig. 271), elles ont une forme en croissant d'une regulante parfaite, l'antérieure ( ( ) étant ici beaucoup plus grande que la postérieure ( ) ) en rapport avec la grandeur beaucoup plus considerable du tubercule antérieur externe ae. Les molaires de Didolodm muUicinfpis (fig. 272) ont les tubercules médians ma, mp et les externes ae, pe, moins hauts et 204 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. moins distincts que sur celles de Proectocion, efc d'accord avec cela on voit les vallées en croissant plus courtes et moins profondes ; en outre, les deux tubercules postérieurs j^e et mp étant devenus moins Fiíí. 271. Proedorion argentinns Amgh. Sixiéme molaire supérieure droite, vue par la face masticatrice, grossie six diamétres (J) de la gran- deur aaturelle. Crétacé supérieur de Patagonie niotostylopéen). yrui. Fig. 272. Didolodus multicuspis Amgh. Derniére molaire (m 7) supérieure droite, vue par ■ la face masticatrice, grossie quatre diamétres (í\ de la grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patago- nie (notostylopéen). coniques, á base moins circulaire, la vallée en croissant postérieure ( ) ) est devenue aussi presque droite. Le genre Oroacrodon (fig. 273) -?í V íH^ Fig. 273. Oroari-oilon lij/a/tis (Roth)Amgh. Derniére molaire supérieure droite, vue par la face masticatrice, grossie quatre diamétres (i) de la grandeur naturel- le. Crétacé supérieur de Patagonie (astraponotéen ?). Collection du Musée de la Plata. AMEGHmO: MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 205 'V^^ est nn successeur de Didolodus dont les molaires se sont rapprocbées davantage da type triangiilaire ou trituberculaire. Les tubercules médians /»«, mp^ se sont unís au denticule antérieur interne ai pai- des crOtes obliques et le tnbercnle postérieur pi s'est porté plus en arriére. En avant, le tubérculo median ma est resté se- paré du tubercule externe antérieur ae, et par conséquent la vallée en croissant antérieure qui les separe s'est conservée. En arriére, le tubercule median postérieur mp a disparu, se transformant en une créte oblique qui unit le tubercule postérieur externe pe á l'antérieur interne ai. Le tubercule postérieur exter- ne pe n'étant jjIus separé sur le cote interne du me- dian postérieur mp, la vallée en croissant postérieure a disparu, mais on en voit en- coré de faibles vestiges en arriére de la créte transver- sale postérieure, dans le bout externe de la fosset- te périphérique postérieu- re ío,). Dans le genre Eicardolt/- dekkeria (fig. 274), les mo- laires supérieures ont pris aussi le type triangulaire, mais les tubercules sont dis- posés dans un plan bien dif- férent. Les deux denticules médians ma, mp, se sont unis á l'an- térieur interne ai, pour constituer une seule créte tres grande, mais non sous la forme anguleuse des molaires des genres précódents, sinon en forme d'un grand are de cercle; les deux branches de cette créte en croissant se sont tellement écartées, qvi'au lien d'a- boutir aux deux tubercules externes, elles vont se fusionner aux bourrelets basáis antérieur et postérieur. La molaire se trouve ainsi partagée en deux parties qui affectent la forme de crétes; la cré- te externe est constituée parles tubercules ae,pe, et l'interne en croissant est le résultat de la fusión des tubercules ma, mp avec ai. Les deux gros tubercules externes ae, pe présentent done leur cote interne convexe, complétement isolé, et limité jiar les deux vallées en croissant antérieure (( ) et postérieure ()). Les deux vallées en Fig. 274. Ricardo] ijdekkeria praerupla Amgh. Molaire supérieure droite, vue par la face masticatrice, grossie quatre'diamé- tres (^\ de la grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie (notostylopéen). 206 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. question commuiiiquent avec la fosse céntrale (o), les trois creux constituant le grand fossé longitudinal qui separe les deux crétes interne et externe. Le genre Pantolamhda^ de l'éocéne inférieur de l'Amérique duNord, montre une conformation assez semblable. Les molaires du genre Guiliehnofloiceria (fig. 275) sont aussi du méme type, mais elles difforent par les trois denticules ma, mp et oi qui tout en restant iscles plus longtemps sont beaucoup plus gres, et ont tellement réduit le grand fossé longitudinal que les deux (^ A'n. "moy O at ^m/v 04^ & ij^ 14^ Fig. 275. Gidliehnoflowfria pHcafa Amgh. Molaire supérieure gauche, vue par la face masticatrice, grossie trois diamétres (|-) de la grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagouie (notos- tylopéen). Fig. 276. Peripantoslijlojis minv- tiis Amgh. Molaire supérieure droi- te "Vue par la face masticatrice; grossie six diainétres jS) de la grandeur naturelle. Crétacé supé- rieur de Patagonie (notostylopéen) vallées en croissant ont presque disparu ; la grande dépression du milieii représente la fosse céntrale (o), et le reste des deux vallées en croissant en simule des exjjansions laterales. Daus le genre Peripantostylopii (fig. 276), nous avons des molaires qui ont conservé la formo carree et Tindépendance des deux lobes internes ai, pi, mais les denticules médians ma, mp ont une for- me bien différente de ceux des genres que nous veuons d'examiner. Le denticule median antérieur 7na est fusionné avec la créte anté- rieure dans la forme nórmale, mais le median postérieur mp s'est porté plus en avant tandis que sa partie postérieure s'est fusionnée AMEGHINO: MORPHOLOGIE PHYL06ÉNÉTIQUE. 207 avec la créte postérieure de maniere á constituer un prolongement longitudinal de cette deruiére, prolongement qui traverse la moitié de la couronne. Entre ce prolongement et la créte exter- ne, on volt encoré la vallée en croissant postérieure ()) qui est devenue une fente en ligne presque droite, tandis que l'antérieure s"est conservée un peu arqiiée; les deux vallées sout en communica- tion en formant un fossé longitudinal au milieu dnquel il y a une petite partie plus profonde qui représente la fossette céntrale (o). Dans les molaires de Entelostylops completus {ñg. 277), le tu- bercule median antérieur ma s'est porté aussi a l'intérieur de la couronne sur la méme ligne longitudinale que le median posté- rieur 7}ip; ees deux tubercules médians se sont fusionnés en Fig. 277. Entelostijlops cnmpUiíis Amgh. Molaii'e su]5érieure droite; a, vue par la face masticatrice, et c, vue par la face interne grossie trois diamétres [í^^ de la grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagouie (¡notostylopéen). formant une créte longitudinale qui va de l'antérieure á la pos- térieure et parallélement ;'i l'externe. Cette créte longitudinale ainsi formée est séparée de l'externe j^ar un fossé dans lequel on ne distingue plus les parties correspondant á la fossette cén- trale et á la vallée en croissant postérieure; au contraire, sur \c- devant on distingue les vestiges de la vallée en croissant an- térieure ((). Entelostylops incolumis (fig. 278) se distingue á& H. completus par cette créte longitudinale supplémentaire tres étroite et qui n'arrive pas á la créte antérieure, celle-ci étant aussi assez éloiguée de la créte externe. Le fossé qui separe la créte longitudinale supplémentaire de l'externe est tres étroit, peu pro- fond et sans indications qui puissent permettre de distinguer la partie correspondant a la fosse céntrale de celle correspondant a 208 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. la vallée en croissant postérieure. En avant, entre la créte exter- ne et la créte antérieure, on voit la vallée en croissant antérieure qui est devenue droite et qui ne constitue plus qu'une prolongation de la vallée transversale médiane interne (v). Úl-^rr-r^^ Fig. 278. 'Eíixtelostylops incolumh Amgh. Cinquiéme molaire supérieure droite; a, vue par la face masticatrice, et i, vue par la face interne, grossie trois diamé- tres ("4) de la grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie (notostylopéen). Nous n'avons examiné jusqu'á présent que des cas de molaires avec les vallées en croissant qui se communiquent. Avec plus de fréquence encoré, les vallées en question se ferment sur leur cóté interne, perdent leur forme en croissant et se transforment cha- cune en une fossette ou creux. Le creux qui resulte de la transformation de la vallée en croissant antérieure est la «fos- se antérieure» que je distingue avec le signe {d'''); le creux qui se forme par la transformation de la vallée en croissant posté- rieure, est la «fosse postérieure», et je la distingue par le signe Selon les genres et les espéces, ees creux deviennent plus grands ou plus petits. Quand ils augmentent de grandeur, ils conservent généralement quelque chose de leur ancienne forme en croissant, et le bord périphérique devient souvent plus ou moins compliqué. Quand au contraire ils se rapetissent, ils deviennent de plus en plus circulaires, diminuent encoré graduellement avec Tusure et finissent par dispar ai tre. Ci-contre je donne la figure d'une molaire de Oldfieldñomasia pUcata{í\g. 279), un de ees types en voie de transformation et dont tous les caracteres sont imparfaits, de transition et pour ainsi diré plastiques; il a perdu l'état bunodonte et il va vers l'état lopho- donte, mais les crétes sont imparfaites, mal délimitées, et les creux AMEGHIXO: MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 209 tres irréguliers. Les deux vajlées en croissant se sont fermées á leurs deux bouts et se sont transformées en deux fossettes (o'') et (o„) qui ont encoré quelque chose de la forme en croissant. La fos- sette antérieure (6''' ) est encoré en communication avec la vallée transversale médiane (v)^ mais á un age ua peí; plus avancé la pointe antérieure du denticule autérieur externe «e se fusionnait avec celledii denticule median antérieur ?h«, et l'ancienne vallée en croissant restait transformée en une fossette parfaite. La vallée en croissant postérieure s'est fermée par l'nnion aux deux bouts du denticule postérieur externe ^e avec le median postérieur m¿}, et /nv Fio;. 279. Oldfieldthomasia plicata Amgh. Cinquiéme molaire supérieure droite; o, vue par la face masticatrice; 6, vue par le cñté interne, et c, vue par l'externe, grossie quatre diamétres (i] de la grandeur naturelle. Crétaeé supérieur de Pa- tagonie (notostylopéeu). s'est ainsi transformée en la fossette postérieure (o„) qui conserve encoré la forme en croissant. Les deux denticules externes ae, pe, en s'élargissant ont aussi rétréci le bassin central qui se trouve réduit á la petite fossette céntrale o qui, par un détroit, se commu- nique encoré avec la vallée transversale (v). Sur le cóté interne les deux lobes conservent en partie la forme couique, et la face externe est notable par le grand développement des aretes per- pendiculaires. La créte antérieure est tres étroite et séparée de A.NAL. Mes. Nac. Bs. As., Skrie 3', t. in. Marzo 3, 190'1. 14 210 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. rexterne, tandis que la postérieure quoique unie á l'externe, est de contour tres irrégulier et on y distingue eccore la partie corres- poudaut au denticule postérieur interne pi qui est proportionnelle- ment tres grande. Dans le genre Acropitliecuíí toutes les crétes sont parfaites et les creux bien delimites (fig. 280). Les deux fossettes antérieure fo"J et postérieure (o„) sont profondes et complétement isolées, mais elles conservent encoré quelque cliose de la forme en croissant; la 6 <^^ "•< Fig. 280. Ácropiúiecua lersus Amgh. Les deux derniéres molaires sui>érieures du cóté gauche, vues par la face masticatrice, gros'sies trois diamétres (d-) de la grandeur naturelle. Crétacé .suijérieur de Patagonie ( notostylopéen ). fossette céntrale (o,) est petite et en communication avec la vallée transversale médiane v par un canal excessivement étroit est tres long. La vallée transversale médiane (v) est restée isolée de la face interne et a pris la forme d'un fossé longitudinal. En arriére il y a aussi une petite fossette périphérique postérieure (o,) compléte- ment isolée. La fusión des éléments coniques primitifs est ici si parfaite qu'on ne voit plus de vestiges de leur ancienne indepén- dance. Les creux en question des molaires de Adpithectts (ñg. 281) Fig. 281. Adpíthecu^ secans Amgh. Cinquiéme molaire supérieure gauche; a, vue par la face masticatrice, et b, vue par la face interne, grossie six diamétres ( Ji ) de la grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie (notostylopéen). AMEGHINO: MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 211 ne différent de celles du genre précédent, que par un plus grand élargissement des crétes au détriment des creux, qui se sont réduits en proportion. Les deux fossettes autérieure (b''j et postérieure (o„) ne conservent plus de traces de la forme en croissant, la vallée trans- versale médiane r est réduite á une petite fossette presque circu- laire au milieu de la face masticatrice, avec une petite échaucrure sur le cote externe qui représente la fossette céntrale (o). Chez Epi- ¡íifhecits confluens (fig. 282), la fosse céntrale (o) a complétement dis- para; les fossettes antérieure fo'V et postérieure (o„) sont bien iso- lées, tres petites et conservent encoré quelque chose de la forme en croissant : la vallée transversale médiane v est aussi tres réduite Oi^ Fig. 282. Epipithecus confluens Amgh. Cinquiéme molaii'e supérieure droite; a, vue par la face masticatrice; et b, vue par la face interne, grossie sis diamétres (-S) de la grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie (notostylopéen). et isolée au milieu de la couronne, mais au lieu d'avoir la forme de fossé longitudinal comme dans Acropithecus, ou la forme irró- guliérement circulaire comme dans Adpithecus, elle est représentée par un fossé qui a conservé sa direction transversale primitive. Dans les molaires du genre Tychontylops (fig. 283), la vallée /Ji ^ Fig. 2S3. Tychostijlops simus Amgh. Sixiéme et septiéme molaires supérieures droites, vues par la face masticatrice, grossies un demi-diam¿tre (¡j) du na- turel Crétacé supérieur de Patagonie (notostylopéen). 212 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. transversale médiane c est longue, profonde, tres large et arrive jusqu'au bord de la face interne; la fosse périphérique postórieure (o,) est également tres grande et en forme de vallée transversale, mais des f ossettes antérieure (o") et céntrale (o) tont vestige a dispa- ra; il ne se conserve que la fossette postérienre (o„) tres réduite et á contour plus ou moins circulaire placee á la base de la créte posté- rieure, entre celle-ci et la créte externe. Dans Acoelodus, nous avons des molaires avec les fossettes dis- posées encoré autrement. Les molaires supévieures de A. oppositii-'i (fig. 284) présentent les trois crétes antérieure, postórieure et exter- ne parfaites; il y a aussi une fossette périphérique postérieure (o,) assez grande, et les deux lobes internes «¿, pi sont complétement separes de sorte que la vallée transversale médiane est ouverte sur le cote interne; la fossette antérieure (o^') est complétement isolée, petite et á contour plus ou moins circulaire ou elliptique. Le creux primitif qui représentait la fossette céntrale au milieu et la vallée en croissant en arriére, s'est graduellement réduit jusqu'á se trans- 'd(i Fig. 28J. Acoelodus opposUas Amgli. Cinquiéme molaire supérieure droite; o, vue par la face masticatrice, et i, vue par la face externe, grossie trois diamétres i%\ de la grandeur uaturelle. Crétaoé su25érieur de Patagonie (notostylopéen). former en un canal ou fossé allongé (o) un peu plus large aux deiTx bouts. Avec l'usure, la partie médiane de ce canal se rétrécit davantage jusqu'á se trouver divisé en deux petits creux étroits et allongés d'avant en arriére, comme le montre la figure 285. Ces deux creux représentent la fossette médiane (o) et la posté- rieure (o,,). Chez les ruminants et les hippoi'des, les deux fossettes antérieu- re et postérieure ont conservé ou ont repris la forme en croissant, AMEGHINO: MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 213 et sont devemies si grandes qivellesoccupenfc la plus grande partie de la face masticatrice. Leur développement a été suivi d'un ré- trécissement correspondant des autres creux coronaux lesquels ont dispara ou dont il ne reste que de légéres traces. Les molaires de ees deux groupes d'ongulés se sont modifices d'une maniere a peu prés paralléle ; la présence des deus grands creux en question et avec un contour assez semblable pourrait fai- re eroire au premier coup d'ceil qu'ils sont parents. La plus gran- f¿ pe a¿ )i^ Fig. 285. Acoelodus opposiíus Amsrh. Cinquiéme molaire supérieure droite, un peu lílus usée que celle de la figure precedente; a, vue par la face mastica- trice, b, vue par la face postérieure, c, vue par le cote interne, et d, vue par la face externe, grossie trois diamétres (|^) de la grandeur naturelle. Crétacé supó- rieur de Patagonie (notostrlopéen). de différence consiste en ce que, dans la ligne des chevaux, les creux se remplissent de cément, tandis que dans la ligne des ruminants, les creux restent toujours tels. On n'a qu'á examiner une molaii'e supérieure d'un ruminant jeu- ne et par conséquent encoré peu usée, pour s'apercevoir qu'elle est constituée par quatre parties principales, deux lobes externes et 214 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. deus internes (fig. 286), separes des externes par denx grandes fosses en croissant. Les deux lobes externes sont sondes sur leur ligne médiane et constituent une créte externe, aplatie en dehors, mais ils présentent en dedans deux parties saillantes, tres convexes, presque en demi - cone, représentant les deux lobes externes. Les deux pointes en v correspondent aux sommets de ees lobes convexes oii aboutissent aussi les deux aretes intermédiaires ex- ternes; il est done tout clair, et hors de toute discussion, que ees deux lobes correspondent aux deux éléments primitifs ae, pe; leur convexité interne s'est conservée telle qu'elle était quand ils avaient encoré la forme conique, et les creux profonds en demi-lune repró- Fig. 286. Cervus percniius Amgh. Mo- gg^^g^t; igg ancieunes vallées laire supórieure gauche, encoré peu usee, . vue par la face masticatrice, de grandeur eu croissant. LeS deUX lobes naturelle. Pampeen de Tarija. CoUettion internes ont auSsi la forme en du Musée National de Buenos Aires. croissant et doivent COrres- pondre aux quatre éléments primitifs médians et internes qui se sont fusionnés deux a deux. Dans le lobe interne antérieur, le denticule median est representé par la poiute interne libre «ío etle denticule interne par la cúspide en V interne ai; dans le creux de la ligne transversale médiane, les deux denticules se conservent encoré separes et distincts soi;s la for- me de deux pointes aigues divergentes. La fusión est plus complete dans le lobe interne postérieur; cependant, il est évident que la pointe en v interne correspond au denticule jí/, tandis que le median mj) est representé par la corne antérieure du croissant. II est également évident que la grande cavité placee en avant re- présente la f ossette antérieure (o''') tandis qixe celle placee en arriére correspond á la fossette postérieure (o„). Les deux creux sont en communication par une grande vallée longitudinale comme dans les formes anciennes, et au milieu elle présente une expansión ex- terne qui separe les deux denticules ae, pe; cette expansión repré- sente évidemment la fossette céntrale (o) que nous avous vue sur les molaires de tant d'ongulés diff érents. Enf in la grande f ente trans- versale, qui separe les deux vallées internes en croissant, est la vallée transversale médiane interne v qui, comme dans les formes anciennes, se prolongo jusqu'á se confondre avec la fosse antérieu- AMEGHINO: JÍORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 215 re. Le bout ¡np dii lobe postérieur interne avance sur le cote ex- terne et penetre dans la fosse céntrale (o)\ avec l'usure la pointe mp finit par atteindre la créte externe précisément en face de Taré- te médiane, et partage la fosse céntrale (o) en deux moitiés dont rantórieure se confond avec la fossette antérieure (o')^ et la posté- rieure avec la fossette correspondante (o„) en arriére. II en resulte que, dans les molaires des ruminants, chacune des deux grandes fosses en croissant est constituée par la fossette primitive correspondante et en plus par une moitié de la fosse céntrale. Avec Tusure plus avancée des molaires (fig. 287), la partie de chaqué fossette Gorrespondant k la fosse céntrale prend la forme d'une fente ótroite qui se di- rige transversalement vers le dehors, et souvent dans l'extréme vieillesse elle reste indéjDendante sous la forme d'une petite lie. La vallée transversale mé- diane diminue aussi graduellement de graudeur et finit par disparaitre de la face masticatrice, mais il reste un profond sillón interlobulaire interne qui se prolonge tout le long de la racine. Sur les molaires neuves non enoore attaquées par l'usure, on dis- tingue aussi tres bien le denticule postérieur interne pi qu'on ne Fig. 287. Ceri-us perciiUus Amgh.Molaire supérieure gau- che, tres usée, vue par la face masticatrice, de grandeur na- turelle. Pampeen de Tarija. Colleotion du Musée National de Buenos Aires. a be Fig. 288. Cervus (Hijipocamelus) bi.sulmts (Mol.). Cinquiéme molaire supérieure gauche; a, vue par la face masticatrice; h, vue par le c6té interne, et c, vue par le cóté postérieur, de grandeur naturelle. Époque actuelle. Patagonie. voit plus aussitot que les dents sont entrées en fonction. Ce denti- cule, comme l'indic^ue la figure 288, est representé par une petite pointe placee sur le bord du croissant interne postérieur dans la 216 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. partie qui correspond ál'angle postérieur interne; cette pointe fait une saillie encoré plus forte á llntérieur du creux en croissant postérieiTr. Une saillie semblable á peine visible, ¡Dlacée un peu plus en deliors, représente un vestige du tubérculo supplémentaire me- dian postérieur ee. Sur cette molaire onvoit un fort tubercule sup- plémentaire interlobulaire interne ¿, et en outre un autre tubercu- le ])lus petit place sur la face postérieure interne du lobe antérieur- Ce deruier tubercule s'est développé sur le bout interne du bour- relet transversal antérieur ( , ) et représente le tubercule supplé- mentaire median antérieur e. Les artiodactyles descendent évidemment d'un condylarthre égal ou tres rapproché de Didolodus, mais la transformation s'est accomplie en dehors de l'Amérique du Sud, et selon toute pro- babilité dans rancien continent. Ce n'est dono j)as icique Ton peut en trouver les formes de transition et pour cette raison je ne m'en occupe pas davantage. II n'en est pas de méme pour les chevaux. Ceux-ci se sont cer- tainement constitués dans l'Amérique du Sud. Nous y trouvons les formes intermédiaires entre les notoliippidés et les anciens équidés des genres Stereohippus, Parahipparion, NesoMppidion, Hipphaplus Onolúppidium , Hippidion, etc., et la transition complete des repré- sentants de ees genres aux espéces du genre Equus. II y a méme des espéces si semblables au clieval qu'elles en constituentpeut-étre la véritable souche. C'est pour cela que, eomme je l'ai deja fait en exa- minant les autres caracteres propres á ees animaux, je vais m'arréter davantage sur l'histoire des deux grandes fosses en croissant des chevaux, qui se sont constituées presque de la méme maniere que chez les ruminants. Pour tracer cette liistoire il nous faut remontar encoré une fois aux anciens byracoides qui constituent la souche, non seulement des hyracoides récents et des hippoides, mais aussi des toxo- dontes. La différenciation vers le type hippoide commenca avec le gen- re Eohyrax, un hyracoide tres spécialisé et qui était déjá bien éloigné des genres plus primitifs, Acoelodus et Oldfielthomasia. Sur le numero 289, on peut voir le dessin d'une molaire supérieure de Eohyrax rusticits, une des espéces les plus recentes de la partie su- périeure des conches á Notostylops. La molaire est déjá assez usée, et cependant la fossette céntrale (o) et l'antérieure (o''') sont en- coré en communication; quand les molaires n'étaientpas si usées, les deux fossettes constituaient un creux plus considerable. La fossette ameCtHIno: morphologie phylogénétique. 217 (6"') est aussi en communicatiou avec la vallée céntrale, mais á iin age plus avancé cette communication clisparaissait. Plus eu arriere, on voit un creux plus grand et un peu arqué: c'est la fosse posté- rieure fo,, j. Le descendant immédiat est Eomorphippus, auquel suc- céde Interhippus, et toute la longue serie des notohippidés du cré- tacé le plus supérieur et du tertiaire anclen. Dans toutes ees for- Fig. 289. EoJiyrax í-usticus Amgh. Cinquiéme molaire supérieure gauche; a, vue par la face masticatrice, et b, vue par le cóté antérieur, grossie trois diamétres (-ij de la grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie (notostylopéen su- périeur). mes on n"observe que deux creux: l'antérieur, que nous avous vu, chez EoJiyrax, constitué par l'union des fosscttes antérieure (o" et o) qui corresj^ond au grand creux en croissant antérieur des mo- laires des chevaux, et le postérieur (o„) qui correspond au creux en croissant postérieur des mémes auimaux. Eohyrax constitué aussi la souche des Toxodontia qui se sont separes de la ligne qui conduit aux liippoides á une époque plus récente. Dans la partie supérieure des conches á Astraponotus et dans la partie inférieure des couches á Pyrotherium, on ne peut jDresque pas reconnaitre, dans les molaires isolées, celles des no- tohippidés de celles des toxodontes; dans les couches un peu plus recentes, quoique la forme soit encoré assez semblable, on les distingue par le fort encroútement de cément que présentent celles des notohippidés. Dans le point de bifurcation des deux ligues, les molaires pré- sentent une conformation semblable á celles de Nesohippus, re- 218 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIKES. présentées sur la figuro 290. Ici, les deux fossettes antérienre (^o"J et céntrale (o) se présentent comme une bifurcation de la val- lée transversale médiane qui a ainsi une forme de fourche, con- formation fondamentalement identique á celle que nous mon- trent les molaires des plus anciens nésodontidés; il y a en outre J ''ff' Fig. 290. Nesohipjjus iimdalus Amgli. Troisiéme et quatriéme molaires supé- rieures caduques, du cOtó gauche, vues par la face masticatrice, grossies un de- mi-diamétre / %) du naturel. Crútacé supérieur de Patagonie (pyrothéréen;. ae o une fossette postérieure (o,J á contour elliptique, et une fos- sette périphérique postérieure f o J excessivement grande. Dans les molaires peu usées, comme la molaire 4 de cette figure, on voit tres bien que le bord postérieur de la fossette périphérique posté- rieure (o^) est constitué par le bourrelet basal transversal („) et par le tubercule supplémentai- re median postérieur ee. Sur la molaire 3 qui la precede et qui est plus usée, on ue voit plus de vestiges de ce dernier tuber- cule et la partie correspondan- te du bourrelet postérieur ne se distingue que par sa po- sition en arriére de la fossette périphérique postérieure (Oi). A partir de ce stade, dans la ligne qui conduit aux toxo- dontes, il y a eu une róduction graduelle des creux coronaux, tandis que dans la ligue des hippoides, ils sont devenus plus grands et plus comjoliqués, avec la seule exception de la fossette périphéri- que postérieure qui au contraire s'est considérablemeut réduite. Je vais laisser pour un instant la ligne des hippoides pour diré Fig. 291. Ailiiwthcrium rolundidens Amgli. Derniére molaire supérieure gau- che, vue par la face masticatrice. grossie un demi-diamétre du naturel ^ | j. Eocé- ne moyen de Patagonie (astrapothéricu- léen). AMEGHINO: MORPHOLOGIE PHTLOGÉNÉTIQUE. 219 V-íZ- Fig. Í9'2. Tojcodon Ow. Deniiére molaire supérieure droite, vue par la face masticatri- ce, aux trois quarts ( 'ii ) de la grandeux- na- turelle. Pampeen d'Entrerrios. Colleotion du Musée National de Buenos Aires. deux mots sur les modif ications des molaires dans la ligne des toxo- dontes. La figure 291 est une molaire supérieure d'une espéce d'Aclinotherium de l'éocéne moyen. Elle ne difiere de calles repré- senteos dans la figure precedente que par le plus grand rétrécisse- ment de la vallée transversale médiane (vj et des deux branclies de la fourciie (o") et (o), ainsi que par la diminution en gran- deur de la fosse périphóri- que postérieure (o,). La cré- te externe est devenue aussi tres simple, presque droite, á cause de l'effacement des aretes perpendiculaires ex- ternes, et particuliérement de l'intermédiaire antérieu- re ia. Dans les espéces plus recentes du santaeruzéen, la vallée transversale médiane et ses deux branches sont encoré plus étroites, parfois réduites á de simples ligues, et les deux fosses pos^ térieures (o''J et f^o,) sont aussi tres réduites. Les molaires de Nesodon ont la méme conf ormation. Une plus grande réduction des creux coronaux transforma ees dents en molaires de Toxodon (fig. 292) qui se distinguent par la disparition complete des fossettes postérieures (o„) et (o,) et des deux branches (o'^) et (o) de la fourche, ne restant que la partie interne de la val- lée transversale, réduite pres- que á une simple ligue. Chez Hesiotoxodon (fig. 293), la simplification a été poussée encoré bien plus loin, car tout vestige de la vallée transversale interne v a disparu ainsi ainsi que la colonne constituée par le lobe antérieur interne ai. II me faut encoré ajouter que les molaires caduques troisiéme t^t quatriéme de Nesodon et de tous les autres représentants du méme groupe conservent absolument la méme forme ancestrale de celias de Nesohipinis insiilatus représentées dans la figure 290. Revenons maintenant aux hippoides. Les molaires persistantes a^ Fig. 293. PUsiotoxodon tapalquenensin Eoth. Molaire persistante supérieure gauche, vue par la face masticatrice, de grandeur naturelle. Pampeen de la pro- vince de Buenos Aires. CoUection du Musée de La Plata. 220 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. 5 á 7 des anciens notohippidés sont assez différentes des molaires caduqiies, telles que celias de NesoMjjpus (fig. 290). Mais, quand oa les prend toutes jeunes et qu'elles ne sont pas encoré usées ou presque pas usées, comme celles de Interlüppus dont je place cl-dessousla figure (fig. 294), on y distingue les mémes éléments disposés á peu pres de la méme maniere. La partie antérieure, arec les fossettes (o') et (o) constituant les deux branclies d'une f ourche, est absolument identique; plus en avant, il y a dans la mo- laire de Interhippm une fossette périphérique antérieure (o') peu profonde que nous avons déjá vue aussi dans les formes ancestra- les et qui disparait ici aussitót que les dents sont un peu plus usées; cette fossette a déjá dispara dans les molaires caduques de Nesohippus. L'autre différence notable consiste dans la pré- sence du denticule median mjy complétement indépendant et de proportions relativement considerables sur la molaire de Tnterhippns; ce denticule grossit graduellement vers la base jusqu'á se mettre en con- tact avec la base des éléments Interhippus phorcus Amgh. peetpL Par l'usure de la dent, Molaire supérieure droite tres peu usée, j^^ ¿^^e antérieure du denticu- vue par la face masticatrice, grossie , ,. , ■ p ■ deux diamétres (f) de la grandeur na- le median posterieur Se tusion- turelle. Crétacé le plus supérieur de Pa- uait avec la pointe interne du tagoiiie(pyrothéréen). denticule postérieur externe pie, tandis que la pointe posté- rieure du méme denticule inp se fusionnait avec la partie antérieure du denticule postérieur interne pi. La fossette postérieure fo„; qui dans la molaire jeune était en communication avec les deux bran- ches (v'-) et (v,) de la vallée transversale médiane restait alors com- plétement isolée par un bord périphérique coutiuu constitué par les trois denticules pe, mp et j». O'est précisément la méme conforma- tion des molaires caduques de Nesohippus (fig. 290), et des molai- res persistantes complétement développées de tous les uotoluppi- dés, avec la seule différence que la fossette périphérique postérieure (o,) est beaucoup plus petite. Pourtant, je dois rappeler que dans les molaires jeunes dé tous les notohippidés, et aussi des équidés, quoique á un moindre degré, cette f osse est toujours gran- de, mais étant infundibuliforme, elle se réduit graduellement avec 294. AMEGHINO: MORPHOLOGIE PHTLOGÉÍÍÉTIQUE. 221 l'áge. Quant á la fossette postérieure ío„J, elle reste petite sur les molaires de qiielqiies genres qui ne sont pas dans la ligne directo qui conduit aux chevaux récents, mais dans le plus graud nombre elle dsvient plus grande et se complique de maniere á prendre la méme forme que la fosse en croissant antérieure: cette derniére fosse resulte de l'uniou des deux branches de la fourche [c'est-á- dii-e les fossettes antérieure f o" j et céntrale foj] et de leur sépara- tiou de la vallée transversale médiane. Nous avons vu que la communication de la vallée transversale médiane avec les fossettes antérieure (o" ) et céntrale ío) est un caractére primitif qui se trouve d'autant plus accentué que les tu- bercules primaires sont plus isolés. II parait que dans le groupe O'- 'í?fy^.. CZt T/ip V pt Fig. 295. 2sesohippií.i insulutus Amgli. Cinquiéme molaire supérieure g;auche encoré peu usée; a, vue par la face masticatrice. et 6, vue par le cótó iuterue, gros- sle un demi-diamétre (%\ du naturel. Crétacé le plus supérieur de Patagonie (pyrothéréen.i. des notohippidés la communication en question a disparu indé- pendamment sur plusieurs genres. Les molaires persistantes de Xesohippus nous présentent justement le commencement de cette iuterruption de la vallée et aussi le cas le plus anclen. Le prolon- gement antérieur en forme de pointe de la créte postérieure, qui représente le denticule median mp, avance jusqu'á se mettre en contact avec la créte antérieure (fig. 295); la communication de la vallée transversale médiane avec les branches de la fourche s'effa- ce, et comme la pointe interne du denticule antérieur externe reste libre, les deux fossettes (o^') et (o) constituent un seul grand creux en croissant assez semblable k la grande fosse en croissant antérieure des molaires des chevaux. La fossette postérieure (o„) 222 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. est petite et circulaire; la póriphérique postérieure (o,) est au contraire tres grande, mais elle diminuait graduellement avec l'áge. Dans la partie antérieure de la face masticatrice et aiissi sur la face externe, on remarque que la partie qui correspond á Táre- te surangulaire se trouve presque au méme plan que l'aréte inter- médiaire antérieure ia de sorte que le sillón angulaire antéi'ieur s'est effacé; c'est le commencement de l'aréte antérieure unique des clievaux qui parait correspondre morphologiquement á Tárete angulaire antérieure des protérothéres et des j^aléothéres, mais qui, i>av le développement phylogénétique, correspond aux aré- tes surangulaire, angulaire et intermédiaire antérieures. Je dois faire encoré observer que sur la face interne de cette molaire, á peu prés vers la moitié de la longueur et en face de Tentrée de la vallée transversale médiane (v), il y a un commencement du tuber- cule interlobulaire interne t (fig. 295 b) qui correspond á la colonne interlobulaire inter- ne i des chevaux. Dans les molaires d'Argy- roMppus (fig. 296), la vallée transversale médiane reste en communication avec la branche an- térieure de la fourclie jusqu'á un age tres avancé, mais la branche postérieure se separe et constitue une fossette céntrale (o) isolée, petite et allongée transversalement. La fossette postérieure (o„) de- vient au contraire beaucoup plus grande que chez Nesohippus, plus compliquée, et s'approcke de la forme en croissant; en outre, dans ce genre, les fosses sont remplies par du cément comme dans les chevaux récents, caractére qui apparait deja dans quelques genres du crétacé le plus supérieur (Rliynclúppus, 3Iorphippus), et on le retrouve dans tous les genres tertiaires. Dans les chevaux récents et dans tous les représentants du genre Equus, la grande fosse en croissant postérieure a la méme forme, est aussi compliquée et présente les mémes dimensions que Tan- térieure; ees grossissement et complication se sont produits d'une maniere graduelle á travers les temps tertiaires. Dans les équidés primitifs du genre NesoMppidlon C. Amgh., la fosse postérieure Fig. 2915. ArijijrohqiptiJs fraterculus Amgh. Cinquiéme molaire supérieure droite, vue par la face masticatrice, gros- sie deux diamétres fí) de la grandeur naturelle. Eocéne inférieur de Patagonie (colpodonéen). AMEGHINO: ilORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. •2-23 OAZ^ Fig. 297. Xesohippiílion aii//iilatus (Amgli.). Section transversale de la troi- siéme molaire remplacjante supérieure gauche, non encoré usée, montrant la disposition de l'éniail et des fosses en croissant, vue de grandeur naturelle. Pampeen inférieur (ensénadéen). CoUec- tion du Musée National de Buenos Aires. (o„J est beaucoup plus petite que l'antérieure (o'') et d"uue forme différente, ressemblant a celles des anciens notohippidés, comme on peut s'en assurer par rexamen des figures qui suivent. La figure 297 représente la sectiou d'une molaire non encoré usée, prise á un peu plus de la moitié de sa longueur; la fosse pos- térieure (o„) apparait d'une moitié plus j^etite que l'anté- rieure (o^' J, d'une forme assez distincte, la disposition en croissant étant á peine accen- tuée, du moius sur le bord ex- terne. La figure 298 repré- sente la face masticatrice de la méme deut, á la méme échelle. En comparant les deux figures, on y observe des diff eren ees considerables et il est bien in- téressant de coustater qiie les caracteres que l'on remarque sur la face masticatrice non usée et qui manquent vers la base sont des caracteres anxestraux, préeisément ceux que l'on re- trouve dans les anciens notoHppidés. La grande colonne sup- plémentaire interlobulaire interne i se présente sous une forme conique á sommet indépendant; c'est sous cette forme qu'elle apparait chez les premiers no- tohippidés, tels que Nesohip- pns, Stylhipjms, etc. Sur l'angle postérieur interne de la face masticatrice, on voit une gran- de fossette périphérique pos- térieure (o,) á contour circu- laire qui est toujours présente cliez les anciens notohippidés; dans la section on n'en voit ¡jIus do traces. Dans ce genre, cette fossette existe aussi bien sur les remjjla^antes que sur les persistantes, mais dans ees derniéres elle arrive jusqu'á la basej en outre, comme le montre la molaire figurée, la fossette en ques- tion se présente complétetuent isolée méme avant que les molai- Fig. 298. Xesohippidion angulaliis (Aragh.). La méme molaire de la figure precedente, vue par la face masticatrice, non usée, de grandeur naturelle. 224 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. res entrent en fonction, ue qui u'arrive dans aucun des équidés connus, mais le cas se présente fréquemment chez les uotohippidés. Sur l'angle antérieur externe, on voit deux aretes perpendiculai- res, une plus en dehors et beaucoup plus saillante que l'autre qui se trouve un peu plus en dedans, ees deux aretes étant séparées par un sillón. II est évident que l'aréte plus antérieure et moins liante représente la surangulaire antérieure sa, tandis que celle plus en arriére, plus en dehors et plus saillante, correspond á l'angulaire antérieure aa + ¿a; le sillón qui les separe est l'angulaire antérieur si. Ces deux aretes et le sillón qui les separe existeiit chez tous les anciens notohippidés, et ils ont disparu dans les chevaux récents. Dans la molaire en question, les aretes et le sillón diminuent ra- pidement vers la base jusqu'á se foudre en une seule arete, l'an- gulaire antérieure aa, la seule que l'on voit dans la section et la seule qui s'est conservée dans les chevaux récents. Je dirai aussi que les molaires de NesoMppidion, ainsi que celles '^o ^. Fig. 299. l'rotohippu^ mirahilis (Leidy). Deuxiéme molaire caduque supérieure du cote droit, vue par la face mastl- catrice, grossie un demi - diamétre (|), d'aprés Leidy. Pliocéne inféi"ieur des Etats-TJnis. Fig. 300. Eqniís cahalhis L. Mo- laire supérieure gauche tres usée, vue par la face masticatrice, de grandeur naturelle, montrant la sé- paration des fossettes antérieure ('o"j et céntrale (o). Époque actuelle. du genre Hippidion, sont á fút assez court, excessiveuieut courbé, et avec la face externe presque en éventail, diminuant graduelle- ment de largeur et d"une maniere assez rapide de la cúspide vers la base; nous retrouvons tous ces caracteres encoré plus accentués chez les anciens notohippidés, tandis que dans les représentants du genre JEquus ils sont a peine reconnaissables. Pour en finir, il faut que je revienne encoré sur la grande fosse en croissant antérieure. Dans les représentants anciens ile la famil- le des équidés, comme Hipparion, ParaJiipparion, Hippidion, Pro- AMEGHIXO: MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 225 toliippus, etc., il n'est pas rare de tronver parfois des molaires sur lesquelles on voit persister la communication de cette fosse aveo la vallée transversale médiane. La figure 299 repi'ésente une molaire antérieure peu usée de Protohippus mirabiUs, d'aprés Leidy, qui montre non seulement cette communication bien apparente, mais qui conserve aussi un vestige de la fossette péripliérique antérieure (o') que nous avons vue sur les hyracoídes primitifs, et aussi sur les molaires nouvelles des plus anciens notohippidés, comme celle de Interhtppus phorcus, représentée plus hant sur la figure 294. II n'est peut-étre pas non plus superflu de faire remarquer que, méme dans le cheval domestique, sur les molaires tres usées, la fosse en crois- sant antérieure finit par se partager en deux divisions qui corres- pondent exactement a Tantérieure (o") et á la céntrale 'oj, telles qn'on les observe sur les anciens notohippidés. Cette división est produite par la fusión de la pointe intenie du dentieule antérienr externe ae, avec la pointe externe da dentieule median mp. Un des traits caractéris- ques des molaires supérieu- res des chevaux consiste dans la conformation parti- culiére des deux grandes fosses en croissant de la couronne, dont le bord est constitué par une lame d'é- mail ¡Deriphérique f ortement plissée, spécialement dans le cóté qui donne sur la ligne transversale médiane. Les plis de cette lame péri- pliérique changent deforme, deviennent plus simples avec Táge et l'usure des molaires, et la plupart finisseut par disparaitre. L'irrégularité des plis de la lame d"émail n'est pourtant qu'apparente; un examen un peu attentif fait voir qu'un certain nombre de ees plis ont une position fixe et des proportions relatives constantes. Ci-contre (fig. 301), je donne le dessin de la couronne d'une mo- laire de cheval dans un état d'usure qui permet desuivre tres bien les remarques que je vais faire. Dans la fosse en croissant anté- rieure (o"j, nous observons les coches ouplisrentrants suivants: sur le cóté externe, une grande échancrure concave ou en croissant ae; Anal. Mds. Nac. Bs. As., Skkie 3*, r. iii. Marzo ó, 1904. 15 '*'?/j /" U ^n^Z' Fig. 801. Equifi Miiñtzi C. Aiiigh. Ciii- quiéme molaire supérieure droite, vue par la face raasticatrlce, grossie d'un demi-dia- métre {^\ du naturel. Alluvions post-pam- péens de Lujan, á 60 km. de Buenos Aires. CoUection dxi Musée National de Buenos Aires. 226 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. sur le cote antérieur un tout petit pli e; sur le cote interne et dans la partie la plus postérieure, un grand pli rentrant, long et pointu, nía. Les parties saillantes de la méme fosse sont: sur le cote exter- ne, les deux bouts externes du croissant, l'antérieur fo') et le posté- rieur (o): sur le cote interne, nous voyons deux autres coins sail- lants semblables, l'antérieur (o") et le postórieur (o) ; le bord posté- rieur entre les deux bouts (o) et (o) porte plusieurs petits plis á j)exi prés sur une méme ligne transversale e'. Dans la fosse postérieure fo„), nous avons la mémeéchancrure externe en croissant marquée pe; un pli rentrant postérieur assez long, sur le cóté postérieur, prés du cóté interne, marqué ee, avec un autre pli semblable sur le cóté antérieur, également prés du cóté interne, marqué /hjj. Les plis saillants de la méme figure sont: deux coins saillants en de- hors correspondant aux deux bouts externes du croissant, l'antérieur (o) et le postérieur (o,); un grand lobe saillaut sur le cóté interne marqué c¿, et plusieurs petits plis sus le bord antérieur entre (o) saillant et ■)np rentrant, sígnales e'. Par les lettres dout je viens de me servir ¡lour distinguer ees différentes parties on aura sans doute déjá compris oü j'eii arrive concernant les homologies. Mais cela ne suffit pas; il faut en suivre le développemeut depuis leur origine jusqu'á leur forme la plus typique afin d'évanouir tout doute possible. Les molaires supérieures des équidés différent de celles des no- tobippidés surtout par l'acquisition de deux parties supplémentaires qui leur ont donné un aspect tout á fait caractéristique. L'une est l'aréte perpendiculaire externe médiane m, dont on voit le pre- mier commencement cliez quelques notohippidés; l'autre est la colonne interlobulaire interne i qui apjíaraít chez plusieurs noto- hippidés sous la forme d'un petit tubérculo conique a la base de la couronne, et dont on peut suivre toutes les phases de développe- ment jusqu'aux équidés. Dans les chevaux, ce n'est que sus des molaires complétement nouvelles, et qui ne sont |"»as encoré sorties de leurs alvéoles, que Ton peut observer leur construction. Plus tard tous les détails de Fig. 302. Eqims caballus L. Sixiéme molaire supérieure droite, non encoré usée, vue par la face masticatrice, gros- sie un demi-diamétre (J) du naturel. Ejjoque actuelle. AMEGHIXO: MOKPHOLOGIE PHYLOGÉXÉTIQUE. 227 la couronne sont caches par le cément, et aussitót que le sommet est un peu usé, plusieurs caracteres disparaissent et d autres chan- gent tellement qu'ils deviennent mécounaissables. La figure 802 représente une molaire de cheval qu'on a sortie de l'alvéole encoré complétement fermé, vue par la surface qui devait devenirla face masticatriee. On voit que la créte módiane m a développé une contre-partie interne qui prend la forme d'uue créte transversale dont le bout se fusionne avec les parties qui correspondent aux denticules mé- dians. Cette créte interne est de formation tres récente puisque non seulement on ne la retrouve pas chez les anciens notohippi- dés, mais on ne la voit dans les molaires des chevaux qu'á la partie tout á fait cuspidale; un peu plus vers la base, cette créte dispa- rait et les deux tuyaux démail correspondant aux deux fosses antérieure et postérieure restent complétement separes l'uu de l'autre. Sur cette molaire, on voit que la fossette périphérique posté- rieure (o,) représente un caractére ancestral tres anclen puisqu'on la retrouve cliez les anciens notohippidés et que sur les molaires des chevaux elle arrive jusqu a la base. Pourtant, il faut remarquer que la partie tout á fait cuspidale est beaucoup plus large et infundi- buliforme, conformation propre des notohippidés et qui, dans les équiüés, disparait aussitót que le sommet des molaires est un peu usé. Cette créte transversale m s'est développée de maniere á partager en deux moitiés I'espace compris entre les denticules externes ae, pe, qiie nous savous correspoudre á la fosse ou bassiu central. Si nous étudions maintenant les deux grandes fosses en croissant dans cette premiére phase de développement, nous voyons que chacune est formée de trois compartiments, un au milieu beau- coup plus grand, et deux latéraux plus petits. Dans la grande fosse antérieure, la chambre du milieu, plus grande par sa forme en croissant, sa ^^ositiou en relation avec le denticule antérieur ex- terne ae et sa convexité interne, représente évidemment la fos- sette antérieure ío" ). Par conséquent, la chambre ou compartiment antérieur correspond á la fossette jíériphérique antérieure (o'), tan- dis que le compartiment postérieur représente la partie antérieure du bassin central (o). La pointe solide e qui limite la fossette péri- phérique antérieure, est le denticule supplémentaire median anté- rieur e, tandis que la pointe postérieure et interne ma correspond au denticule median antérieur. Dans la grande fosse postérieure, 228 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. la chambre céntrale, plus grande ¡sonríes mémes raisons exposées a propos de son homologue antérieure, correspond á la fossette pos- tórieure (o„) ; le comparfciment antérieur correspond á la partie pos- térieure de la fosse céntrale (o), tandis que le compartimeiit posté- rieur représente la partie externe de la fossette jiériphérique postérieure (o,). C'est aussi la méme conformation que I'on trouve dans les molaires peu usées des notohippidés, mais chez leurs aneé- tres, les acélodidés, le dédouhlement de la fossette périphérique postérieure persistait jusqu'á un age assez avancé. Dans cette fosse postérieure, la pointe solide antérieure mp est le denticule median postérieur, tandis que la petite pointe postérieure repré- sente le denticule supplémentaire median postérieur. La créte trausversale postérieure représente le bourrelet postérieur dont le bout interne constitue une pointe libre comme on l'observe dans les molaires non usées des notohippidés, et aussi dans eelles déjá usées des acélodidés. Cette conformation du sommet de la couronne subit de grandes modifications aussitót que les molaires sont un ¡leu usées, comme le demontre la figure 303, qui représente une section de la méme dent prise á 5 mm. seulement au-dessus du bord postérieur (,,) de la face masticatrice. Dans cette figure, les deux grandes fosses en croissant qui sont en noir dans la figure precedente, sont ici en blano; Jes j)arties en noir représentent les cavités des crétes ou lobes, ae, pe, que I'on voit au sommet de la molaire et qui sont occupées par la pul- pe dentaire. Les deux grandes fosses se sont réduites á la partie qui, dans la figure qui représente le sommet (fig. 302), est embree en noir, tandis que les crétes sont devenues tres larges. Malgré ce changement, les deux fosses laissent tres bien voir leurs divisions en trois compartiments; et en suivant leur contour, on y voit les mémes plis ou pointes rentrantes et saillautes qui existent sur la face non usée. En outre, sur le cote interne, on voit un jjliqui avance dans la fausse vallée transversale médiane s et c'est la contre-partie ou bout interne du denticule median antérieur ina qui, dans le cote opposé, avance en forme de pointe dans la fosse antérieure (o"). En outre, entre cette pointe interne ma du denticule median antérieur, et le denticule median postérieur m^, on voit un pli rentrant v qui forme comme une continuation de la fausse vallée transversale médiane (sj et qui représente les derniers vestiges de la vraie vallée transver- sale médiane. . Quand les molaires sont usées jusqu'á la hauteur de cette sec- tion, les crétes ont disparu, les deux grandes fosses antérieure et AMEGHINO: MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQl^E. 229 postérienre représentées en blanc sur la figure se sont remplies de cément, et la pulpe dentaire des cavités des crétes fio-urées en noir se trouve remplacée par de la dentina; la surface mastica- trice présente alors l'aspect de celle de la molaire figurée plus haut (fig. 301) ou de celle figurée ci-contre (fig. 30-4). La significatiou des différents plis péripliériques des deux grandes figures en croissant, qui semblent au premier coup d'oeil n'avoir rien de constant, reste ainsi eomplétement éclaircie. Dans ees figures, les trois compartiments de la grande fosse aatérieure correspondent, celui du milieu (o"' ) á la fosse antérieu- re ; le postérieur foj á la partie antérieure de la fosse céntrale, et l'autérieur (o ) a la fossette périphérique antérieure. Les trois par- ties rentrantes principales correspondent, l'extenie, ae^ plus grande Fig. 303. Ei¿uiis cahalhis L. Section de la méme molaire de la figure precedente, prise á 5 mm. au-dessus du bord pos- térieur du sommet, grossie un demi- dia- métre ( ^ ) du naturel. 'yyuc Fig. 301. Eqiius cnrvidens Owen. Cin- quiéme molaire supórieure droite, vue par la face masticatrice, grossie un de- rni-diamétre (| \ de la grandeur naturel- le. Pampeen supérieur, prés de Buenos Aires. et en are de cercle, au denticule antérieur externe; l'antérieure jílus petite. e, au denticule sup^^lémentaire median antérieur; et celle qui se trouve en ai'riére et sur le cóté interne, ma, au denticule median antérieur. Dans la grande fosse postérieure, les trois compartiments coi"- respondent: le plus graiid du milieu fo„j, á la fosse postérieure; l'autérieur ío), a la partie ¡postérieure de la fossette céntrale; et le postérieur (o,), a la partie externe de la fossette périphérfque pos- térieure. Les trois parties rentrantes principales correspondent: l'externe, plus grande et en are de cercle, pe, au denticule postérieur 230 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIKES. externe; la toute petite, ee, qui se trouve en arriera, au denticiüe suppléraentaire median postérieur; efc l'antérieure, un peu plus grande, m^, au denticule median postérieur. Les molaires absolument nouvelles et qui n'étaient pas encoré sorties des alvéoles, provenant d'anciens équidés tridactyles, cons- tituent une grande rareté. Leidy en a figuré une du genre Protohip- pus (MerycMirpus) dont je reproduis (fig. 305) le dessin. Elle était peut-étre encoré un peu plus jeune que celle du cheval domestique dont je me suis servi plus haut, mais dans les deux échantillons la correspondance des différentes parties estfrappante- La différence la plus considerable apparait dans le denticule (colon- ne) interlobulaire interne i qui, dans Protohij)pus, est beaucoup plus íl¿ /yn Fig. 305. Prolohippiis (Mcryc.hippiis) mi- rahilis Leidy. Molaire supérieure di-oite de remplacement qui n'était pas encoré sortie de l'alvéole, vue par la face qui était destinée á devenir masticatrice, grossie un demi-diamétre (^\ dunature]. Pliocéne inférieur des Etats-Unis. 0^ ^Tv Fig. 3JG. Anrliit hcrinm eqtiiniim Scott. Cinquiénie molaire supé- rieure gauche, vue par la face masticatrice, grossie un demi-dia- niétre f^y) du'naturel, d'aprés Scott. Miocéne supérienr des Etats-ünis. petite que chez Equus, ce qui est une ¡Dreuve bien concluante que cette colonne est accessoire et de date récente et non primitive, comme on le prétend. On saitque dans la théorie de la tritubercu- lie, on considere cette colonne (qu'on nomme le protoc(?)ne) comme la partie la plus ancienne et qui aurait donné origine au reste de la dent; mais s'il en était ainsi, elle devrait étre plus graiide dans les formes les plus anciennes que dans les formes les phis recentes, tandis que c'est précisémeut le contraire. En vérité quand on a sous les yeux une molaire comme celle de Profohippus, ci-des- sus figurée, possédant un tubérculo interlobulaire interne i tres petit et qui ap2)arait comme une partie complétement accessoire, je ne puis pas comprendre comment on peut considérer ce tubercule, AMEGHmO: MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 231 iusignifiant par rapport au reste de la dent, comme devant repre- sentar la pjartie priucipale de la molaire et celle qu'oii préteud la plus ancienne. On prétend aussi que les plus anciens équidés, comme Hippa- i'ion ou FrotoMppus, doivent descendre á' Anclútherium, ou autres genres semblables, comme Metohippits, Desmatippus, etc. Je ne puis pas résisfcer a la tentatiou de reproduire (fig. 306) une molai- re supérieure d'un de ees genres ponr qu'on piiisse la mettre en paralléle avec celles de Frotohijiptci, Equiis, etc. La molaire fi- gurée est la cinquiéme supérieure gauche de V Anchitherium equi- Ilion Scott. Le tout petit tubercule interlobulaire interne i de la molaire nouvelle de Profohippus ci-dessus figurée, d'aprés la théo- rie en question, serait homologue du grand tubercule antérieur in- terne ai de la molaire d'Anchithermm. Or, dans la molaire d' Anchi- therium, ce tubercule ai est Féiément le plus considerable, bien plus grand que le median antérieur avec lequel il est complétement sou- dé pour constituer la créte transversale antérieure. Dans la molai- re de Protohippus, l'élément i est presque iusignifiant par rapport au grand lobe ai auquel il est accoló, lobe qui d'aprés cettethéorie représenterait le petit denticule median antérieur ma á'' Anchithe- rium. II n'est pas possible detrouver une inversión de proportions plus complete. Ce qui me parait tout naturel, c'est de conside- rar les deux grands lobes internes ai, pi de la molaire á' Anchithe- rium comme les homologues des deux grands lobes internes des molaires des chevaux que je designe avec les mémes lettres, tandis que le petit tubercule i de la molaire de Protohippus représente évidemment une partie tout á fait accessoire et supplémentaire, homologue du petit tubercule interlobulaire interne que nous avons vu sur taut de molaires d'ongulés différents. Sur les molaires des genres Equus et Hipjñdion, la colonne in- terlobulaire interne est sondee au prisme dentaire jusqu'au sommet. Sur les anciens genres Hipparion, Sfereohippus et NeoMpparion, la méme colonne n'est soudée au prisme dentaire qu a la baseí le sommet restant libre. Maintenant, pour admettre que la mo- laire d' Anchitherium (ou un des autres genres semblables) s'est transformée en molaire d'JEquus, il faudrait supposer les chan- gements suivants: 1° Que le grand lobe antérieur interne ai d'An- ihitherium s'est isolé de la créte antérieure ou du denticule median ma et s est graduellement réduit jusqu'á se transformar en un tout petit tubercule accessoire i de la molaire de Protohippus (fig. 305); 2° Que le tout petit denticule median antérieur ma d'Anchithe- 232 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. rium a grandi jusqu'á se transformer en uu graiid lobe interne ai de ProtoJiippns, subsfcituant aiasi dans sa ¡Dosition le lobe antérieur interne ai íVAncJüflierimn; 8° Que le grand lobe interne ai d'An- chitherium, aprés s'étre isolé et transformé en un j^etit tubercule i de la molaire de Protohippus, s'est agrandi une autre fois, et s'est soudé de nouveau jusqu'au sommet du prisme dentaire comme dans les molaires des chevaux. Rien que Texposition de cette prétendue évolution en zigzag et dans des directions absolument inversesj suffit pour la rendre complétement invraisemblable. D'ailleurs, on peut constater d'autres différences tres considera- bles. Ainsi, les deux grandes fossettes des molaires d'AncMtheriuvi ne sont pas constituées par les mémes éléments que celles des molaires des chevaux, et les rapports de la fossette postérieure avec la vallée transversale médiane et le cóté interne de la dent sont complétement distincts. Dans les molaires á'Anchitherium, la barre transversale qui va rejoindre la créte externe est une prolongation du tubercule median postérieur qui, dans les molaires peu usées, est encoré séparée de la créte en question; dans les mo- laires des équidés, la barre transversale est constituée par un pro- longement interne de la créte médiane externe m, et le bout inter- ne se voit encoré separé sur les molaires tres jeunes. Dans les molaires á'Anchitheriiim, le tubercule median antérieur en forme de créte transversale est place complétement en avant, tandis que dans les molaires des équidés les deux tubercules médians se trou- vent confinés au centre de la couronne. Toutes les parties des mo- laires d'Anchitheriam sont disposées et conformées d'une maniere si différente des parties correspondantes dans les molaires des chevaux qu'il ne me parait pas possible que celles-ci soient une transformation de celles -la. En plus de tout cela, il faut teñir compte de la circonstance que, aussi bien en Europe qu'en Asie, qu'en Afrique ou que dans l'Améri- que du Nord, les animaux du groupe des anchithéres coexisteut avec ceux du groupe des hipparions sans qu'il y ait des formes de transition qui conduisent des uns aux autres. Pour toutes ees raisons et d'autres qui ne trouvent pas ici leur place, je me refuse á admettre que les équidés soient les des- cendants des anchithéres. Ces derniers ( Anchitherium, MesoMp- piis, Desmafippiis, etc.) sont des paléothéridés typiques qui, dans la conformation des pieds, ressemblent aux chevaux á cause d'un développement paralléle égal a celui que nous offrent les protérothéridés, autre groupe qui est aussi tres voisin des paléothé- AMEGHINO: MORPHOLOGIE PHYLOGKXÉTIQL'E. 233 res, et qui descend de la mime souche que ceus-ci. La véritable souche des équidés doit se cherclier dans les anciens notoliippi- dés de l'Argentine, et je ne doute pas que le petit liiatus qui existe encoré entre Notohippns, le plus récent des notohippidés, et Hipphaplns et Sfeveohippus, les plus anciens des équidés, disparaítra bientót. VII. Vallée transversale mediano, silldii ¡nlorlohiilairí? interno et leups relalions avee le tubei'cule interlobulaire. Nous avons vu plus haut que la vallée transversale médiane est la fente ou entrée qui separe sur le cote interne les deux lobes ou tubercules internes ai, pi, et qui se prolongo a l'intérieur entre les denticules médians ma, mp jusqu'au milieu de la face mastica- triceoccupé parle bassin central (o), comme le montre la figure de la molaire de /.o»c/íoco»í/.«, reproduite ci-contre (fig. 307). Cette ■yrcfi Pig. 307. Lonchoconus lanceolatus Amgh. Cinquiéme molaire supérieu- re gauche, vue par la face mastioa- trice, grossie quatre diamétres (i) du naturel. Crétacé supérieur de Pa- tagonie (notost.ylopéen). ■m. °Pe fna Fig. 308. Plienarodua primaevus Co- pe. Molaire supérieui'e gauche, vue par la face masticatrice, gro.ssie un demi-diamétre ( -^ ) du naturel. Eocé- ne des États-Unis. vallée (k), immédiatement aprés les deux tubercules internes, se divise en deux branches : la principale ou antérieure (v j qui penetre tout droit entre les tubercules médians jusqu'au bassin central (o), 234 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. et une branche postérieure (v) plus petite qui se dirige en ai'ríére et qui partage le tubercule ou lobe postérieur interne ^j¿ du median postérieur my. Cette disposition est la plus primitive et correspond aux six denticules primaires ou du moins aux quatre plus internes complétement separes. Selon que les denticules s'éloignent ou se rapproclient du centre, la vallée transversale médiane s'élargit, se rétrécit ou change de forme. Dans legenre Phenacodus (fig. 308), les deux tubercules médians se sont éloignés du centre en sens inverse, et il en est resulté que la branclie antérieure de la vallée transversale médiane et le bassin central ne constituent plus qu'une seule dépression tres large qui occupe la partie la plus considerable de la face masticatrice. Les ae^ <^^~M rriít P P-e cic Fig. 309. Prohyí'acolheriiim paiagonicum Amgh. Cinquiéme molaire supérieure gauche, vue par la face masticatrice, grossie six diamétres ( S ) du naturel. Cré- tacé supérieur de Patagonie (notostylopéeu supérieur). trois denticules de chaqué lobe se sont places prés des bords en ligne transversale et se sont en partie f usionnés á leur base par de faibles crétes transversales. Cette fusión d'abord incompléte, devint peu a peu parfaite, et alors les deux files transversales des denticules se transformérent en deux crétes transversales, étroites, hautes et éloignées du centre, comme les molaires de Prohy- racotherium (fig. 309); ici aussi le bassin central et la branche antérieure de la vallée transversale médiane ne constituent qu'une .seule dépression, mais les deiix vallées en croissant antérieure ( ( ) AMEGHINO: MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 235 efe postérieure () ) conservent leur indépendance et lenr forme pri- mitive parfaite. Les deuticnles jjrimitifs, en se développant dans un autre ordre, et les crétes, en devenant plus épaisses et en se rappro- P V- Fig. 310. Dialophus simiis Amgh. Ciiiquiéme molaire supórieure gauche; a, vue par la face masticatrice, et b, vue par la face interne, grossie deux diamétres (^) du naturel. Crétacé supérieur de Patagonie (notostylopéen). Oi. chant du centre, rétrécissent la vallée transversale luédiane, cornme c'est le cas des molaires de Dialophus (fig. 310); ici la vallée ne reste en communication qu'avec la fosse céntrale qui est singu- liérement réduite, taudis que les vallées en croissant se sont complétement isolées et trans- formées dans les deux fosses correspondantes antérieure (o"J et postérieure (o„). La val- lée méme traverse la couron- ne en direction oblique, vers le coin antérieur externe avec une largeur á peu prés unifor- me. Les crétes devenant enco- ré plus épaisses, la vallée trans- versale devient proportionnel- lement plus étroite et aussi plus simple. Sur les molaires de Colpodon propinquus (fig. 311), la vallée transversale médiane est réduite á une fente tres étroite et tres simple v qui penetre transversalement dans la couronne, mais la partie correspondant a la branche anté- <^c Fig. 311. Colpodon propinquus Burm. Sixiéme molaire supérieure droite, vue par la face masticatrice, de grandeurna- turelle. Éocéne inférieur de Patagonie (colpodonéen). Collection du Musée Na- tional de Buenos Aires. 236 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. rieure w' tourne brusquement en avant, constituant une vallée oblique tres profonde quoique tres simple. Les trois crétes externe, antérieure et postérieure ont atteint leur máximum de développe- ment sans qu'on apercoive aucun vestige des autres fossettes, tant coronales que périphériques. Pourtant, cette simplicité n'est pas la regle genérale; la lame d'émail qui entoure la vallée perd souvent sa forme droite et simple, pour prendre celle d'une lame plissée qui donne á la face masticatrice iin aspect plus ou moins compli- qué, mais toujouTS tres uaractéristique. Les molaires de Plexotem- nus (fig. 312) sont de ce nombre ; la lame d'émail qui forme le bord interne etantérieur de la vallée est á peu prés en ligne droite, mais la méme lame montre sur le cote externe un nombre consi- derable de plis qxú découpent la créte externe d'une maniere appa- rente tout á fait irréguliére. Fig. 312. Plexofemnus complicatissimvs Amgh. Molaires supérieures 6 et 7 du cóté droit, vues par la face masticatrice, grossies deux diamétres (|-) du natm-el. Crétacé supérieur de Patagonie (notostylopéen). La branche postérieure (t;) de la vallée transversale, quoique presque toujours plus petite que l'antérieure (v'J, a une tres gran- de importance, parce qu'elle permet de tracer la disposition que présentaient cliez les formes ancestrales les denticules du lobe pos- térieur et qu'elle permet aussi de reconnaitre des homologies au- trement obscures. Quelques représentants de la ligne des astrapothéres peuvent BOUS donner une idee precise de l'importance que présente la con- naissance exacte de cette partie de la vallée transversale. Prenons, par exemple, la molaire supérieure d'un tout petit ongulé de cette ligne, V Amünedwardsia (fig. 313). Nous y voyons les crétes externe et antérieure déjá formées, quoique tres minees, mais il n'y a AMEGHINO: MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 237 pas encoré de créte postérieure, parce que les deiix denticules pos- térieur interne pi et median postérieur mp qui sont les destines a constituer la créte sus-mentionnée sont encoré eomplétement isolés. Le tubercule median mp est separé de la partie de la créte externe correspondant au denticule postérieur externe ¿;e par la vallée en croissant postérieure ()), et le grand tubercule postérieur interne pi estséparédu median postérieur par une fente profonde qui part de la vallée trausversale o et termine dans la fossette péripliéri- que postérieure (o,); cette fente est la branche postérieure (v,) de la vallée transversale médiane (v). Albertogaudvjja separata (fig. Sli) est un ongulé un peu plus récent et du niéuie type, mais beaucoup plus gros. Compáreos Fifc. 313. AmUnedvorihiii, hrei-icula Am^h. Cinquiéme molaire supérieure liroite, Tue par la face masticatrice, grossie six diamétres de la grandeur naturelle ^í^) Crétacé supórieur de Pa- tagonie (notostylopéeii). Fig. 314. Alberlogaudri/a sepárala Amgh. Cinquiéme molaire siipérieure droite, vue par la face masticatrice, de grandeur naturelle. Crétacé supó- rieur de Patagonie (notostylopéen supérieur). avec celles du genre précédent, ses molaires montrent les deux eré- tes antérieure et externe beaucoup plus épaisses, mais taut que ees deuts ne sont pas trop usées, il n'y a pas de créte postérieure. Les trois denticules du lobe postérieur, pe, mp etpi, sont beaucoup plus rapprochés mais ne sont fusionnés que par leurs bases; la val- lée en croissant qui séparait le denticule mp du j?e n'est plus re- connaissable, mais la fente fv,)entve le denticule postérieur interne pi et le median postérieur mp est encoré visible, et córame dans 238 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. le cas précédent, elle va de la vallée trausversale v k la fossette périphérique postérieure (o,). Quaud ues niolaires sont beaucoup plus usées, les denticules pi, mp etpe coiistituent une créte posté- rieure qui coupe la communication de la fossette périphérique pos- térieure (o,) avec la vallée trausversale médianeá cause de la dispa- rition de la fente qui allait de cette vallée á la fossette périphéri- que; cepeiidaut, malgré cet effacemeut, le point de départ de cette branohe postérieure (v,) reste encoré visible sous la forme d'un an- gle en forme de coude, c'est-á-dire dirige en arriére, en directiou inversa de la branohe antérieure. Cette conf ormation est celle qui caractérise les genres les plus récents du méme groupe, comme VAstrapotherhim, par exemple (fig. 315). Les trois crétes, antérieu- re, postérieure et externe, sont tres larges et parfaites, les deux Fig. 315. Adrapothi'i-'nuii ma(jnuM (Ow.) Amgh. Cinquiéme niulaire supérieure droite, vue par la face masticatrice, aux trois quarts (3,.i) de la grandeur naturel- le. Éocéne supérieur de Patagonie (santaoruzéen). denticules postérieurs, mp, pi, étant fusionnés pour constituer la créte postérieure. L'examen que je viens de faire nous permet de retracer le che- min de la fente qui séparait ees deux denticules; le coude (v,) de la vallée trausversale représente lo point de bifurcation, et sa direc- tion en arriére est indiquée par (o,), dernier vestige de la fossette pé- riphérique postérieure, ce qui prouve que le grand lobe interne pi de la molaire á' Astrapotherium, sur les molaires des genres qui l'ont precede, était nécessairement separé, Sur des ongulós desgroupes les plus différents, on retrouve ees vestiges de la branclie postérieure (o,) de la vallée trausversale AMEGHINO: MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 239 médiaue. Sur les molaires de Col podón pUcatus (fig. 316), on voit l'aiigle en coude (v,) de la vallée transversale médiane tres bien marqué et en face d'une f ossette póriphórique postérieure (o,) assez grande et profonde. En outre, on ajDsrcoit ici aussi que la dis- parition de rélément median mp n'est pas complete, car il se trouve encoré representé par la partie antérieure libre sous la forme d'nn prolonge- meut triangulaire de la créte postérieure qui avance sur la vallée transversale médiane. Sur les molaires de Leontinia (fig. 317), on peut faire les mé- mes observations. Dans la mo- laire 6 qui est encoré peu usée, la créte postérieure est tres étroite et le bout interne a presque la forme d'un tubercule conique; en arriére on voit lafossette périphé- rique postérieure (o,) qui est tres large, ¡orof onde et avec le bourrelet jjostérieur qui vient s'appuyer sur le tubercule postérieur interine jj¿, Fig. 31(i. Col podón plicatus Axa^h. Sixié- me molaire supérieure gauche, vue par la face masticatrice, de grandeur natu- relle. Eocéne inférieui- de Patagonie (col- podonéen). 4yt nj OÁ^ p^ 'l/- Fig. 317. Leontinia fissicoUis Amgh. Cinquiéme et sixiéme molaires supérieures droites, vues par la face masticatrice, de grandeur naturelle. Crétacó le plus su- périeur de Patagonie (pyrothéréen). mais assez éloigné du sommet. La vallée transversale est tres pro- fonde, mais en examiuant la piéce origínale on s'aper^oit que Taugle en coude (v,) est en partie couvert par une expansión correspondant 240 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. á la lame d'émail de la créte postérieure et de Texterne. Sur la mo- laire 5 qui est beaucoup plus usée, la créte'postérieure est devenue beaucoup ¡jlus large et le bout interne a perdu la forme conique; la fossette péripliérique postérieure (o,) s'est effacée, et l'angle en coude fv,) est resté plus á découvert et il indique tres bien la direc- tion de l'ancienne branche j^ostérieure de la vallée transversale médiane. Dans la ligne des ongulés qui conduit aux clievaux récents, les vestiges de la branche postérieure de la vallée transversale média- ne sont presque toujours plus cu moins a^Dparents, et permettent de reconnaítre avec une certi- tude complete les denticules primaires du lobe postérieur. Je ne veux pas remonter dans cette ligne au delá du genre Interhippus qui est celui chez lequel les molaires ont commencé á prendre une for- me décidément hypsodonte. Dans les molaires tres jeu- nes et presque pas usées de ce genre (fig. 318), on voit que les denticules postérieur inter- ne pi et median postérieur mp ne sont pas places sur une mé- me ligne transversale, sinou l'un derriére Tautre dans la direction longitudinale, le median postérieur mp un peu plus á l'intérieur de la couronne que le ¡postérieur interne pi^ et cette méme position relative a persiste jusqu'aux représentants actuéis du genre Equiis. Sur la molaire á! Interhippus, ou voit que le denticule median mp est separé du denticule antérieur interne rt¿ par une fente profonde qui représente la branche antérieure (t^) de la vallée transversale média- ne; en arriére, le méme denticule mp est separé du denticule posté- rieur interne pi par une autre fente profonde qui représente la bran- che postérieure (v,) de cette méme vallée transversale. Sur l'homo- logie de ees deux fentes, il ne peut y avoir le moindre doute; on n'a qu'á regarder la meme dent ¡lar le cote interne (fig. 319), pour s'a- percevoir que le denticule mp est place vers la base plus á l'intérieur de la couronne, de sorte que les deux branches (v^) et (v,) convergent et finissent jaar so reunir dans la fente (v). Quand les molaires sont usées jusqu'au point de la confluence des deux branches {v') et (v,), V ac Fig. 318. Intcrliippnít phorcus Aingh. Molaire supérieure droite, vue par la fa- ce masticatriee, grossie deux diamétres r|-) de la grandeur naturelle. Crétacé su- périeur de Patagonie (pyrothéréen). ameCtHixo: morphologie phylogéxéttqtk. 241 dans la feute ív), comme sur l'échantilloTí representé ci-dessous (fig. 320), le denticTiles mp se trouve alors á riutérieur de la cou- ronne, et la bifurcation de la vallóe transversale médiane est bien appareiite. La branche antérieure fy'), tres longue, termine dans la fossette antérieure (o''), tandis que la fossette céntrale (o) est isolée; mais dans les molaires un peu moins usées, elle se pro- longeait jusqu'á se mettre en communicationavecla branche antérieure (v'): l'angle en con- de (v,), qui se dirige en arriére vers la fossette póriphérique postérieure (o,), représente la branche postérieure de la val- lée transversale. La partie du lobe postérieur qui se trouve du cóté interne de la branche postérieure (vj et de la fos- sette périphérique postérieure (o,) représente done le denticule postérieur interne ^;/; la partie courbe qui avance sur la vallée transversale médiane et qui est Fig. 319. Inlerhippus plwi-ciis Amgh. La méme molaire de la iigure preceden- te vue par la face interne, grossie un de- mi-dianiétre (J') du naturel. Fig. 320. Inlerhippus defiexits Amgh. Cinquiéme molaire supérieure droite; a, vue par la face masticatrice, et 6, vue par la face interne, de grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie (astraponotéen le plus supérieur). limitée en arriére, par l'angle en coude (v,) et en avant par la fos- se céntrale f'o), correspond exactemenfc au denticule median posté- rieur mp. A.vAL. Mds. Nac. Bs. As., Skrie 3', r. ni. Makzo M, UM. Ki 242 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. La figure suivante (fig. 321) représente la face masticatrice d'une molaire d'un notohippidé du tertiaire inférieur un peu moins usée que la precedente. La fossette périphérique postórieure (o,) se conserve jílus grande, et Tangle en coude (v,) de la valléetrans- versale est aussi bien apparent, l'un et l'autre indiquant avec precisión la place du denticule postérieur interne jj¿. Dans la branche antérieure (v'') de la vallée transversale médiane, il y a un deuxiéme angle en coude qui se dirige vers la fosse céntrale ío), et c'est le vestige de l'ancienne communicatiou de la vallée avec la fosse en question. La partie solide et courbe, comprise entre la branche postérieure fv,) et ce deuxiéme angle en coude, correspond /se 0^^_0"^ Fig. 821. Arnijrohipinii fralercnlus Amgh. Cinquiéme molaire supérieure droite, vue i>ar la face masticatrice, grossie deux diamétres f-lldu naturel. Eocéne inférieur de Patagonie (colpo- donéen ). IJ- V tf Fig. 322. Nesohipjndion antjida- his (Amgh.). Molaire supérieure droite, vue par la face masticatri- ce, de grandeur naturelle. Pam- peen inférieur de Buenos Aires ( ensónadéen ). exactement au denticule median postérieur mp qui se trouve li- mité vers le cóté externe par la grande fossette postérieure (o„) qui le separe de la créte externe. Maintenant, si on compare cette figure avec celle d'une molaire correspondante d'un équidé primitif, comme NesoMppidion angula- ti(x, par exemple (fig. 322), qui conserve encoré la fossette périi^héri- que postérieure (o,) sous la forme primitive caractéristique des notohippidés, on trouvera une disposition fondamentalement iden- tique. L'angle en coude de la branche postérieure de la vallée transversale indiqué par (v,), quoique tres petit, se trouve par- faitement indiqué et présente avec la fosse périphérique les mé- mes rapports, ce qui donne pour le denticule p¿ absolument la AMEGHINO : MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 243 méme position. Le tubercule median postérieur mp se trouve aussi dans la méme position, representé par la méme partie solide en courbe, limitée par les deus angles en coude (v,) et (v') et en dehors par la grande fossette (o„) qui le separe de la créte externe. La po- sition relative de ees différentes parties est décisive et il me parait superflu de m'éteudre avec plus de détails. La méme disposition, mais moins apparente, s'observe aussi sur les anciennes espéces du genre Equus, par exemple, sur VEquus curvidens (fig. 323). Cette molaire, comparée avec la precedente de Xesohippidion angulattis, montre que la différence la plus notable /?n- ir ^ ^ ^ ^*^ Fig. 323. Eqmis curvidens Owen. Sixiéme molaire supérieure droite, vu« par la face masticatrice, grossie deux diamétres (|) du naturel. Pampeen supérieurde Buenos Aires (bonaréen). consiste dans la fossette périphérique postérieure (o,) qui a perdu la forme d'ile caractéristique des NotoMppidés pour prendre celle d'un pli ou coche qui est la plus genérale dans les équidés, et tout á fait caractéristique pour les représeutants du genre Equu.i. La partie correspondañt au denticule mp forme aussi une courbe mais moins saillante. L'angle en coude (v,), correspondañt a la branche postérieure, est encoré plus prononcé, mais il faut teiiir compte qu'il s'agit d'une dent encoré peu usée; sur les molaires plus uséesi cet angla devient beaucoup moins apparent. Dans le cheval domes- 244 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. tique et aussi dans les autres espéces plus recentes du méme genre, VEqtius rectidens, par exeniple (fig. 324), l'angle en conde (v,J s'ef- face jnsqu'á n'étre plus visible sur les molaires des individus adul- tes; dans ce cas, la partie inter- ne des deux denticules fusion- nés, ^¿, nij), lie constitue plus qu'un bord simple en ligne droite. La forme de la vallée trans- versale médiane peut étre en cutre modifiée par l'appari- tiou du tubérculo supplémeu- taire interlobulaire interne /. Nous avons vii que, comme regle genérale, il se développe sur le cóté interne de la dent en face de l'entrée de la vallée, mais il peut aussi apparaitre dans le f oud méme de la vallée. Les exemples les plus curieux et les plus instructifs nous sont offerts par les astrapotliéres. Fig. 321. Eqtius rectideiu Gerv. et Anigh. Molaire supéiñeure droite, vue par la face masticatrice, de grandeur naturelle. Pam- peen le plus supérieur (lujanéen;. C4^ ^a. oa Fig. 325. Ástrapotliericidms eraanjina- tus Amgh. Cinquiéine molaire supé- ríeure droite, vue par la face mastica- trice, aux trois quarts ( 'í-i ) de la gran- deur naturelle. Eocéne moyen de Patagonie ( astrapothéricnléen ). Fig. 326. Aütrapothericnlwn peninsu- !ali(s Amgh. Molaire supérieure gau- che, vue par la face masticatrice, aux trois quarts ('4) de la grandeur na- turelle. Eocéne supérieur de Patago- nie (notohippidéen). Sur la figure 325, j'ai fait représenter une molaire supérieiire d' Astrajjothericiiliis provenant d'un individn tres vieux; la face masticatrice est excessivement simple ; presque toutes les f ossettes et plis ont disparu. Ce qui reste de bien visible, c'est la grande val- AMEGHINO: MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 245 lee transversale médiane avee ses trois divisions parfaitement dis- tinctes, l'entrée (v), la petite branche postérieure (v,) sous la forme d'angle en coude, et la grande branche antérieure (v' ). Au niilien de cette vallée, enface de la petite branche postérieure, et plus pres du cóté externe que de l'interne, on voit un tout petit tubér- culo conique complétement isolé jusqu'au fond de la vallée. C'est le petit tubérculo supplémentaire i qui, au lieu de se développer sur le cóté interne en face de l'entrée (v) de la vallée, fait son ap- parition a l'intérieur de l'entrée. Chez V Astrapotliericulus penin- siilatus (fig. 326) qui est un peu plus récent que le précédent et en est probablement aussi le descendant, on voit encoré le méme den- ticule supplémentaire i ud peu plus grand et soudé á la crete ex- terne de maniere á constituer une presqu'ile qui avance dans la vallée. Cette fusión avec la créte externe n'est pas due á une simple question d'áge si- non á une différence spécifi- que: cette molaire est en effet beaucoup plus jeune que la precedente puisqu'on y obser- ve une grande fossette péri- phérique postérieure (o,), une petite fossette céntrale (oj et une fossette postérieure (o,,) ^'S- 327. Astrapothericulus minnsciiltm un peu plus grande. Pourtant. ^^f • M^l^ire supérieure gauche, vue , par la tace masticatrice, gi'ossie un qp- ll est probable qu'á un age mi-diamétre du naturel (5 :. Kocéne in- plus avancé, la partie libre de férieur de Patagonie (colpodonéen). la presqu'ile se f usionnait aussi avec la créte antérieure, transformant la branche antérieure (v'J de la vallée transversale en une f osse complétement isolée. Ce stade d'évolution avait deja été atteint par une autre espéce beaucoup plus petite et aussi beaucoup plus ancienne du méme genre, VAstra- jwfhericulus minuscnhis (fig. 327), de la base de Téocéne. La molaire figurée est tres peu usée, avec la fossette périphérique postérieure (o,) et la f osse céntrale (o) tres profundes ; malgré cela, le petit tu- bercule supplémentaire ¿, dont on voit encoré une partie du con- tour, s'est fusionné avec la créte externe d'un cóté et l'antérieu- re de l'autre, laissant ainsi complétement isolée la grande branche antérieure (v'j de la vallée transversale médiane. D'autres formes gigantesques et encoré plus auciennes présenteut une conforma- tion semblable; tel est, par exemple, le Parastrapotlierium Troues- 246 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. sai-ti (fig. 328), dont les molaires tres iisées montrent un grand pli rentrant interne et une grande fosse isolée. Si on ne connaissait pas les diff érentes formes de transition qui condviisent á cette phase de transí ormation, il serait difficile de reconnaitre que la grande fosse isolée correspond k la branche antérieure (v^J de la vallée trans- versale; le pli rentrant du cóté interne (v) correspond k l'entrée de la vallée, et le bout interne du pli correspond k l'angle en coude (i-,), c'est-á-dire á la branche ¡jostérieure de la méme vallée. oa. Fig. 328. Paraslrapotheritim Troiiessar- ti Amgh. Cinquiéme molaire supérieure droite, vue par la face masticatrice, aiix trois quarts ( ^í-i ) de la grandeur natu- relle. Crótacé le plus supérieur de Pata- gonie ( pyrothéréen ). Fig. 329. '} Pleurosttjlodon neylectns Amgh. Molaire supérieure gauche, vue par la face masticatrice, gros- sie deux diamétres /-j-) déla gran- deur naturelle. Crétaoé supérieur de Patagonie(notostylopéen). Cette conformation n'est pas limitée aux astrapothéres. La fi- gure 329 représente une molaire d'un ancylopode, probablement du genre Pleurostylodon, qui présente aussi la grande vallée trans- versale médiane (v) scindée en deu.x parties par le développement du denticule interlobulaire i dans l'intérieur de la vallée. La partie interne isolée qui correspond á l'entrée de la vallée et ala branche postérieure (v,) pourrait étre prise pour la fosse péripliérique in- terne, mais elle s'en distingue parce qu'elle est placee sur le cóté in- terne du denticule ¿, tandis que la fossette péripbérique est toujours placee sur le cóté externe á\\ méme denticule. Sur les molaires persistantes non usées ou peu usées de quelques espéces á' Aclhwfherium, on voit aussi le tubérculo i a l'intérieur de l'entrée de la vallée soxts la forme d'une petite colouuette isolée. II reste encoré á examiner les modifications de l'entrée de la val- lée transversale. AMEGHINO: MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 247 Plus liaut jai eu l'occasioii de f aire remarquer que la vallée traus- versale médiane, telle qu'ou la voit dans les types les plus pri- mitifs, penetre tout droit entre les denticules médians jusqu'au bassin central, conformation bien visible sur les molaires de Lon- choconus (fig. 307). J'ai fait voir aussi comment la fusión du tu- bercule median postérieur mp avec l'antérieur interne ai coupa la tZt o Fig. 330. Asniithwoodwardia subtrigona Amgh. Cinquiéme molaire supérieure gauche, vue par la face masticatrice, grossie huit diamétres l&\ de la grandeur naturelJe. Crétacé supérieur de Patagonie (notostylopéen). communication de la vallée avec le bassin central, comme c'est le cas dans les genres Asmithwoodtcardia (fig. 330), Trigonosty- lopsj^íig. 331), etc. Dans ees cas, toute la branche antérieure s'est Fig. 331. Triyonoxtylops i?ife¡jer Amgh. Cinquiéme molaire supérieure gauche; a, vue par la face masticatrice, et h, vue par le cóté externe, grossie deux diamé- tres (I) de la grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie (notos- tylopéen). effacée complétement ne restant que la postérieure dont la fos- sette périphérique postérieure fo,) n'en constitue qu'une prolon- gation. 2-iS MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. Liinitant mes observations á l'entrée méme de la vallée, je cons- tate qu'elle peut étre tres large et profonde, ou étroite et superfi- cielle. Les molaires de Jlíéo-osí^/Zo^Js ( f ig. 332 ) montrent les deux lobes internes soiis une forme presque coniqne et separes par une .Y-^^ Fig. 332. Microstijlops darm Aingh. Cinquiéme molaire supérieure droite; o, vue par la face mastioatrice, et b, vue par la face interne, grossie quatre diamétres (i) de la graiideur naturelle. Orétaoé supérleur de Patagonie (notostylopéen). grande fente qui en se rétrécissant arrive presque jusqu'á la base; d'accord avec cette conformation de l'entrée, la vallée est tres large et profonde. Les molaires de Pleurostylodon divisus (fig. 333) montrent également leurs deux lobes internes tres éloignés Tun de l'autre et leurs extrémités a demi-coniques: la vallée transversale Fig. 333. Plenrostylodon divisus Amgh. Cinquiéme molaire supérieure gauche; «, vue par la face masticatrice, et h, vue par la face interne, grossie un demi- diamétre f;¡l du naturel. Crí-tacé supérieur de Patagonie (notostylopéen). (v^) est tres profonde, mais il u'en est pas de méme de l'entrée (v) qui se rétrécit brusquemeut, les deux lobes se fusionnant de maniere á constituer une muraille interne un peu arrondie. En regardant la molaire par la face interne (fig. 333 &), la forme courte et angu- AMEGHINO: MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 249 leiise de Tentrée, ainsi qut- la forme conique des deus lobes inter- nes et leur grande divergence, lui donneut un aspect si caractéris- tique qu'il permet de la reconnaitre au premier coup d'ceil. Fig. 334. Eílvardotrotiessartia so!a Aingh. Cinquiéme molaire svipérieure droite a, vue par la face masticatrice; i, vue par la face postérieure, et c, vue par la face externe, grossie un demi-diamétre (|) du naturel. Crétacé supérieur de Pa- tagonie (notostylopéen ). Dans les molaires á' Edvardotrouessartia (fig. 334), nous ne vo- yons plus d'entrée distincte. Les deux lobes internes ai, pi^ se sont rapprochéset unisjnsqu'au sommet de maniere á constituer une la- me ou créte interne et étroite qui coupe toute communication de la face interne de la dent aveo la vallée transversale mé- diane; cette vallée fw'j se trouve réduite a une fosse assez large et isolée au centre de la face masticatrice. Les molaires de ce genre sont en outre tres re- marquables par la disposition symétrique des deux crétes an- térieure et postérieure, par rinclinaison vers la ligne lon- gitudinale médiane des deux murailles interne et externe, et par le raccourcissement exa- geré de la couroune sur les deux faces antérieure et postérieure. Dans les molaires de Pleurostylodon biconus (fig. 335), les deux lobes internes ai, pi, sont unis par une créte longitudinale interne comme dans le genre précédent. Pourtant l'aspect de la couronne ¿¿C Fig. 335. Pleurodtjiodon bicoims Amgh. Molaire supérieure droite, vue par la face masticatrice, grossie deux diaraétres (j) du naturel. Crétacé supérieur de Pata- gonie (notostylopéen). 250 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. est bien différent; les crétes transversales n'ont pas la méme forme; la fossette postérieure (o„) est plus grande et placee plus en arriére; la branche antérieure (v^ ) de la vallée transversale a le cote exter- ne compliqué; la face externe de la molaire n'a pas non plus la méme forme, taudis que le bourrelet basal constitue une sorte d'en- ceinte qui tourne sans interruption sur les trois faces interne, an- térieure et ¡lostérieure. La différence, peut-etre la plus considera- ble, apparait sur la face interne qui est complétement arrondie ou convexe, tandis que dans les molaires á' Edvardotrouessartia, il reste un petit sillón vertical, n, comme dernier vestige de l'ancienne sé- paration des deux lobes internes- Ce sillón, auquel je donne le nom de « sillón interlobulaire interne », se présente encoré plus prononcé sur les molaires de beaucoup de genres de différents sous-ordres, et il est d'aiitant plus visible que la créte interne est plus large et que la vallée transversale se trouve plus éloignée de la face in- terne. C'est le cas des molaires de Pleurostylodon complanatus (fig. 33fi ) dans lesquelles le grand élargissement de la créte interne a Fig. 336. PleiirostyJodon complanatus Amgh. Molaire sujjérieure droite; a, vue par la face masticatrice, et b, vue par la face interne, grossie un demi-dlamétre (I) de la grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie ( notostylopéen). confiné la vallée transversale fi-'j au centre de la face masticatrice sous la forme d'une f osse allongée complétement isolée ; la persis- tance du sillón interlobulaire devient ici tres importante, car sa position nous indique la direction dans laquelle se trouvait l'entrée de la vallée transversale, soit dans les mémes dents toutes jeunes et non usóes, soit encoré sur les molaires des genres o\\ des espéces dont cette derniére est la descendante. En vérité, dans les cas de Pleurostylodon et d'autres semblables, la position qu'a eue l'entrée fíjj de la vallée n'est pas bien difficile a déterminer, mais il n'en est pas de méme quand on est en présence A5ÍEGHIN0: MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 251 de molaires qni avec l'áge et l'usure changent tellement leur aspect et leur contour qivelles devieunent méconnaissables. Les nésodoii- tes comptent dans ce nombre. Leurs différentes phases de dévelop- pement sont nombreuses, mais pour le caractére en question je vais en présenter deux seulement. Sur la figure 337, j'ai fait repré- senter la face masticatrice de la cinquiéme molaire supérieure d'un Nesodon deja bien usée. Le contour de la couronne est pres- tí" ^ 0., Fig. 337. Xesodon Owen. Cinquié- mt; molaire supérieure gauche, vue par la face masticatrice, de gran- deur naturelle. Eocéne supérieur de Patagonie (santacruzéen). Fig. 338. Nesodon Ow. La méme dent de la figure antérieure, vue par le cóté interne, á la méme échelle. que trapezoide. On y voit tres bien la grande vallée transversale médiane, avec l'entrée ''¿v et ses deux branches antérieures corres- pondant: l'une á la branche antérieure (v^) et á la fosse anté- rieure (o'^J, et l'autre á la céntrale (o) ; un peu plus en arriére on voit une petite fossette postórieure (o„J suivie d'une fossette péri- phérique postérieure (o,) assez grande, quoique déjá fort éloignée du bord postérieur a cause de la grande usure de la dent. En re- gardant la dent ¡oar le cóté interne (fig. 338), onvoit l'entrée (v) de la vallée assez large et qui remonte vers le haut, mais elle dispa- rait aprés cachee sous un pont qui se produit par la fusión des deux lobes internes ai, pi; pourtant, on peut suivre son parcours par le sillón interlobulaire n qui suit jusqu'á la base. La figure 339 représente la face masticatrice de la mfjme dent, c'est-á-dire de la cinquiéme supérieure d'un individu beaucoup plus vieux. Le 252 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. contour de la dent, de trapezoidal, est devenu triangulaire; ce qui était le cote interue s'est tourné en arriera; les deux fossettes pos- térieures (o") et (o,) ont complétement disparu; l'entrée (v) de la val- lée s'est effacée, et la vallée transversale médiane se trouve coníi- Fig. 3;i9. Xesodon Oweu. Cinquiéme raolaire supérieure gauche tres usée, vuB par la face masticatrice, de gran- deur naturelle. Eocéne supérieur de Patagonie (santaoruzéen). Fig. 340. Nesodon Owen. La méme molaire de la figure precedente, vue par la face antéro-interne, á la méme échelle. née au centre de la face masticatrice, complétement isolée sous la forme d'une fente prof onde (v'J qui se dirige d'avant en arriére. Si on jugeait seulement par la direction de cette fente, on pourrait sup- poser que l'ancienne entrée de la vallée était placee dans la méme direction en suivaiit les deux lignes paralléles [a)], mais cette ligne aboutirait á la partie la plus convexe et la plus saillante du lobe interne postérieur tandis que l'entrée de la vallée constitue toujours la séparation des deux lobes internes. Maintenant en voyant par le cote interne la méme molaire (fig. 340) qui dans ce stade d'usure regarde en arriére, on voit uu sillón interlobulaire n profond et qui aboutit á une petite échancrure de la couronne; or, d'aprés la po- sition du sillón interlobulaire, il resulte avec la plus claire évidence que l'entrée de la vallée aboutissait á cette échancrure suivant la direction des deux lignes paralléles indiquées par le signe [c)]. AMEGHIXO: MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQrE. 253 Pour en finir, il me reste á examinar les modifications tle Tentrée de la vallée transversale médiane dans la ligne des hippoides. Dans les formes les plus anciennes et les plus primitives, cette vallée était large et profonde, comme l'indique la figure d'une molaire jeune á' Interlüppus phorcus (fig. 341) vue par la face interne; l'ei)- trée (v) de la vallée, sous la forme d'une feute, se prolon- geait en se rétrécissant presque jusqu a la base de la couronne, oú les deux branches antérieu- re fi-'j et postérieure (c,) de la vallée transversale ne consti- tuent qu'une vallée unique. Sur la face interne les molaires usées de la méme esjDéee ne montrent que la partie de la vallée correspondant á l'entrée (v), qui esttrés étroite. ArgyroJiippm, qui est d'une apoque plus ré- cente, a des molaires supérieures dont l'ontrée (vj de la vallée (fig. 342), quoique assez large, est excessivement coarte; elle se rétrécit brusquement et disparait á peu de distan ce de la face mastica- Fig. 341. Interhipjms pkorcus Amgh. Molaire supérieure droite, presque pas usée, vue par la face interne, de gran- deur natureUe. Crétacé le plus supérieur de Patagonie (pyrothéréen). o ft, Fig. 342. Aryyrohippuii fralerculus Amgh. Ciuquiéme molaire supérieure gau- che; n, vue par la face masticatrice, et h, vue par la face interne, de grandeur natu- relle. Eoeéne inférieur de Patagonie (colpodonéen) trice; sur les molaires un pen plus usées, ou aen voit plus de vestiges En regardant par leur cote interne les molaires de Per- hippidion (fig. 343), genre contemporain de Argyrohipptm, l'en- 254 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. trée de la vallée est complétemeut superficielle et iuvisible. Poitrtant cette phase d'évolution avait déjá été atteinte á une époque antérieure par d'autres genres du méme groupe. Les mo- C Fig. 343. Ferliippidion telragonoidc.^ Amgh. Molaire supérieure gauche; a, vue parala face masticatrice; i, vue par le cóté antérieur, et c, vue par le cóté inter- ne, de grandeur naturelle. Éocéne inférieur de Patagonie (colpodonéen). laires de Psevdhyrax (fig. 344), par exeraple, méme quaud elles sont encoré toutes neuves, ne 'présentent pas de traces de l'entrée «-^O Fig. 344. Pseudlujrax ful rachylheroides Amgh. Cinquiéme molaire supérieure droite; o, vue par la face masticatrice, et b, vue par la face interne, grossie trois dia- métres (^) de la grandeur naturelle. Crétacé supérieur de Patagonie (astrapo- notéen). AMEGHINO: MORPHOLOGIE PHYLOGÉXÉTIQUE. 255 (v) de la vallée trausversale ; les deux lobes internes sont comple- temeut fusionnés d'un boiit á 1 'autre du prisma dentaire, constituaut une face interne unie. Les molaires de ce genre montrent en outre une eonformation qui s'éloigne de celle des autres notohippidés de la méme époque, et dout on pourra saisir les particularités en com- parant la molaire non usée de Pseudhyrax avec celle qui se trou- ve dans le méme état de Interhippus pTiorcus (fig. 345). Le tubér- culo median postérieur mp qui, dans la molaire d'Inferhippug, appa- raít libre sur le bord interne á peu prés vers le milieu de la lon- gueur de la dent, se trouve dans celle de Pseudhyrax confiné dans le centre de la face masticatrice sous la forme d'une colonne coniíjue accolée a la créte postérieure, créte qui représente le denticule pos- térieur interne. Les deux denticules externes ae, pe présentent dans les deux genres a peu prés la méme disposition, mais le tubercule median antérieur 7na qui, dans Interhippus, est fusionné avec la créte anté- rieure qui va de ae k ai, se trou- ve dáns Pseudhyrax au centre de la couronne figurant un tout petit tubercule conique. La différence la plus notable pig. 345. interhippm ¡,horcm Amgh. apparait dans la eonformation Molaire supérieure droite, presque pas de la partie postérieure. Dans "'^''' """^ P"''" ^^ ^^""^ «masticatrice, gros- sie deux diamétres fZ\ de la grandeur la molaire d 'Interhippus, le naturelle. Crétacé le plus supérieur de bourrelet postérieur (,,) est Patagonie (pyrothéréen). descendu jusqu'au niveau de la face masticatrice et son bout interne a tourné en avant jusqu'a se fusionner avec le sommet du denticule postérieur interno |«'; il en resulte une grande fossette périphérique postérieure (o), limitée en arriére par le bourrelet en question qui dans son parcours trace un are de cercle. Dans la molaire de Pseudhyrax, le bourrelet ba- sal postérieur („) n'atteint pas le niveau de la face masticatrice: il est tout droit en forme de lame transversale, et son bout interne reste libre, separé du lobe pi par une fente étroite qui constitue 1 entrée de la vallée transversale étroite et profonde (o,) qui separe le bourrelet (,,) de la muraille postóriei;re de la dent. Euryíjeniops est un genre de la méme époque et du memo grou- pe, mais qui représente une ligne latérale tres spécialisóe et qui n'a pas de descendants au delá du tertiaire inférieur. Dans les mo- 256 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. laires supérieures (f ig. 346), les deux lobes internes se sont rappro- chés et fusionnés de maniere á effacer compléteinent l'entrée de la vallóe. D'ailleurs, dans ees molaires tres conrtes et fortement ar- Fig. 34(1. Eurijgeniojis latirostria Amgh. Molaire supérieure droitf, «, vvie par la face masticatrice, et h, vue par la face antérieure, de grandeur naturelle. Crétacé le plus supérieur de Patagonie (pyrothéréen). quées, la simplification de la couronne a presque atteint les dernié- res limites, car on n'y observe plus qu'un grand fossé isolé, étroit et allongé, qui représente la branche antérieure (v^) de la vallóe transversale médiane confinée au centre de la couronne et séparée de la face interne par une cré- te longitudinale interne tres larga. Cependant, sur les mo- laires peu usées, comme celle représentée ci-eontre (fig. 347), on voit une espéce d'angle en coude de la partie postérieure de la vallée qui va vers le bord interne et indique l'emplace- ment de l'entrée (v) de la val- lée sur les molaires des formes ancestrales. Apres que les deux lobes internes se sont fusionnés de maniere á ne constituer qu'une muraille interne suivie, il commenca á se déve- lopper á la base du cote interne de la couronne, sur le bourrelet basal, un petit tubérculo interlobulaire ¿, dont nous avons vu le Fig. 347. Eurijijeniops latirostris Aingh. Molaire supérieure gauche, peu usée, vue par la face masticatrice, de gran- deur naturelle. Crétacé le plus supérieur de Patagonie (pyrothéréen). AMEGHINO: MOEPHOLOGIE PHYLOGÉIÍÉTIQUE. 257 commencement diez plnsieurs des anciens notohippidés, mais qui, cliez SfiUüppus (fig. 348), constituait déjá une espéce de coloime'. Fig. 348. Slilhipjjus deferiorafus Amgh. Derniére molaire supérieure gauche d'un indÍTidu tres vieux; a, vue par la face masticatrice; i, vue par la face interne, et c, vue par la face antérieure, de grandeur naturelle; s, parties oü se conserve encoré la croíite de cément. Kocéne inférieur de Patagonie (colpodonéen). En se développant davantage, ce tubercule supplénientaire attei- gnit la surface masticatrice; d'abord il resta complétement isoló du prisma dentaire excepté á labase,respace entre cette colonne et la Fig. 349. Hipxjarion (Neohiixparionj Sinctairi Wortman. Molaire supérieure gauche; a, vue par la face masticatrice, et b, vue par la face interne, grossie un demi-diamétre %' du naturel, d'aprés Cope. Pliocéne des Etats-ünis (Loup Fork) Orégon. face interne du prisma dentaira étant remplia par du cément, com- me on le voit tres bien sur la molaire á'Hippnrion ( Neohipparion) Anal. Mes. Xac. Bs. As., .Skkie 3% t. iii. Mahzo 15, l'JOJ. 17 258 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. Sindairi, figurée par Cope (fig. 349); un simple coup d'ceil suffit pour s'apercevoir que la colonne interne i de la molaire d'Hippa- rion est la méme colonne i de la molaire de Stilhippus, tandis que la muraille interne sur laquelle s'appuie cette colonne supplémen- taire est constituée par la fusión sur une méme ligne longitudinale plus ou moins brisée ou ondulée des deux tubérculos internes a¿, pi, et des deux médians ma, mp, absolument comme dans les no- tohippidés les plus spécialisés. Tant que cette muraille interne res- te séparée de la colonne supp)lémentaire interne ¿, il est tres facile d'3' reconnaitre les parties du bord correspondant á ees quatre éléments primitifs, et dans le méme ordre que chez les notohippi- dés. Je donne ci-dessous la figure des molaires supérieures 5 et 6 de 'y> V- t -píV.inj. Fig. 350. Hipparion isonesum Cope. Molaires suj^érieurees droites b et G, vues par la face mastioatrice, grossies un demi-diamétre f|-j du naturel. Miocéne su- périeur (Ticholeptus beds) des Etats-Unis. Hipparion isonesum^ d'aprés Cope (fig. 360), dans un état d'usure qui permet de reconnaitre tres bien ees différents éléments. Les vestiges de Tentrée de la vallée sout indiques par le pli rentrant (v) dont la prolongation primitivo terminait dans le bout (o) de la fosse antérieure, bout qui correspond á la partie interne de l'ancienne fosse céntrale. En arriére, nous avous les deux jjarties saillantes, á bord convexe, -mp et pi, sur l'interprétation desquelles il ne ¡Deut y avoir le moindre doute: mp représente le denticule median posté- rieur, ei pi le postérieur interne. Le lobe antérieur interne ai re- présente le denticule primitif du méme nom. II reste le denticule median antérieur ma. Par homologie avec les notoliippidés, et par l'examen des molaires embryonnaires des chevaux, nous savous que la partie de la créte antérieure correspondant á ce denticule s'est avances á l'intérieur de la couronne pour couper la comraunioation AMEGHIXO: MOKPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 2Ó9 de l'eutrée de la vallée avec ses deux branches antérieures (o")et (o) qui ont coustitué la fosse unique antérieure. Ce denticule est done representé par la pointe saillante ma et sa contre-partie externe qui penetre dans la partie postérieure interne de la fosse antérieure. Ces deux bouts opposés du denticule median antérieur ont á peu prés la méme forme quoique en seus inverse; c'est encoré une curieu- se coufirmatiou de cette loi genérale que lesparties homologues ont une tendance á prendre des formes symétriquement égales. Cette ressemblance s'est encoré accentuée davantage dans quelques for- mes un peu plus recentes; sur les molaires tres usées de StereoMjypiiK, ce n'est plus de la ressemblance, mais une identité presque com- plete dans la forme, comme on peut en juger par la figure 351 qui représente une molaire avec les deux bouts du denticule ma par- faitement opposés par leurs bases et présentant la méme forme. Fig. 351. Stereoltijipiis tarijensis C. Amgh. Derniére molaire supérieure droite tres usée, vue par la face masticatrice, grossie un demi-diamétre ^|\ de la gran- deur naturelle. Pampeen iuférieur (ensénadéen) de la province de Buenos Aires. Collection du Musée National. La colonne supplémentaire i, en s'accolant davantage au pris- me dentaire, est devenue plus aplatie, et la fusión de la partie bá- sale s'est prolongée graduellement jusqu'au sommet. Cette fusión de la colonne interne avec le prisma dentaire est le trait le plus distinctif des genres Equux, Hippidion, NesoMppidion et Onohippi- dion, et elle a donné aux molaires une forme apparemment si diffé- rente que les naturalistes ont pris cette partie supplémentaire et la . plus récente, pour la plus ancienne et la plus importante. La fusión de la colonne avec le prisme dentaire se trouve déjá sur plusieurs espéces du genre Hipparion a plusieurs degrés d'avance- L 260 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. ment, de sorte que sur qnelqnes espéces qni, k l'état jeiine, montreiifc la colonue isolée, á un ágo avancé, elles monti'ent la méme colonne sondee an fñt de la dent. Souvent anssi, on observe sur un méme ^ MW'^'^ ''mW t t u Fig. 352. Hipparion e.alamariiim Cope. Cinquiéme et sixiéme.inolaires supó- rieures gauches d'un méme individu, vues par la face masticatrice, grossies un demi-diamétre (f) du naturel. Miocéne supérieur (Lonp Fork beds) des Etats-Unis. individu des molaires avec la colonne isólée et d'autres avec la colonne fusionnée. Je reproduis ci-dessus la figure (d'aprés Cope) des molaires cinquiéme et sixiéme d'un individu á' Hipparion cala- marium (fig. 352) qui se troii- ve dans cette derniére condi- tion. La molaire 6 a la colon- ne eomjilétement isolée, mais sur la molaire 5 qui est un peu plus nsée, la colonne est unie par un isthme au lobe anté- rieur interne, ce qui est d'ail- leurs la regle genérale pnisque le petit tubérculo interlobulai- re i se développe toujours sur la base du denticule antérieur interne en face de l'entrée de la vallée. Je trouve ici l'occasion de m'occuper des modifications qu'a produites la fusión de la colonne avec le lobe antérieur inter- ne dans la partie interne de la face masticatrice. En regardant une molaire supérieure (YEquui^ par la face masti- catrice (fig. 363), on remarque de snite sur la, moitié interne la Fig. 353. Equus grarülíi C. Amgh. Cin- quiéme molaire supérieure gauche, vue par la face masticatrice, grossie deux diamétres fí) de la grandeur naturelle. Pampeen de Tarija. AMEGHINO: MOEPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 261 grande eoloniie supplémentaire i, et la grande vallée oblique (s) qxú Ja separe de la partie interne postérieure. Cette vallée (s) qni pene- tre dans la face masticatrice dans une direction oblique vers le de- vaut et le dehors, a toujours été prise pour la grande vallée trans- versal médiane (v) que nous avons observée sur les molaires de la plupart des ongulés. Or ii n'en est absolunient rieu; il s'agit d'une vallée supplémentaire, d'origiue tres récente, plus moderne encoré que la colonne supplémentaire interne. Revenons aux molaires á' Hippavion calamarium iigurées plus haut (fig. 352 j. La molaire 6 nous montre la colonne isolée et le bord interne de la molaire, separé de la colonne par un détroit. ouvert aux deux bouts antérieur et postérieur. La vallée trans- versale, ou la partie qui la représente, se trouve confinée a l'inté- rieur de la couronne, représentée par la fosse antérieure (o") et complétement séparée de la face interne, comme beaucoup d'aiitres ongulés nous en offrent de nombreux exemples. Nous avons déjá vu que sur le bord interne il ne reste d'autres vestiges de l'entrée de la vallée que le petit pli rentrant (v). Sur la molaire 5 de la méme figure, il ixy a d'aiitre cliangement que la formation d'un isthme qui a mis le lobe antérieur interne ai en com- munication avec la colonne supplémentaire /. Or l'appari- tion de cet isthme a coupé le détroit qui séparait la colonne supplémentaire i du bord in- terne de la molaire, le divisant en deux parties: Tantérieure (•-') plus j^etite qui a la forme d'une échancrure, et que je distingue sous le nom de «baie antérieure»; et la postérieure (s) beaucoup plus grande, qui a la forme d'un grand golfe ou vallée oblique. Cette vallée que je designe sous le nom d' « avant-vallée transversale médiane » est la méme que nous voyons sur la face masticatrice de la molaire d' Eqnuií grac¿lÍ6-{ñg.dd3), et elle représente la partie ^postérieure du détroit qui séparait la colonne supplémentaire du bord interne de la dent, dont le fond a été obstrué par l'apparition de l'isthme en question. Supprimons de la molaire d'Eqtius (¡racilis l'isthme qui réanit la colonne supplémentaire interne i au bord interne de la dent, et nous aurons la figure 354, qui présente la méme forme Fig. 354. La méme molaire á'Eijuun (/racilis lie la figure precedente, vue en supiJosant la colonne supplémentaire i isolée du prisme dentaire. 262 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. d'une dent á^ Hipparion á colonne supplémentaire aplatie, ou la forme parfaite d'uue molaire de Neoliipparíon. Celle que Pon preiid á tort 250ur la vallée transversale reste transformóe aii détroit qui séparait primitivement la colonne du prisme dentaire; et sur le bord interne les vestiges de l'entrée de la vallée transversale fcy, et la pointe saillante du denticule median antérieur ma apparais- sent bien visibles comme sur les molaires á^ Hipparion. Dans la figure precedente (fig. 353), au fond du grand golfe de l'avant-val- lée (s) on voit, a cote des pointes ou plis v et ?««, un troisiéme pli rentrant {■—•); celui-ci estlerésultat de la formation de la lame pos- térieure d'émail qui a uni la colonne i au prisme dentaire, et il est riiomologue de la coche ou baie antérieure (— -); pour cette raisou je designe ce pli rentrant qui est caractéristique de tous les éqnidés possédant la colonne supplémentaire i sondee au prisme dentaire, sous le nom de «baie postérieure». Fig. 355. Pseudhipparion reínisuní (Cope) Amgh. Sixiéme molaire supé- rieui'e droite, vue par la face masti- catrice, grossie un demi-diamétre ^|j de la grandeur naturelle, d'aprés Co- pe. Pliocéne (Lou]) Fork beds) des États-Unls. Fig. 35*1. Pseudhipparion relrnsiiiit (Cope) Amgh. Cinquiéme molaire supérieure droite, vue par la face masticatriee, grossie un demi-dia- métre (4^ '^^ naturel, d'aprés Coiic Pliocéne (Loup Fork beds) des Etats- Unis. II y a un équidé éteiut du tertiaire des États-Unis qui montre d'nne maniere tres claire que V«. avant-vallée transversale mediana interne» des chevaux est bien distincte de la « vallée transversale médiane interne» des autres ongulés; c'est VHipparion retrusum Cope, si différent de tous les autres que je ne puis faire autrement que le considérer comme le type d'i^n genre distinct que je dé- signerai sous le nom de Pseudlüppavion. La figure 355 représente la sixiéme molaire droite de ce genre. On remarquera de suite la largetir enorme de la colonnette interlobulaire interne i. Mainte- AMEGHINO: MORPHOLOGIE PHTLOGÉNÉTIQUE. 263 nant si ou observe la vallée qui séjoare cette colonnette du prisme dentaire, on s'apercevra immédiatement qu'elle est dans une posi- tiou différente et qu'elle a une direction complétement oppo- sée a celle que Ton constate sur tous les autres éqnidés. Cette avant-vallée, au lieu d'avoir l'entrée placee dans la partie posté- rieure du cóté interne du prisme, présente l'entrée dans la partie antérieure, et au lieu de se diriger obliquement en avant comme chez tous les équidés connus, elle se dirige obliquement en arriére. La cause de cette inversión est que la colonnette supjilémentaire interne /, au lieu de se souder avec le denticule antérieur interne ai comme c'est la regle, se fusionne au coutraire avec le denticule postérieur interne ¿ñ. II est done bien évident que l'avant-vallée transversale médiane s est indépendante de la vallée transversale médiane fv), et que la colonnette / est un élément d'origine se- condaire qui peut s'unir aussi bien avec le lobe antérieur qu'avec le postérieur. Quand ees molaires sont un peu plus usées comme celle de la méme espéce représentée par la figure 35G, la partie antérieure de la colonnette supplémentaire / se fusionnait aussi avec le den- ticule antérieur interne ai; il est résiilté de cette double fusión que la partie céntrale de rancien détroit qui séparait la colonnette i du prisme dentaire est restée complétement isolée en constituant une grande fossette périphérique interne fortement allongée d'a- vant en arriére. Nous avons déjá vu (p. 194) que, sur les molaires tres usées de Protohippus, il se forme une fossette semblable mais dirigée obliquement. Cette fossette, dans les molaires de Protohippus, se constitue en suivant une voie absolument opposée á celle de P.ieitd- hipparion; la colonnette commence par se fusionner en avant avec le denticule antérieur interne ai et termine en se soudant par son bord postérieur avec le denticule postérieur interne j»- En suivant le développement des molaires de ce geni"e placees dans la partie antérieure de la serie, depuis les caduques toutes jeunes jusqu'aux remplazantes tres vieilles, nous pouvons diré que nous assistons a l'apparition et au développement de la colon- nette supplémentaire /'. Plus haut (pag. 230) jai eu l'occasion de fairemention d'une mo- laire de remplacement tres jeune de Frotohippus, et je crois utile d'en reproduire encoré unefois la figure (fig. 357). Cette molaire a été piibliée par Leidy qui l'avait tirée de l'intérieur de l'alvéole au- dessous de la caduque correspondante. Dans cette phase de son 264 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. dévelopjDemeiit, la colonnette supplémentaire i est représentée par un petit tubercule accessoire et l'on voit tres bien qn'ilest une par- tie surajoutée, homologue du tubercule suiDplémentaire interlobu- rmCL Fig. 357. Profohippus (Merychippnn) mirnbilis Leidj'. Molaire supérieure droite de rem2Jlacenient qui n'était pas encoré sortie de l'alvéole, vue par la face corónale, grossie un de- mi - diamétre {^\ de la grandeur naturelle. d'aprés Leidj'. Pliocéne (Loup Fork beds) des Etats-Unis. Fig. 35S. Protohippui ( Meryclñp- pus) miralñUs Leid3-. Quatriéme mo- laire supérieure droite de remplace- ment du cóté droit, vue j)ar la face masticatrice, de grandeur naturelle, d'aprés Leidy. Pliocéne (Loup Fork beds) des Etats-Unis. laire interne que Ton voit sur les molaire de taut d'autres ongulés. Avec le développement graduel des molaires, ce petit tubercule grossit et finit par constituer la colonnette des remplacantes deja usées de la méme esjDece (fig. 368). Sur les molaires caduques du méme genre ou des genres tres voi- sins, la colonnette supplémentaire i n'existe pas ou elle est représen- tée par un commencement insignifiant. Dans les molaires figurées ¡lar Cope comme de ? Protohippus pachyops (fig. 359), mais qui cer- Fig. 359. Anchipptis (? Protohippus) pachyops ( Cope ) Amgh. Molaires caduques deux, trois eti quatre du cote droit, tres usées, vues par la face masticatrice, de grandeur naturelle, d'aprés Cope. Miocéne supérieur (Louj) Fork beds du Te- xas) des Etats-Unis. AMECtHINO: MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQrE. 2G5 taiiiement sont d"un genre distinct quoique assess voisin, aucune des caduques ne présente pas le moindre vestige, méme rudimentaire, de la colonuette. Ces molaires tres usées représentent d'uue maniere presque parfaite la forme ata- vique des molaires des plus ancieus notohippidés; pour s'en assurer on n'a qu'á les comparer avec celles de Pa- triarcMppus (fig. 360). Les molaires caduques de Parahippuií, décrites et figu- rées par Le¡dy(fig. 361), mon- trent un tres petit rudiment de tubercule supplémentaire interlobulaire interne sur les molaires deuxiéme et troisié- me, mais la quatriéme en est absolument dépourvue. La molaire caduque de HijpoMppus^, décrite et figurée par le méme auteur (fig. 362), montre le méme tubercule interlobulaire i un peu plus Fig. SCO. Patriarchippus anneclems Amgh. Molaire supérieure di'oite, vue par la face masticatrice, grossie quatrc diamótres (^) de la grandeur naturelle. Crétaoé supérieur de Patagouie (notos- tylopéen). Fig. 3(il. Parahippus coynatus Leidy. Deuxiéme, troisiéme et quatriéme molai- res caduques du cóté gauche, vues par la face masticatrice, de grandeur natui'olle, d'aprés Leidy. Miocéne supérieur (Loup Fork beds de Tíebraska) des Etat-Unis. prononcé. Cette dent mérite encoré d'autres observations. II est absolument certaiu que le denticule antérieur interne est celui qui porte les lettres ai: ce denticule est de dimensions tres considera- bles et beaucoup plus ]5etit que le median antérieur. Comment est-il possible que ce grand tubercule couique ai soit deveuu le tout petit tubercule i de la figure 357? Ce n'est pas possible; mais comme la molaire de Hijpohippus en question montre, á la base du grand cóne ai, le méme petit tubercule i de la molaire de la figure 1 Je crois que Hypohippns et Parahippun sont du groupe des anchitéreg et non de celui des chevaux. 266 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. 357 et dans la méme position, il est évident qii'il n'y a eu d'autre changement important qu'un grand développement du tubercule représentant la colonnette i qui correspond á un élément absoln- ment distinct du grand cóne ai. Au moment de tracer ees lignes et en consnltant le remarquable mémoire de Kowalevsky sur le genre Aiifrncotheríum^, je m'apercois qu'en ce qui regar- de la colonnette interne i des équidés, ce savant était arrivé aux mémes conclusions; pour lui aussi, la colonnette est une partie surajoutée á une épo- que récente. J'ai eru de mon devoir ajou- ter cette remarque comme un hommage du au souvenir de ce grand anatomiste, et en méme temps comme un fort appui á mes recherches sur cette question. Pour démontrer cette origine secondaire de la colonnette interlobulaire / des molaires des équi- Fig. 3fi2. Hi/pohipjjus affinis Leidy. Molaire supérieure caduque du cóté gau- che, vue par la face masticatrice, de gran- deur naturelle, d'aprés Leidy. ?Pliocé- ne lie Dakota, Etats-Unis. í ^"UL Fig. SGS. Hipparion r/racile Kaup. Molaire supérieure droite, tres usée, vue par la face masticatrice, de gran- deur naturelle, d'aprés Kowalevsky. Miocéne supérieur de Pikermi (Gré- ce). Fig. 3()4. Hipparion gracile Kaup. Molaire supérieure droite, non enco- ré usée et dont on a enlevé la oroúte de cément pour montrer la position des éléments primitifs, vue par la face masticatrice, de grandeur natu- i-elle, d'aprés Kowalevskj'. des, Kowalevsky avait fait dessiner deux molaires d'Hijjjjaríon, Tune comme on la voit á l'ótat adulte, et l'autre non encoré 1 Kowalevsky, Dr. Woldejiar, Monographie der GaUnng Antliracotheriiim Cuv. iind Versuch eiiier natUrlichen Classification der fossilen Hiiflliiere, in; Palaeoitío- yraphica, t. x.xii, a. lS'7l!. AMECtHINO: -MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTigrE. 267 usée et dépourvue de la croute de cément, pour montrer la confor- matiou des différents éléments. Ces deux figures sout tres instrue- tives et pour les rendre encoré plus intelligibles, je les reproduis (figs. 3G3, 364) avec les letfcres de la nomenclature employée dans cet ouvrage. La deut uon usée et dépourvue de cément (fig. 364) est tres importante parce qu'elle moutre tous les éléments primitifs bien separes, au nombre complet, et en plus avec le tubercule ou colonnette supplémentaire interlobulaire i, á cote du grand denticn- le antérieur interne ai, avec lequel on lo confond, et en face du den- ticule median antérieur ma, que l'on croit á tort representé par celui qiii porte les lettres ai. Comme complément de cette étude, il est nécessaire que je fasse aussi un examen, quoique rapide, de quelques-uns des équidos éteints de l'Argentine, du moins des formes les plus inférieures, et qui sont celles qui présentent le plus de ressemblance avec les auciens notohippidés. Méme en ce qui concerne le genre Equus, c'est parmi les espé- ces fossiles de TAmérique du Sud qu'on trouve celles qui présen- tent les caracteres les plus primitifs. Sur les molaires de remplace- ment ádemi-usées de quelques espéces, VEqnus anditim, par exem- ple, on trouve la fossette périphérique postérieure (o,) compléte- ment séparée du bord postérienr, et par conséquent en forme d'ile, caractére tres anclen et que nous avons vu propre des nésodontidés et des notohippidés. Cette fossette en forme d'ile ne se voit sur les chevaux de l'ancien continent que comme une tres grande rareté, et seulement dans l'extréme vieillese, quand les molaires sont usées presque jusqu"aux racines; on ne la voit jamáis sur les molaires persistantes 5 et 6, mais elle reparait parfois sur la derniore mo- laire ou septiéme, constituant alors un caractére atavique dont je me suis déjá occupé. Dans les espéces sud-américaines du méme genre, la présence de la fossette (o,) en forme d'ile sur la derniére molairesu2)érieure est un fait presque general, ce qui indique un degré d'évolution moins avancé que celui des espéces de l'ancien continent. Pourtant, le fait le plus notable estl'existenced'espéces sud-amé- ricaines du genre Equns qui présentent la fossette périphérique postérieure /^o,) en forme d'ile sur la cinquiéme et la sixiéme mo- laire; tel est le cas d'Equus insulatus (fig. 365). Les molaires jeu- nes de cette espéce ont la fossette un peu ouverte en arriére, etjiar conséquent en forme de presqu'ile, mais bientot le détroit dispa- rait et la fossette reste isolée, parfois avant que l'usure ait entamé 268 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. un ciiiquiéme de la longueur du fút dentaire; la molaire figurée, dont le prisme est encoré long de pi-és de 8 cm., se trouve dans ce cas. Dans le genre Hippidion, la fossette péripliérique postérieure (o,) en forme d'ile existe toujours sur les molaires remplacantes un peu usées, mais sur les mo- laires persistantes, elle présen- te la forme de pli reutraut comme sur les mémes molaires des clievaux. Dans les molaires de Neso- lüppidion C. AmgL., la fossette péripliérique postérieure (o,) a la forme d'ile sur toutes les molaires, aussi bien sur les remplacantes que sur les per- sistantes. Cette fossette, par ses dimensions considerables dans les molaires de Nesolüpp'uUon (fig. 366), est tout á fait comparable á celle que Ton voit sur les molai- res des notohippidés (fig. 367). Fig. 365. Equus insulatux C. Amgh. Sixiéme molaire supérieure droite, vue par la face masticatrice, de grandeur naturelle. Pampeen de Tarija. Collection du Musée National de Buenos Aires. Fig. 366. NesohippuUon anijala- fiis (Amgh.;. Molaire supérieure droite, vue par la face mastica- trice, de grandeur naturelle. Pam- peen inférieur (ensénadéen) de Buenos Aires. /'f f ^°"^ Fig. 367. Artjijrohipiyu^ fraterciduíí Amgh. Cinquiéme molaire supérieure droite, vue par la face masticatrice, grossie deux diamétres ,'-Í) de la gran- deur naturelle. Eocéue inférieur de Pa- tagonie (colpodonéeu). Dans tous les genres connus de vrais équidés présentant une fos- sette péripliérique postérieure en forme d'ile, on constate que sur les molaires neuves on peu usées, la fossette a la forme d'une pres- ameCtHIXo: morphologie phylogénétique. 269 qu'ile, et qn'elle prend la forme cl'ile seiilement sur les molaires deja un pen nsées. Xesohij^jjidion est la seule exception qni me soit con- nne: snr les molaires rempla9antes de ce genre tirées de riutérieur de l'alvéole, avant d'entrer en fonction et par conséquent absolument intactes, comme celle représentée par la figure 36S, on voit la fos- sette périphórique postérieure completement isolée, et la méme lame d'émail qui entoure en arriere la fossette constitue le bord périphériqu,'; postérieur de la molaire. Dans ce genrf, la fossette a la forme d'un entonnoir qui se rétrécit rapidement, deve- nant de plus en jdIus petite et disparaissant completement vers la moitié de la longueur dn prisme deutaire. On ne voit une conformation semblable qne siar les molaires non usées des notohippidés. Sur les molaires persistantes de Xesohippidion, la méme fos- sette est un peu ouverte et en communication avec le bord postéi'ieur par un détroit peu profond qui disparait aussitót que les molaires sont un peu usées, restant alors la fossette isolée sous la méme forme d'un entonnoir, mais en face, sur la mu- raille postérieure et prés du coin interne, il y a un sillón longitudi- nal en forme de fente tres étroite qui représente le commencement de la grande rainure quila transforme au pli rentrant de la pln- part des équidés. Cette fossette périphérique postérieure de tous les équidés, pla- cee prés du cóté interne entre le denticule postérieur interne 2« ^'i dedans et le denticule supplémentaire median postérieur ee en de- hors, ne représente que la moitié interne de la grande rainure pé- riphérique transversale postérieure des plus anciens notohippidés et deleursancétres les archéohyracidés. Les molaires persistantes de Xesohippidion montrent á cote de la fossette precedente, vers la face externe, une denxiéme fossette circulaire plus petite, séparéede Fau- tre par le denticule supplémentaire ee en question. Cette deuxieme fossette représente la partie externe de la primitivo fossette péri- phérique postérieure partagée en deux par le tubercule ee, dédou- Fig. 3G8. Xesoh¡j>piilion anyulalitn (Amgh.). Troisiéme moiaire pupérieure de remplacement du i-oté droit, vue par la face masticatrice, de grandeur natu- relle. Pampeen inférieur (ensénadéen). Collection du Muíée Tíational de Buenos Aires. 270 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. blement doiit je me suis déjá occiipé ¡dIus haut (pp. 179-180). Les deux fossettes des molaires persistantes de Nesohippklion sont bien visibles snr la figure 369 qui représente la derniére molaire su- périeure non encoré nsée; cette figure montre aussi que sur la derniére molaire la graude fos- sette périphérique postérieure du eúté interne a la forme d'íle avant que la dent entre en fonction, absolument comme dans les molaires de rempla- cement du méme genre. Les molaires caduques non encoré usées du méme genre (fig.370) montrent aussi des ca- racteres primitifs tres instruc- tifs. Ce sont des dents exces- sivement brachyodontes avec bourrelet basal interne et externe; la face corónale présente tous les éléments primitifs avec leurssommets encoré indépendants; en ou- tre on voit la colonnette supplémentaire interlobulaire / á contour circulaire, qui prend naissance dans le bourrelet basal et se dévelop- ynd Fig. 369. í^esohippidion amjulatus (Amgh.). Derniére molaire supérieure du cóté gauche, vue par la face masti- catrice, de grandeur naturelle. Pampeen inférieur (ensénadéen). CoUectlon du Musée National de Buenos Aires. nvi Fig. 370. Nesohippidion anrjulatus íAmgli.). Molaire supérieure caduque du cóté droit; a, vue par la face masticatrice. et h, vue par le cóté interne, de gran- deur naturelle. Pampeen inférieur (ensénadéen). pe en face de l'entrée de la vallée transversale médiane et du denti- cule median antérieur ma. Oes différentes parties présentent absolu- ment les mémes relations que dans la molaire á'Hippai-ion non nsée figurée plus haut (fig. 364), avec la seule différence que oliez Neso- ameCtHino: morphologie phylogénétiqüe. 271 hippidion, la colonnette i est devenue plus grande et s'est en partie fusionuée avec le denticule antérieur interne ai, taudis que le den- ticule median antérieur >»« s'est rapetissédans la méme proportiou. Entre les denticules median antérieur ma, antérieur interne ai et la colonnette suppléjnentaire ¿, il y a une petite fossette périphérique interne (o.)\ nous savons que oette fossette est le résultat du dé- veloppement du denticule supplémentaire interlobulaire ¿, en face de l'entrée de la vallée transversale médiane, et sa présence sur la molaire non encoré usée d'uu équidé montre tres clairement que la colonnette est un élément surajouté. Sur le coin antérieur externe on voit assez bien indiquée l'aréte supplémentaire surangulaire anté- rieuresa, séparéede l'angulaii'e autérieure aa par le sillón angulai- re antérieur externe si, carac- tére ancestral qu'on retrouve chez les anciens uotohippidés comme caractéristique des mo- laires des individus compléte- ment adultes. Derriére cette colonnette, on remarque une petite fossette périphérique an- térieure (o' ), caractére ances- tral propre des archéohj^raci- j '„ „, ,1 1, • j. 1 • Fig. 5)71. Nesoliippidion angulattts des et des ijlus anciens notonip- , . ° , -, . , . , , ,.. , -^ .^ '- (Amgn. )■ Jja merae inolaire de la iigure pides. En arriére, on voit les precedente, vue par la base, de graiuleui- deux fossettes péripliériques naturelle. postérieures (o,) interne et ex- terne, les deux complétement isolées en forme de puits ou cornets, séparées Tune de l'autre par l'interposition du sommet du denticule supplémentaire median postérieur ee. En regardant la méme molaire par la base qui est encoré ouver- te (fig. 371), on remarque de suite deux creux externes en croissant et tres grands, qui correspondent aux deux lobes externes ae, pe, et deux creux internes, également en croissant, mais plus petits, qui correspondent aux deux lobes internes, I'antérieur constitué par les deux denticules ai et ma, et le postérieur par les denticules pi, et mj}-. dans le fond de ees grands creux, on peut suivre les bifurca- tions qui correspondent aux différents denticules mentionnés. Sur le cote interne, au milieu et en face des deux lobes, on voit le creux circulaire en cóneinverti et complétement isolé qui corresponda la colonnette supplémentaire i et qui prouve encoré une fois que cette derniére est une partie surajoutée. Dans les formes plus spécialisées 272 .MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. comme Hippidion, et anssi Equus, Fig. 872. Hipphtipliis airtiquus Anigh. Les molaires supérieures du cOté gauche, vues par la face masticatrice, aux trois quarts ('U) de la grandeur naturelle. Pam- peen inf'érieui- (ensénadéen) de Mar del Plata. Collcction du Musée de La Plata. le borcT interne de la colonnette se fusionue avec la paroi in- terne(qiii a une forme de cnl de sao) du f ond de la grande f osset- te antérieure (o"); le creux de la colonnette se met en commu- nication avec les creux du lobe interne antérieur, la cloison qui les séparait ayant été graduel- lement réabsorbée, et les deux creux primitivement separes u'en constituant plus qu'un seul: cette évolution est encere une nouvelle preuve qiie le denticule i est d'origine beau- coup plus récente. Hipphaplus est encoré un autre genre d'équidés pi-imi- tifs dit pampeen inférieur qui se rapproche á'OnoMppidion Mor. en ce qu'il posséde com- me ce dernier une grande fosse lacrymale ou larmiére, mais il en difiere par les caracteres de la denture (fig. 372). Les mo- laires remplazantes ont une fossette périphérique jDOsté- rieure (o,) tres grande comme celles de Kesohippidion, mais cette fossette, au lien d'étre en forme d'ile, communiqne avec le cóté postérieur par un détroit, et ne reste complé- tement isolée qi^e quand les molaires sont déjá un peu usées. Dans les molaires persis- tantes, il manque la fossette périphérique postérieure dn cóté externe qu'on trouve sur celles de Xesohippid¿oii,et cel- le du cóté interne 'o,j a la for- me de pli rentrant comme dans AMEGHIXO: MORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 273 celles du genre Eqtms. Le denticule median postérieur ,t,p est tres gros, en forme de segment de cercle et avec une courbe con- vexa interne tres forte; il est separé du denticule postérieure in- terne pi par un fort pli en pointe (v,) qui représente un vestige de l'ancienne branche postérieure de la vallée transversale média- ne interne. Dans les molaires de remplacement, Tavant-vallée transversale mediana (s) est tres large. La colonuette supplé- mentaire interlobulaire i est large, et unie au denticule antérieur externe par le bout antérieur qui se prolonga un peu en avant de l'isthme en forme ar- rondie, mais sur la qua- triéme remplacante ce prolongement est long et en pointe, se rapprochant ainsi de la forme propre aux espéces du genre Equus. Les prismes den- taires sont proportiou- nellement longs et peu arques, sa rapprochant de la forme qu'ils présen- tent chez Onohippidion, mais les détails de la cou- ronne des molaires de ce dernier genre sont com- me dans les molaires de Hippidion. ParciMppariori est un équidé primitif possédant des molaires á füt tres long et peu arqué, comme celles du genre Equus, qui paraít en descendre. Les couronnes de ees molaires (fig. 373) ressemblent un peu á celles de Hipphaphis et aussi á celles du genre Neohqyparion de TAmérique du Xord. La fo.ssette périphéri- que postérieure (o,) a la forme da pli rantrant comme dans les équi- dés plus récents, mais Tentrée du pli est excessivement échancrée sur les molaires peu usées et elle sa rétrócit graduellement avec l'nsu- re jusqu'á prendre la forme caractéristique des molaires des che- vaux. La colonne supplémentaire interlobulaire interne i est tres large, plus ou moins aplatie sur le cote interne, et elle arrive á cou- vrir la moitié du lobe postérieur de la molaire; quand les dents ne sont pas trop usées, cette colonne se présente complétemeiit isolée Anal. Mus. Xac. Bs. As., Skkif. 3°, t. iir. Mahzo 17, l!Kj|. 18 Fis;. 373. Parahippítrion meridionajis C. Amgh. Troisiéme molaire supérieure de rem- placement du oóté droit, encoré peu usée, vue par la face masticatrice, grossie un demi-dia- métre (íjj de la grandeur naturelle. Pampeen de Tarija. Collection du Musée National de Buenos Aires. 274 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. et á contour elliptique avec son grand axe d'avaut eu arriére com- me dans le genre Neohipparion. L'avant-vallée transversale est tres large, comme chez Hipphaplus, et sa partie interne qui corres- pond a l'entrée de la vallée transversale médiane (v) reste en communicatiou avec la fosse antérieure (o'') pendant un temps re- lativement considerable. Le denticule median postérieiir mp et la branche en conde (v,J qui le limite en arriere ont la méme dispo- sition que sur les molaires á' Hipphaplmt. Le denticule median antérieur est complétement atropbié á l'intérieur de la couronue et n'est visible que sur les molaires tres usées. Les molaires deja un peu usées, comme celle de la figure 374, laissent voir la contre-jjartie interne de Tárete médiane per- pendiculaire externe m qui avance dans la fosse céntrale (o) en forme de pointe ; cette arete se perd á peu de distance de la coiironne, démontrant ainsi son origine relativement récente. Le plus remarquable des an- ciens équidés de l'Argentine est peut-étre le genre Stereo- Fig. 374. Parfíliipparion vieridionalis C. Amgh. Sixiéme molaire supérieure droite, un peu plus usée que celle de la figure precedente, vue par la face mas- ticatrice, grossie un demi-diamétre ¡'i-. de la grandeur naturelle. Pampeen de Tarija. CoUectlou du Musée National de Buenos Aires. MpptiS. Dans la denture, il est encoré plus primitif que Bipparion, car non seulement les molaires supérieures ¡Drésentent la colonne in- terne complétement isolée jusqu'á la base du prisme dentaire, mais en outre la derniére molaire iufórieure ne posséde pas de troisié- me lobe postérieur, étant couformée absolument comme cliez les notohippidés les plus récents. La figure 375 représente la face corónale de la sixieme molaire supérieure non usée et enveloppée dans sa croüte de cément. On remarque de suite le grand développement de la colonne supjDlé- mentaire interne i, et du tubérculo supjílémentaire median posté- rieur ee. La colonne interne i est complétement séparée, et dans le fond de l'échancrure qu'elle occupe, le bord interne du prisme den- taire fait une petite saillie á bord convexe qui représente le denti- cule median antérieur ma. Dans la partie du bord interne qui suit "yn^a. AMEGHINO: MORPHOLOGIE PHYLOCxÉNÉTIQUE. 275 en arriére, en suivant le sommet de la créte, ou distingue aussi les parties correspondant aiix denticules median postérieur mp et postérieur interne pi, mais cette distinction n'est pas apparente sur Fig. 375. Stereohíjipus tarijemis C. Amgh. Sixiéme molairf supcTiinii-e gauche; «, vue par la face corónale, et h, vue par le cóté interne, ele grandeur naturelle. Dentnon usée et complétement enveloppée par la croüte de cément. Pampeen inférleur de Tarija. Collectiou du Musée National de Buenos Aires. la face interne de la molaire, á cause du cément qui cache les dé- tails de la lame d'émail, Sur la fig. 376, j'ai fait représenter la derniere molaire caduque 'v J¿ s'^ V,f^ ¿"^wp pi. Vr, lú Fig. 376. Stereohipjiua tarijeniin C. Amgh. Quatriéme molaii-e caduque et cin- quiéme et sixiéme molaires persistantes du cóté gauche, vues par la face masti- catrice, de grandeur naturelle. Sur la molaire fi on a enlev6 le cément pour fai- re ressortir la forme des denticules. Pampeen moyen de Tarija. Collectiou du Musée Kational de Buenos Aires. (m 4'), la premiere molaire persistante (m 5) un peu usée, et la deuxiéme {m 6) non usée, appartenant á ¡átereohippuii tarijí'nsiH; 276 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. de la derniére de ees deuts on a tiré \n cément sur tout le cote in- terne pour en rendre les détails de la couronne plus évidents. La molaire caduque (m 4'), á cote de caracteres tres primitifs, tel que la persistancede la fossette périphérique postérieure (o,) sous la forme d'un puits isolé, en présente d'autres, comme la fusión de la coloii- ne supplémentaire i aveo lefut de la dent, qui sont prophétiques de ceux qui, dans des tem23s plus récents, caractérisent les membres plus spécialisés de la famille. Chez Stereohippus, je qualifie ce oaractére de propliétique parco qu'il n'existe pas dans les molaires de remplacement, etil confirme un fait, apparemment paradoxal, que j'ai exposé dans une de mes derniéres publications; c'est que dans la denture, les caracteres destines a distinguer ou á étrepropres des successeurs apparaissent d'abord sur les molaires cadu- ques des ancétres. Cette colon- ne, dans la molaire en question, est remarquable ¡Dar ses gran- des dimensions, par son con- tour circulaire, et par la petite largeur de listhme qui la réu- nit au lobe antérieur interne. On remarquera aussi sur cette molaire la grande simplieité de la lame d'émail qui cir- conscrit les deux grandes fos- ses antérieure et postérieure. Dans la molaire 5, qui est deja un peu usée, les détails du relief de la couronne se trouvent masques par un dé- pót de cément excessivement épais. Ce dépót de cément a été enlevé du cote interne de la molaire G, de maniere á laisser dégagée la colonne supplé- mentaire interne i qui se présente complétement isolée presque jiisqu'á la base du prisme dentaire. On remarquera aussi que c:ette colonne est tres saillante, a contour elliptique, et avec son grand diamétre dans une direction transversale. Cliez Hipparion, la colon - neest moins saillante et circulaire. Dans les liipparionsdel'Améri- que du Nord, que l'on a separes sous le nom générique de XeoMppa- rion, la colonne n'est pas non plus circulaire sinon elliptique, mais Fig. 377. iSlereo/iipj)iis farijeiiHn C. Amgh. La sixiéme molaire supérieure gauche de la figure precedente, dépour- vue du cément, vue par la face interne, de grandeur naturelle. AMEGHINO: JMORPHOLOGIE PHYLOGÉNÉTIQUE. 277 an lieu d'étre allongée dans le sens transversal, elle Test d'avant en arriére et sur quelques espéces avec le cóté interne uotablement aplati. De tous les équidés, c'est le genre Eqimn qui a la colonne plus large et plus aplatie; Equus et Stereohippus constituent done les deux extremes de la serie, HippicUon, Ne.sohippidion, Onohippi- dion, Farah/pparion, Hippliaplus, Protohippn.s, etc., présentant des transitions a différents degrés. La figure 377, qui représente cette méme molaire 6 vue par la face interne et dégagée du cémeut, montre la disposition de la colonne, limitée en avant et en arriere par deux sillons profonds qui sont les deux entrées du détroit qui separe la colonne du bord interne de la dent. En cutre, le sillón qui separe les deux denticules median postérieur mp et postérieur in- terne jj¿ est resté aussi a découvert. Le grand développement que présente en arriére le tubercule supplémentaire median postérieur ee laisse aussi visible sur le cóté interne la fossette périjjhérique postérieure (o,) sous la forme d'un sillón qui la separe du deuticule jDOstérieur interne pi. Cet ensemble de colonnes et de sillons don- 'ynf^ t i %-fnfi a o Fig. 378. Bos taurus L. Derniére molaire supórieure gauche, montrant la co- lonnette suplémentaire interne i s¿parée en forme cVile; a, vue par la face mas- ticatrice, et l>. vue par le cóté interne, de grandeur iiatuivlle. Kpoque actuelle. nent á ees molaires un aspect tres différent de ceiui des chevaux réeents, sans qu'il présente absolument aucun rapport avec les animaux du groupe des anchithéres. Les équidés ne sont pas les uniques mammiféres qui aient leurs molaires avec une avant -vallée transversale médiane. II y en a 278 MUSEO NACIONAL DE BUENOS AIRES. beaucoup d'autres mais le cas qui présente peut-étre le plus d'a- nalogie avec celni des équidés est celui que nous offrent les bo- vidés. II se dóveloppe cliez eux aussi une colon